Transports

RER A en travaux : le métro affiche complet, les usagers trinquent

Par Olivia Cohen, France Bleu Paris Région mardi 2 août 2016 à 6:00

Les lignes 1, 9 et 14 sont prises d'assaut par les usagers du RER A, fermé pour travaux depuis le 23 juillet entre la Défense et la Nation
Les lignes 1, 9 et 14 sont prises d'assaut par les usagers du RER A, fermé pour travaux depuis le 23 juillet entre la Défense et la Nation © Radio France - Olivia Cohen

Depuis samedi 23 juillet, pas de RER A entre la Défense et Nation pour cause de travaux. Résultat, le métro est bondé même en dehors des heures de pointe, notamment sur les lignes 1, 9 et 14. Malgré un renforcement de certaines lignes, c'est la galère pour les usagers franciliens.

Aucun RER A ne circule entre la Défense et la Nation depuis le samedi 23 juillet. Le flux des usagers franciliens se déverse sur le métro : les lignes 1, 9 et 14 en particulier sont prises d'assaut par les Franciliens travailleurs et les touristes qui investissent la capitale, sans compter les horaires d'été qui offrent un nombre de trains réduit sur certaines lignes par rapport au reste de l'année. Pas facile de se déplacer, les temps de trajets sont considérablement rallongés. Délia est femme de ménage, elle travaille aux quatre coins de Paris et utilise le métro :

Je dois régulièrement attendre le prochain train, il y a aussi des retards de 5 à 10 minutes. J'arrive en retard sur mes différents lieux de travail, je cours partout, je suis épuisée !

Des travaux sur la ligne A et la ligne C - Radio France
Des travaux sur la ligne A et la ligne C © Radio France - Olivia Cohen

Authier, lui, est secrétaire médical à Miromesnil. Il vient de la banlieue Ouest et depuis la fermeture du RER A, il se rabat sur la ligne 1. Chaque matin, c'est le drame à la Défense, terminus provisoire :

Tout le monde y descend, c'est blindé à chaque fois. Personne n'utilise les navettes de remplacement mises en service à Nanterre. Bon, je n'ai jamais vu de bagarres, mais parfois certaines personnes très pressées doublent et bousculent pour grimper dans le métro avant qu'il ne se remplisse. En général, ça génère quelques protestations de type "ça va, tout le monde est pressé, pas la peine de pousser comme ça".

Antoine (son prénom a été changé), conducteur à la RATP et membre du syndicat SUD, n'est pas étonné par ces impacts, ça aurait même pu être pire. Ce qui limite la casse, c'est que beaucoup d'usagers ont dû anticiper et prendre leurs précautions :

Beaucoup de travailleurs ont dû poser leurs vacances à ce moment-là, conscients que ces travaux allaient les handicaper terriblement pour se rendre au boulot.

Pour compenser, les lignes de métro 1, 2, 3, 6, 9, 10, 13 et 14 ont été renforcées. Une offre jugée insuffisante par la FNAUT, la Fédération nationale des Associations d'usagers des transports en Île-de-France. La solution pour son président, Marc Pélissier :

Ce serait d'abolir les horaires d'été. Le cas existe et fonctionne très bien, par exemple, sur la ligne du RER E.

Marc Pélissier, président de la FNAUT : "abolissons les horaires d'été, inadaptés aux monde moderne"

Selon la RATP, qui n'a pas souhaité réagir au micro, le taux de fréquentation est effectivement en hausse : 2% de plus qu’un été normal.

Micro dans le métro : reportage auprès des usagers - par Olivia Cohen