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Dossier : Transports, circulation : les principaux points noirs en France

Point noir de la mobilité : des millions nécessaires dans les deux Charentes pour maintenir des trains compétitifs

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Par , France Bleu La Rochelle

Dans le cadre de la matinale spéciale transports, ce jeudi, sur France Bleu La Rochelle, coup de projecteur sur les trains ! Chez nous, certaines lignes sont à bout de souffle. L'étoile ferroviaire de Saintes a notamment besoin de gros investissements.

Dans la cabine du conducteur du Royan-Saintes, le compteur affiche 100 km/h. Le bénéfice des importants travaux réalisés en 2018.
Dans la cabine du conducteur du Royan-Saintes, le compteur affiche 100 km/h. Le bénéfice des importants travaux réalisés en 2018. © Radio France - Julien Fleury

C'est le point noir ferroviaire dans nos deux Charentes : sur la ligne Angoulême-Limoges, les trains ne peuvent plus circuler depuis le printemps dernier, faute d'investissements sur la ligne devenue dangereuse, même à toute petite vitesse. Les autocars ont pris le relais, mais en perdant au passage de nombreux usagers réguliers. Autre point sensible : l'étoile ferroviaire de Saintes attend elle aussi de gros investissements, notamment en direction de Bordeaux. Des travaux, il y en a eu en revanche au printemps dernier, entre Royan et Saintes, avec à la clé un TER beaucoup plus compétitif.

Gare de Royan. Nous nous engouffrons dans le TER de 14h à destination de Saintes. Dans la cabine du conducteur, le compteur de vitesse affiche rapidement 100 km/h. Vitesse maximale pour l'instant sur cette ligne, entièrement refaite à neuf au printemps dernier. D'ici quelques mois, on pourra même atteindre 110 km/h. Un chantier 35 millions d'euros d'investissement portés majoritairement par la Région Nouvelle-Aquitaine (66% de l'investissement). Et 31 minutes désormais pour un trajet.

Pour moi c'est un grand plaisir !"

"C'est mieux que la voiture", se réjouit Guy Le Meaux, artiste peintre installé à Royan, qui s'offre une escapade saintaise. "C'est vraiment une merveille, savoure Guy Le Meaux. Avant, sur cette ligne, ça faisait un bruit terrible. Mais la voie a été entièrement refaite et c'est formidable." Guy, grand amateur de lumière, apprécie par les grandes fenêtres du train le paysage saintongeais qui défile, et qui lui rappelle la Toscane italienne. 

Arrivée en gare de Royan d'un TER en provenance de Niort. Si certaines lignes régionales sont performantes, la prestation de la SNCF est souvent gâchée par les correspondances.
Arrivée en gare de Royan d'un TER en provenance de Niort. Si certaines lignes régionales sont performantes, la prestation de la SNCF est souvent gâchée par les correspondances. © Radio France - Julien Fleury

Sept heures pour faire Royan - Paris, cinq heures pour rejoindre Biarritz

Juste derrière lui, il y a Valérie, qui quitte son pied-à-terre de Saint-Palais-sur-Mer pour rejoindre Paris où elle réside à l'année. Heureuse du confort du TER, mais pas forcément de la prestation globale de la SNCF: "Le TER est parfait, reconnaît Valérie, c'est à l'heure, c'est propre. Mais le problème ce sont les correspondances. Je vais passer sept heures dans les trains pour rejoindre Montparnasse" regrette Valérie, inconsolable de la disparition des trains de nuit entre Royan et la capitale.

A l'autre bout de la rame, Damien Chauvier prend lui aussi son mal en patience. Direction Biarritz pour cet autre artiste peintre passionné de surf venu saluer une amie royannaise. Il a fait l'aller en covoiturage, mais pour le retour, il n'a trouvé que le train : "Pour des petits trajets comme Saintes-Royan, le train c'est pratique. Mais moi j'ai deux correspondances. Ce qui fait 5 heures de train, alors qu'en Blablacar j'ai mis trois heures. C'est quand même beaucoup plus rapide, c'est direct, et c'est moins cher."

La concurrence du covoiturage

Un manque de compétitivité des trains régionaux qui a notamment une explication : la ligne Saintes-Bordeaux, où la vitesse est désormais réduite à 40 km/h, sur près d'un tiers du parcours. Faute d'avoir anticipé les travaux nécessaires, reconnaît Florent Kunc, directeur adjoint de SNCF Réseau en Nouvelle-Aquitaine : "On est conscient que circuler à 40 km/h ce n'est pas satisfaisant, sur une ligne conçue pour du 110." SNCF Réseau qui promet faire "les meilleurs efforts" pour reconquérir la performance perdue.

L'étoile ferroviaire de Saintes a besoin de lourds investissements, notamment en direction de Bordeaux. Mais il faut commencer par s'accorder sur la vitesse attendue sur cette voie.
L'étoile ferroviaire de Saintes a besoin de lourds investissements, notamment en direction de Bordeaux. Mais il faut commencer par s'accorder sur la vitesse attendue sur cette voie. © Radio France - Julien Fleury

Sur ce tronçon Saintes-Bordeaux, des premiers travaux sont d'ailleurs prévus pour la fin 2020. Mais la suite du chantier s'annonce beaucoup plus incertaine. Surtout s'il faut concurrencer la voiture et faire monter la vitesse des trains à 140 kilomètres à l'heure : "Si on a des envies d'accélération comme on a pu l'entendre exprimer par des collectivités du sud de la Charente-Maritime, c'est un gros chantier", prévient Florent Kunc. "On peut être amené à reprendre tout le système de signalisation, voire redessiner des courbes pour accepter cette vitesse. Dès lors qu'on ne fait pas que remplacer les rails, ça peut rallonger la facture et la durée du chantier."

Rien que pour cette ligne, la facture globale se chiffrera en dizaines de millions d'euros, essentiellement de l'argent public. Le prix à payer sans doute, pour éviter toujours plus de véhicules sur la rocade bordelaise. Aujourd'hui le TER est largement subventionné. Seul un tiers du coût est supporté par la billetterie.

Retrouvez ici la carte France Bleu des principaux points noirs en France.

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