Transports

LGV Bordeaux - Toulouse et Dax : un nouveau rapport donne du grain à moudre aux opposants

Par Olivier Uguen, France Bleu Béarn, France Bleu Gascogne, France Bleu Gironde, France Bleu Pays Basque, France Bleu Toulouse et France Bleu jeudi 29 septembre 2016 à 17:46

TGV (illustration)
TGV (illustration) © Maxppp -

Un groupe de sénateurs a publié ce jeudi matin un rapport qui préconise de geler le financement des LGV, notamment Bordeaux - Toulouse et Bordeaux - Dax, pendant une quinzaine d'années. De quoi donner des arguments supplémentaires aux opposants aux projets de LGV dans le sud-ouest.

Un nouveau rapport vient mettre des bâtons dans les roues des LGV, les lignes à grande vitesse Bordeaux - Toulouse et Bordeaux - Dax. Selon ce rapport publié ce jeudi matin par un groupe de travail sénatorial, l'Etat doit "geler pendant une quinzaine d'années le financement des nouveaux projets de lignes à grande vitesse" (LGV) pour "donner la priorité à la modernisation des réseaux existants".

Ce sont huit sénateurs de droite et de gauche qui tirent la sonnette d'alarme, estimant que les projets de LGV reliant Bordeaux à Toulouse et Dax, Poitiers à Limoges et Montpellier à Perpignan "apparaissent comme des investissements excessifs" et leur construction "mérite d'être différée, à tout le moins pendant une quinzaine d'années".

Les auteurs du document préféreraient qu'on donne la priorité à la modernisation des réseaux existants, en investissant "massivement" dans le renouvellement du réseau ferroviaire. Pour cela, il est selon eux "indispensable de dégager 1 à 2 milliards supplémentaires" chaque année, alors que l'Etat et la SNCF y consacrent actuellement 2,5 milliards par an et que le gouvernement s'est engagé à porter progressivement ce montant à 3 milliards d'ici 2020.

De nombreux opposants

Ce nouveau rapport pourrait donner du grain à moudre aux (de plus en plus) nombreux opposants au projet, porté par l'Etat, les Conseils régionaux de Nouvelle Aquitaine et d'Occitanie, et les deux métropoles Toulouse et Bordeaux, notamment.

En Occitanie, historiquement, les écologistes et le Parti occitan estiment le projet trop cher, pas respectueux de l'environnement, pour une ligne qui ferait gagner que quelques minutes depuis Toulouse par rapport à une rénovation de ligne.

Ceux qui soutiennent au contraire le projet mettent en avant la nécessité pour la 4e ville de France d'être reliée à Paris le plus rapidement possible et autrement que par l'avion, et les retombées économiques - 15000 emplois dans la région dont 6000 direct selon la fédération régionale du bâtiment.

En Gironde, 140 opposants regroupés au sein de la coordination Vigilance LGV Gironde annonçaient en juin dernier avoir acheté il y a cinq ans deux parcelles de terrain de 1.800 m2 en indivision, à Landiras, sur le tronçon commun de la Bordeaux-Dax et Bordeaux-Toulouse, pour entraver le projet et dénoncer "un déni de démocratie", après que le gouvernement ait validé le projet malgré l'avis défavorable donné au mois de mars par la commission d'enquête publique.

Au total, au moins six recours ont été déposés en juillet 2016 devant le Conseil d'Etat pour contester la décision du ministre Alain Vidalies, dont un, celui de l'avocat bordelais Pierre Hurmic, qui a selon l'élu EELV lui-même, "de bonnes chances d'aboutir".

Ces recours pourraient reculer la date de mise en service des lignes, initialement prévue en 2024 pour Bordeaux-Toulouse et 2027 pour Bordeaux-Dax.

En 2014, déjà, la Cour des comptes et le patron de la SNCF avaient alerté les autorités sur la difficulté de rentabiliser les LGV. La Cour des comptes avait alors demandé des garanties, le taux de remplissage effectif des trains étant toujours inférieur à celui annoncé dans les études préalables, à l'image de la ligne Perpignan - Figueras qui vient de faire faillite.

Toulouse et Bayonne à 3h15 de Paris

Ces nouvelles LGV mettraient Bayonne à 3h15 de Paris, relieraient Toulouse et Bordeaux en 1h05 et ramèneraient la capitale de l'Occitanie à 3h15 de Paris, contre plus de cinq heures actuellement.

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