Transports

Sécurité routière - Le gilet jaune obligatoire pour les motards, la loi mal respectée

Par Frédéric Chapuis, France Bleu Toulouse et France Bleu mercredi 6 janvier 2016 à 19:44

Depuis le 1er janvier 2016, les motards doivent posséder un gilet jaune.
Depuis le 1er janvier 2016, les motards doivent posséder un gilet jaune. © Radio France

Nul n'est censé ignorer la loi. Pourtant une semaine après l'entrée en vigueur du texte qui rend obligatoire le gilet jaune pour tous les conducteurs de deux roues motorisés, la loi est peu voire pas respectée. Illustration à Toulouse.

Les motards alignés sur les automobilistes

Depuis le 1er janvier 2016, la loi oblige les conducteurs de deux roues, motos et scooters, à avoir un gilet jaune à portée de main et de le mettre en cas d'arrêt d'urgence. Un "gilet fluo" à avoir sous la selle ou dans un sac, mais pas sur le dos en circulation : les conducteurs de deux roues (hors vélo) doivent le porter seulement en cas de panne ou d'accident. Les motards sont désormais alignés sur les automobilistes qui y sont contraints depuis juillet 2008, avec en supplément, le triangle obligatoire.

Un gilet fluo coûte en moyenne 3 euros. - Maxppp
Un gilet fluo coûte en moyenne 3 euros. © Maxppp

Une loi contestée et peu suivie pour le moment

La mesure portée par le gouvernement et qui a suscité des débats passionnés et la colère de nombreux motards avant son adoption, a pour objectif d'améliorer la visibilité des conducteurs de deux roues quand ils sont à pied, et donc augmenter la sécurité. Sept jours après l'application de la loi, les motards la respectent-ils ? À Toulouse, écoutez le reportage de Fred Chapuis pour France Bleu.

Gilet Jaune, la loi pas ou mal connue par les motards.

"J'ignorais que la loi était entrée en vigueur le 1er janvier"

— Un motard toulousain.

Sur six motards interrogés, au hasard dans les rues de Toulouse, quatre ne connaissent pas ou mal la loi. "J'ignorais que la loi était entrée en vigueur le 1er janvier" avoue, gêné, ce motard toulousain. Il a fallu attendre un peu pour croiser un conducteur de deux roues bien informé. "Le gilet est dans ma moto", indique Maxime, quatre ans de permis. Il fait figure d'exception, "si on est hors de la moto, sur une bande d'arrêt d'urgence, il faut le porter sur soi, sinon c'est 135 euros d'amende". La loi prévoit aussi une amende de 11 euros pour non-présentation du gilet lors d'un contrôle de police ou gendarmerie. 

La soixantaine bien entamée et plus de 40 ans en deux roues, Olivier, un récalcitrant, sait ce qu'il risque : "Je n'ai pas de gilet jaune sur moi, non. Je m'assois un peu sur la loi. C'est pas inutile, mais les automobilistes doivent faire attention à nous. Qu'on forme un peu plus les motards en leur faisant faire du circuit ce qu'on ne fait plus, c'est à dire on ne peut pas avoir de réflexe. Et puis qu'on apprenne aux gens à bien regarder leurs rétroviseurs". 

Améliorer la visibilité en cas d'arrêt d'urgence, c'est bien l'objectif de la loi. Mal appliquée pour le moment, elle est néanmoins jugée utile par de de nombreux motards. "On en a besoin, reconnaît ce pilote toulousain, dans la mesure où c'est nécessaire pour un véhicule, quelqu'un qui descend de voiture, pourquoi pas pour un motard arrêté ?" Une mise en oeuvre poussive après une semaine, pourtant la loi s'applique à tous et officiellement sans tolérance.