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Transports

Routiers : après une réunion tendue au ministère, les syndicats "effarés" menacent d'une nouvelle grève

vendredi 29 septembre 2017 à 7:44 Par Géraldine Houdayer, France Bleu

Les syndicats de routiers sont ressortis "effarés" jeudi de leur réunion avec le patronat au ministère des Transports, qui portait sur la réforme du Code du travail. Les syndicats disent avoir appris que toutes les primes des routiers étaient remises en cause, et menacent d'une nouvelle grève.

Les routiers ont mis en place des barrages filtrants en début de semaine, comme ici à Arras.
Les routiers ont mis en place des barrages filtrants en début de semaine, comme ici à Arras. © Maxppp - Everine Courbe

Les syndicats sont sortis "effarés" jeudi soir d'une réunion avec la ministre des Transports, Elisabeth Borne, et les fédérations patronales, avec lesquelles les discussions ont été "très tendues", notamment sur l'application de la réforme du travail par ordonnances. Les syndicats (CFDT, CGT, FO, CFTC, CFE-CGC) n'ont "rien obtenu de concret" et, pire, ont appris "avec stupeur que les ordonnances venaient impacter les frais de route", ce qui représente un "coup de tonnerre" pour la profession, selon Jérôme Vérité (CGT), qui s'est dit "effaré" à la sortie du ministère.

Jusqu'à 1.000 euros par mois de primes menacées, selon les syndicats

Ces indemnités (repas, frais de découcher...) peuvent représenter jusqu'à "1.000 euros par mois sur la fiche de paie pour un conducteur zone longue", a-t-il expliqué à l'AFP, FO évoquant de son côté entre "600 et 1.200 euros par mois" selon le type de mission. Les ordonnances permettent la remise en cause, entreprise par entreprise, de "toutes les primes" qui jusqu'à présent étaient garanties par les conventions collectives, c'est-à-dire les frais de route, primes d'ancienneté ou encore le 13e mois dans le transport routier de voyageurs, a indiqué à l'AFP Christian Cottaz pour la CFDT. Les syndicats ont demandé à ce que les primes soient sanctuarisées, mais "le patronat ne veut rien lâcher", selon Patrice Clos de FO.

La CFDT claque la porte de la réunion

"Très énervée", la CFDT a claqué la porte au cours de la réunion qui a duré cinq heures, décrivant des "discussions très tendues avec un patronat qui ne veut lâcher absolument rien". Une nouvelle rencontre est prévue le 4 octobre entre syndicats et fédérations patronales, qui ont quitté le ministère vers 21h sans commentaire. La rencontre pourra servir à "évoquer les éléments liés à la rémunération, sur lesquels il y a des inquiétudes, sur la question de l'ancienneté notamment", a déclaré plus tard à l'AFP Jean-Marc Rivera de l'OTRE.

La ministre appelle à la poursuite du dialogue

Dans un communiqué publié à l'issue de la réunion, la ministre a "pris acte" du fait que "de nouveaux sujets sont apparus lors de la discussion". "Ces sujets vont être expertisés, et le dialogue doit se poursuivre dans un esprit constructif et responsable", a-t-elle indiqué. L'expertise devra porter sur "les frais de déplacement spécifiques aux chauffeurs routiers", précise le communiqué, qui ajoute qu'Elisabeth Borne a "proposé par ailleurs que les accords d'entreprise sur les rémunérations dans le transport routier fassent l'objet d'un suivi par les observatoires de la négociation, prévus par les ordonnances, en lien avec les instances nationales de branche".

Une nouvelle grève dès la semaine prochaine ?

D'ici au 4 octobre, la CGT va faire "le tour des troupes" pour décider des suites à donner au mouvement reconductible qu'elle a lancé lundi avec FO, selon son représentant qui imagine "remettre un grand coup dès la semaine prochaine". FO "n'appelle pas à lever la grève" en cours, a indiqué pour sa part M. Clos. De leur côté, CFDT et CFTC laissent planer la menace d'une grève à partir du 10 octobre.