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Transports

Retards, annulations, horaires pas adaptés... la galère des trains frontaliers

jeudi 30 novembre 2017 à 22:40 Par Laurine Benjebria, France Bleu Besançon

TER, boulot, dodo. Tous les jours, plus de 300 Franc-Comtois empruntent la ligne Morteau - La-Chaux-de-Fonds en Suisse. 30 minutes de train qui peuvent vite devenir un calvaire : entre retards et annulations de TER.

Tous les jours, ils sont plus de 300 Franc-Comtois à emprunter la ligne frontalière depuis Morteau
Tous les jours, ils sont plus de 300 Franc-Comtois à emprunter la ligne frontalière depuis Morteau © Radio France - Laurine Benjebria

Morteau, France

La ligne des Horlogers porte-t-elle bien son nom ? Tous les jours, entre 300 et 500 Franc-Comtois utilisent le TER frontalier depuis Morteau pour rejoindre leur lieu de travail en Suisse. Le trajet est court : 30 minutes. Mais entre les retards, les annulations de TER et les horaires mal adaptés, le trajet peut très vite devenir un calvaire. France Bleu Besançon est monté à bord de ces TER frontaliers tant critiqués.

Pendant le mois de novembre, tous les premiers et derniers TER ont été supprimés  - Radio France
Pendant le mois de novembre, tous les premiers et derniers TER ont été supprimés © Radio France - Laurine Benjebria

Retards, annulations, horaires pas adaptés

6h, le soleil n’est pas encore levé, mais déjà une cinquantaine de personnes attendent sur le quai. Emmitouflé dans son manteau, Romain regarde nerveusement le panneau d’affichage. Il guette la moindre perturbation. Il faut dire que la dernière fois qu'il y avait du retard, c'était la veille. "C'est quand même très très fréquent, ça arrive entre 5 et 10 fois par mois, soit un retard soit une annulation" raconte-t-il avec habitude. Pour pouvoir prendre quotidiennement le TER de la ligne des Horlogers, il paye 100 euros d'abonnement mensuel. Cela fait 3 ans que Romain prend tous les jours ce TER, 3 ans qu’il est donc sur le qui-vive car il l'assure, il est souvent prévenu au dernier moment. Cela lui demande donc de l'organisation : "je consulte assez souvent le site pour savoir s'il y a des retards, des grèves, etc".

Ce matin-là, soulagement, aucun TER n’est en retard. Une fois à bord, les plus rapides trouvent des places assises. Parmi les chanceux, Gabrielle, mais sa chance est de courte durée, car les horaires de train ne sont pas adaptés à son travail. Elle termine à 17h45 son travail, sauf que "le dernier train est à 17h20 et le bus est ensuite à 18h50, donc ça fait attendre longtemps". Alors Gabrielle a trouvé une solution, c'est son mari qui vient la chercher au Locle.

Autre passager et autre organisation : Louis Marie préfère se rendre plus tôt dans son entreprise d’horlogerie. Il a donc prévenu ses collègues des horaires du TER. Des précautions et des perturbations qui valent le coup selon ce Franc-Comtois de 35 ans. Surtout quand on regarde par les vitres du TER. Car à mesure qu’on approche de la frontière, des centaines de voitures à l’arrêt. Une file interminable de bouchons qui peut durer des heures. Pas question donc pour Louis-Marie d’abandonner son trajet en train. Et pourtant, le voyage n’est pas forcément confortable : "C'est de vieilles machines. Celui-là par exemple, la semaine dernière deux fois il n'y avait pas de chauffage dedans ; quand il pleut il pleut dedans aussi", rit-il nerveusement.

Un projet de navettisation est proposé

Ces trains frontaliers, ils ne pourront bientôt plus rouler en plus. Pour l’instant, seuls 4 trains de la SNCF sont capables de circuler sur les rails suisses : les Autorails X 73500. Mais d’ici trois ans, ça ne sera plus possible. Car ils ne sont pas équipés du bon système de sécurité. Ils sont équipés du système de sécurité suisse, mais pas du système européen, l'ETCS. Alors, l’AUD, l’organisme de coopération transfrontalière veut mettre en place un projet de navettisation. En gros, les trains français s’arrêteront en gare de Morteau. Ce sont les trains suisses qui prendront ensuite la relève vers La-Chaux-de-Fonds. Pour Pierre Vaufrey, président de l’AUD, ce projet est important. Il permettrait d'augmenter par ailleurs le nombre de trajets : passant de 6 à 18 allers-retours. Un projet qui ne fonctionnerait que "si on met à niveau la voie ; faut que les trains aillent un petit peu plus vite" assure Pierre Vaufrey.

Sauf que ni l'AUD ni Pierre Vaufrey ne peuvent imposer ce projet. Seule la région en a la compétence. La région a décidé d'investir une première fois dans le cadre du Plan Etat-Région, à hauteur de plus de 12 millions d'euros afin de moderniser les voies. La présidente de la Bourgogne Franche Comté, Marie-Guite Dufay, a annoncé un nouvel investissement de 20 millions d'euros.

En tout, cela fait donc 32 millions d'euros. Des "investissements massifs" selon Marie-Guite Dufay. Mais des investissements qui ne règleront pas tous les problèmes des usagers des trains frontaliers. En novembre, tous les 1er et derniers trains ont été annulés à cause de grève et de pannes. Pour Marie-Guite Dufay, présidente de la région, cette situation n'est plus possible : "J'ai interpellé très fortement la SNCF parce qu'il y a trop de trains supprimés, les réponses de la SNCF ne sont pas satisfaisantes".

Alors, ces retards et ces annulations sont bien du ressort de la SNCF. Par contre, ce n'est pas le cas pour le nombre de trains et leurs horaires. C'est bien l'affaire de la région. Le projet de navettisation est une solution proposée par l'AUD. Faire rouler des trains suisses sur des rails français, les Suisses sont d'accord, il reste à convaincre la région