Transports

"#SNCF Mon amour !" : une Rouennaise raconte son quotidien dans le train Le Havre-Rouen-Paris dans un livre

Par Clémentine Vergnaud, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure) jeudi 3 novembre 2016 à 8:12 Mis à jour le jeudi 3 novembre 2016 à 9:03

Valérie Duclos raconte 10 ans de voyages quotidiens en train entre Rouen et Paris
Valérie Duclos raconte 10 ans de voyages quotidiens en train entre Rouen et Paris - Valérie Lhomme

Dans le livre "#SNCF Mon amour !" qui sort ce jeudi 3 novembre, la journaliste Valérie Duclos raconte son quotidien entre son domicile à Rouen et son travail à Paris. Trois heures par jour dans le train depuis dix ans et beaucoup de mésaventures. Mais aussi de bons souvenirs et un monde à part.

#SNCF Mon amour ! Dès le titre, le ton est donné. Dans les 258 pages de son livre qui sort ce jeudi 3 novembre en librairie, Valérie Duclos raconte ce qui est son quotidien depuis dix ans : l'aller-retour entre Rouen, où elle vit, et Paris, où elle travaille, tous les jours. Cette journaliste, responsable du service art de vivre à Version Femina livre un ouvrage dans lequel elle retranscrit ses galères quotidiennes, ses coups de gueule mais aussi les moments de grâce qu'elle vit parfois. Elle laisse entrer le lecteur dans son monde, celui du train, celui des migrations pendulaires mais aussi le quotidien d'une maman active. Elle était l'invitée de France Bleu Normandie ce jeudi.

Il fallait que je prenne ça avec humour et auto-dérision

Ce livre, il est né sur des petits bouts de pages griffonnés au fil des années. "J'ai commencé à annoter mes mésaventures dans des petits carnets, jour après jour", explique Valérie Duclos. "Et puis progressivement les carnets s'accumulaient alors j'ai voulu transformer ça en témoignage parce que nous sommes des milliers et mêmes des millions à vivre ces aventures tous les jours." Un ouvrage qui pourrait être un énorme coup de gueule contre la SNCF : il n'en est rien. Valérie Duclos préfère prendre les choses avec humour. "Si je voyais le verre à moitié vide, il y a bien longtemps que j'aurais quitté mon travail ou ma famille. Or, je ne veux perdre aucun des deux. Alors il fallait que je prenne les choses avec humour et auto-dérision."

Un train supprimé n'est pas un train en retard

Mais même avec de l'humour, la Rouennaise dénonce les absurdités inhérentes à la SNCF. Comme lorsqu'elle raconte cette fois où son train est supprimé. Le prochain ne part que beaucoup plus tard. La journaliste tente d'obtenir un remboursement, ce à quoi on lui répond : "C'est impossible madame. Un train supprimé n'est pas un train en retard." Un non-sens qui la fera arriver très en retard. Aujourd'hui, ces mésaventures la font sourire. "Pour autant, je peux comprendre que certains usagers soient énervés. C'est normal mais il faut prendre tout ça avec du recul, sinon on arrête de faire les allers-retours."

C'est un monde parallèle

Dans les 258 pages de l'ouvrage, on découvre un monde à part entière : celui de la migration pendulaire, le fait de se déplacer tous les jours à la même heure entre son domicile et son travail. Le terme s'applique aujourd'hui beaucoup à ceux qui, comme Valérie Duclos, prennent le train vers la capitale. "C'est un monde parallèle", explique la Rouennaise. "Le mien et celui de beaucoup de gens. Certains montent dans le train avec les cheveux encore mouillés, d'autres ont des chaussettes dépareillées, beaucoup prennent leur petit déjeuner pendant le trajet et certains profitent du retour pour dîner." Avec des anecdotes plus ou moins savoureuses, comme les usagers qui téléphonent en faisant profiter tout le wagon de leur conversation, les habitués qui réservent une place à leurs amis de voyage ou les personnes âgées qui préfèrent voyager debout pour laisser leur siège à leur animal.

"Certains voudraient capter et diriger tout ce petit monde au bout de quelques années mais nous ne sommes que des usagers ! On ne peut pas tout contrôler. On peut passer un message mais il faut accepter ce monde tel qu'il est", témoigne la journaliste. Avec ses bons et ses mauvais moments.

Le train, un monde individualiste

La Rouennaise milite pour que le train devienne un lieu d'échanges, de vie sociale. "Il y a des jours où des gens pleurent dans le train. J'aimerais les prendre dans mes bras et leur dire que ça va passer." Elle n'ose pas toujours. Et compare le train à Facebook : il rapproche ceux qui sont loin et éloignent ceux qui sont proches. "Les gens s'installent avec leur ordinateur, leur tablette ou leur téléphone et ne se parlent pas. Si quelqu'un est malade ou pleure, on ne s'en occupe pas. Je trouve ça dommage."

Je suis "Saint-Thomiste"

Valérie Duclos évoque brièvement à la fin de son livre le futur de "son" train. Le nouveau président de la région Normandie, Hervé Morin, a promis de reprendre le dossier des lignes Intercités. Au menu : gestion des lignes par la région, achat de train neufs par l'Etat. Convaincue notre rouennaise ? "Je suis 'Saint-Thomiste'", s'amuse-t-elle. "Je ne crois que ce que je vois. Tant qu'on n'aura pas de nouvelles rames et de nouvelles conducteurs, on n'aura pas une vie plus facile !"