Transports

Retour des bus dans le quartier du Bas-Vernet à Perpignan

Par Marion Paquet, France Bleu Roussillon dimanche 4 septembre 2016 à 16:35

Un bus de la CTPM. Photo d'illustration
Un bus de la CTPM. Photo d'illustration © Maxppp - MICHEL CLEMENTZ

En raison des caillassages de bus à répétition, la ligne 8 de la CTMP (compagnie des transports Perpignan Méditerranée ) ne desservait plus la cité Clodion du Bas-Vernet depuis le 27 janvier à Perpignan. Le trafic doit reprendre ce lundi.

Après plus de sept mois d'interruption, les bus vont à nouveau desservir la cité Clodion dans le quartier du Bas-Vernet à Perpignan.

À cause des caillassages répétés, qui ont visé les bus et les chauffeurs lors des vacances d'hiver, la ligne 8 de la CTPM a été déviée. Elle ne s'arrêtait plus aux arrêts "Bas-Vernet 1", "Bas-Vernet Clodion" et "Bas-Vernet 2". Depuis le mois de mars, elle assurait une desserte partielle des arrêt "Bas-Vernet 4" et "Clodion", mais à partir de lundi, le trafic reprend à tous les arrêts.

Des caméras et des médiateurs pour régler le problème

Depuis le mois de mai, des caméras de vidéo-surveillance ont été installées dans les bus et aux arrêts, et huit médiateurs ont été embauchés par la CTPM. Le vice-président de la communauté urbaine chargé de la mobilité, Daniel Mach,  estime que les autorités publiques ont tout fait pour régler pour le problème.

C'est désormais aux habitants du quartier d'assumer leur part de responsabilité : "Je mets en garde tout le monde, sachant que si ça devait se reproduire, les négociations seront plus dures à mener, mais je pense que tout le monde est revenu à la raison parce qu'on a longuement discuter avec les gens du quartier, j'en suis à la quatrième ou cinquième réunion, ils ont quand même compris que c'étaient leurs enfants qui caillassaient les bus et qu'il n'était pas question qu'on laisse faire ça en l'état. Maintenant il en va de la responsabilité de chacun".

Daniel Mach, vice-président de la communauté urbaine Perpignan Méditerranée en charge des transports

Dans le quartier, les habitants ne sont pas forcément convaincus que les caméras et les médiateurs serviront à quelque chose. Il y a un travail d'éducation à faire d'après Djamel Mejdoub, le président du club de foot du Bas-Vernet, il a assisté aux réunions publiques avec la CTPM et la communauté urbaine Perpignan Méditerranée : "On peut mettre tout ce qu'on veut, des médiateurs, des caméras, mais s'il y a un petit con qui prend un cailloux et le jette sur des vitres de bus, on va être sanctionnés."

"Moi, je pense que ce sont les parents qui sont responsables en premier et qu'ils fassent passer le mot aux enfants. Nous en tant qu'association, on le dit à nos adhérents, on leur explique que si demain il y a des caillassages, il n'y aura plus de bus et ce sont les personnes âgées qui seront de nouveau les victimes. Faut que ça cesse, on a besoin du bus au Bas-Vernet."

Djamel Mejdoub, président du football club du Bas-Vernet

"Les jeunes nous ont dit qu'ils ne le referaient plus", Rafa, un habitant du Bas-Vernet.

Les habitants du quartier se sont mobilisés pour que les bus reviennent. Rafa, a 17 ans, il est allé parlé aux plus jeunes : "Avec les grands on est allé leur parler. On leur a demandé qui a fait ça. Ils nous on dit que c'était pas eux. On leur a dit de ne pas nous prendre pour des cons et d'arrêter (de caillasser les bus, ndlr), que c'est pour tout le monde de le bus, comment ils font leurs parents sans ? Ils nous ont promis qu'ils ne feraient plus rien."

Trois arrêts du quartier n'étaient plus desservis depuis 6 mois.  - Radio France
Trois arrêts du quartier n'étaient plus desservis depuis 6 mois. © Radio France - Marion Paquet

Et "les grands" comme ils disent vont veiller à ce que ça ne se reproduise plus. Ça vaut mieux que les caméras ou les médiateurs mis en place par la CTPM d'après Karim, un autre jeune du quartier : "Il faut que ce soient des personnes du quartier qui soient médiateurs, parce que ça nous donnerait du travail et puis parce que moi, qui suis un ancien, qui ai vu les enfants grandir, quand ils me voient ils ont peur".

Et si les bus sont à nouveaux caillassés, ce sera beaucoup plus compliqué de le laisser circuler dans le quartier, prévient Daniel Mach.