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Transports

Le pire est à venir pour les 12.000 usagers du TER Metz-Luxembourg

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Par , France Bleu Lorraine Nord

Au premier janvier 2020, les TER Français qui ne sont pas équipés du système de sécurité européen n'entreront plus au Luxembourg. C'est ce qu'affirme à France Bleu Lorraine, Marc Oestreicher, le directeur de l'administration des chemins de fer au Luxembourg.

Marc Oestreicher, le directeur de l'administration des chemins de fer au Luxembourg
Marc Oestreicher, le directeur de l'administration des chemins de fer au Luxembourg © Radio France - Antoine Barège

Grand Est, France

Un nouveau système de sécurité ferroviaire européen, l'ETCS (European Train Control System) doit voir le jour prochainement. Ce système doit permettre un passage optimisé des frontières tout en garantissant la sécurité des circulations. Le Luxembourg et la Belgique sont prêts mais la France a un sacré train de retard et cela inquiète l'administration des chemins de fer au Luxembourg (ACF).

Un calendrier connu depuis 2005

La France s'est engagée en 2005 a équiper tous ses trains pour 2017 pour correspondre aux attentes de ce nouveau système.  Des réunions ont été programmées entre les Chemin de Fer Luxembourgeois (CFL) et la SNCF en 2012 et 2013 à Metz. Cependant, en 2016, une demande de dérogation a été demandée par la France, acceptée par le Grand Duché, pour une mise en place programmée en 2021. 

L'accident ferroviaire de Dudelange bouleverse le calendrier

L'accident de Dudelange, le 14 février 2017, ainsi que la mort d'un agent des CFL dans le choc frontal entre des trains Luxembourgeois et Français a changé la donne,  le délai a donc été avancé au 1er janvier 2020. "L'accident est dû à 2 raisons : pour l'une, c'est une erreur humaine du conducteur et la 2ème, c'est que le système d'aide à la conduite a eu une faille et n'a pas fonctionné", explique Marc Oestreicher, le directeur de l'Administration des chemins de fer au Luxembourg. 

Pour cet ancien cadre sidérurgique, "il était clair que le Grand Duché devait réagir et tirer les conséquences de cet accidené". Le choc de Dudelange aurait il pu être évité avec le nouveau système de sécurité européen ? "Objectivement, c'est clair que cet accident n'aurait pas eu lieu" affirme Marc Oestreicher.  

"Là, on a tout essayé" -  Jacques Weill, directeur régional de la SNCF

Au Grand Duché, tous les trains sont désormais équipés, grâce aux travaux d'Alstom Belgique. Par contre, en France, rien n'est prêt. En Lorraine, à l'heure actuelle, seulement 1 TER sur 25 est équipé . Une vingtaine d'agents sur 400 sont formés mais impossible pour la France d'accélérer la cadence. 

"Là, on a tout essayé", regrette Jacques Weill, directeur régional de la SNCF dans le Grand Est. "Au 1er janvier, nous n'aurons que la moitié des rames équipées. Actuellement, on avance au rythme de 2 trains par mois et on sera prêts en juin 2020". 

Qu'a fait la SNCF?

Une nouvelle dérogation a été demandée, en vain. Au 1er janvier prochain, les TER ne pourront plus entrer dans le petit Etat voisin et devront s'arrêter à Thionville. Cela fait hurler le sénateur PS de Moselle, Jean-Marc Todeschini. Il demande au gouvernement d'intervenir : "c'est catastrophique, les usagers vivent un enfer tous les jours. Avec des trains en retard, ça va être de pire en pire. Moi, je me demande ce qu'a fait la SNCF ? Qu'a fait la région Grand Est ? Je ne peux pas vous dire que c'est la faute du Luxembourg car il n'est évidemment pas coupable".

Jean Rottner, le président LR de la région Grand Est, lui a renvoyé la balle sur Twitter : 

Colère des usagers

Les usagers voient arriver la date du 1er janvier 2020 comme un mur qui se rapproche. "Cela va induire des perturbations importantes", souffle Henry Delescaut, le Secrétaire général de l'association des usagers du TER Metz-Luxembourg. "Il y a une espèce d'apathie chez les usagers qui ne semblent pas bien comprendre la portée de ce qui est annoncée. Nous sommes complètement bloqués, on est suspendus à une décision du gouvernement Luxembourgeois et de l'ACF, une décision qui ne vient pas". 

Henry Delescaut, secrétaire général de l'AVTERML - Maxppp
Henry Delescaut, secrétaire général de l'AVTERML © Maxppp - Pierre Heckler

Un mensonge depuis 2 ans ?

Malgré tout, la sécurité reste la priorité pour Henry Delescaut. "Chacun d'entre nous a les images en tête de ce train des CFL similaire à nos TER, qui a été littéralement broyé dans l'accident de Dudelange en 2017". Ce cadre d'une institution européenne, domicilié à Metz dit y penser "tous les jours". Il évite à chaque retour du Luxembourg d'emprunter le premier wagon, qualifié de "voiture de la mort".

Il estime avoir été trompé depuis 2 ans, "on nous dit qu'il n'y a plus de problème de sécurité depuis l'accident, les CFL le disent. Le ministre luxembourgeois de la mobilité, François Bausch, le dit. La SNCF le dit, la région Grand Est aussi mais on s'aperçoit que, dans la bouche du responsable de la plus haute autorité ferroviaire au Luxembourg, ce n'est pas vrai. On n'est pas en sécurité"

Marc Oestreicher de l'ACF ne dit pas autre chose : "s'il y a un nouvel accident, je m'en voudrais toute ma vie".