Transports

SNCF : le Cévenol transféré sur la route

Par Emmanuel Moreau, France Bleu Gard Lozère et France Bleu Pays d'Auvergne dimanche 27 septembre 2015 à 7:00

L'Intercités vient d'arriver de Paris, le Cévenol attend la correspondance
L'Intercités vient d'arriver de Paris, le Cévenol attend la correspondance © Radio France - Emmanuel Moreau

Le train Intercités qui circule sur la liaison Clermont-Nîmes sera assuré en car à partir de ce dimanche. Une décision de la SNCF qui consterne les défenseurs de cette ligne. Ils craignent la disparition pure et simple de cette liaison.

Quai E de la gare de Clermont-Ferrand jeudi dernier, l'Intercités 5955 arrive de Paris. Sur la voie d'en face, le Cévenol, lui aussi Train d’Équilibre du Territoire, attend les voyageurs. C'est une rame TER Auvergne qui va assurer la correspondance, 21 minutes plus tard. Une quarantaine de voyageurs, souvent âgés, montent à bord après quelques hésitations, d'autant plus qu'aucun personnel de la SNCF n'est là pour les renseigner.  

Ils poursuivent leur trajet jusqu'à une petite gare proche de leur destination finale; Issoire, Brassac, Arvant, Brioude ou Langeac, le train n'ira pas plus loin. La ligne du Cévenol est coupée à Alleyras en Haute-Loire. Fin avril, un éboulement dans la vallée de l'Allier a obligé la SNCF à interrompre les circulations. Le Cévenol ainsi que les TER Clermont-Nîmes sont assurés en train de Clermont-Ferrand à Langeac et de La Bastide-Saint-Laurent- les-Bains à Nîmes, avec transfert en car entre les deux gares. 

Moins de voyageurs en hiver sur cette ligne

La SNCF a décidé d'assurer l'intégralité du trajet en car à partir de ce dimanche. Une décision justifiée par le fait que les voyageurs sont moins nombreux à l'approche de l'hiver. Ils sont 150 à 160 en été (et pas sur l'intégralité du parcours), deux fois moins à l'automne, un car suffit donc pour transporter tout le monde. Et la SNCF promet que le train circulera à nouveau entre Clermont et Nîmes dès que la voie sera dégagée, probablement à la mi-décembre.

La SNCF répond aux critiques

Abandons successifs de la SNCF

Une décision contestée par les défenseurs de la ligne du Cévenol. Ils dénoncent le temps de parcours allongé : 6h30 contre cinq heures actuellement, la circulation du car sur les petites routes sinueuses du Massif Central alors que l'hiver approche. Et surtout, ils listent les abandons successifs de la SNCF : terminus reporté de Marseille à Nîmes, liaison difficile (voire impossible) à trouver sur internet, matériel en fin de vie, fermeture des gares en région Languedoc-Roussillon, etc...

Xavier Bousset, secrétaire CGT Cheminots de Haute-Loire

L'association de défense de la ligne, toujours très active, s'est donc mobilisée et a lancé une pétition pour demander l'abandon du transfert en car. Quelque 1.600 personnes l'ont déjà signée. En attendant ce dimanche midi, les voyageurs n'auront plus leur correspondance quai à quai. Ils devront utiliser le passage souterrain jusqu'à la gare routière pour prendre le car, 12 minutes après l'arrivée de l'Intercités de Paris.