Transports

Deux TGV supprimés entre Montélimar et Paris : les usagers prennent désormais le bus

Par Mélanie Tournadre, France Bleu Drôme-Ardèche lundi 12 décembre 2016 à 8:23

Une dizaine d'usagers a dû prendre le car, ce lundi matin à Montélimar, pour rejoindre Paris suite à la suppression du TGV de 6h15.
Une dizaine d'usagers a dû prendre le car, ce lundi matin à Montélimar, pour rejoindre Paris suite à la suppression du TGV de 6h15. © Radio France - Mélanie Tournadre

La galère commence, ce lundi matin, pour ceux qui prenaient le TGV à 6h15 à Montélimar pour rejoindre Paris. Il a été supprimé, tout comme le dernier TGV au retour qui partait de Paris à 19h41. Ce lundi matin, une dizaine d'usagers montiliens a dû prendre le car pour Valence TGV.

La SNCF a modifié, ce dimanche, les horaires de ces trains. La direction a supprimé deux TGV entre Montélimar et Paris : à l'aller, celui qui part de Montélimar à 6h15 et au retour, celui qui part de Paris à 19h41. A partir de ce lundi matin, 12 décembre, le trajet devient donc beaucoup plus compliqué pour les Montiliens qui travaillent à Paris.

Deux TGV "d'extrémité de journée" entre Montélimar et Paris sont supprimés à partir de ce lundi matin. - Radio France
Deux TGV "d'extrémité de journée" entre Montélimar et Paris sont supprimés à partir de ce lundi matin. © Radio France - Mélanie Tournadre

Ce lundi matin, les Montiliens qui avaient l'habitude, depuis des années, d'aller travailler à Paris avec le TGV de 6h15 ont dû prendre un autre moyen de transport. Une dizaine d'usagers a pris un car pour rejoindre Valence TGV. Ils ont ensuite dû reprendre un TGV pour arriver jusqu'à Paris.

Un quotidien plus compliqué

Ce car part de Montélimar à 5h35, soit quarante minutes plus tôt que l'ancien TGV qui a été supprimé. "C'est du confort en moins, ça nous complique la vie" explique ce Montilien qui travaille à Paris toute la semaine. "J'ai les yeux qui piquent ce matin, c'est encore plus fatigant de se lever plus tôt'" insiste une voyageuse qui fait ce trajet depuis six ans tous les lundis matins et vendredis soirs.

"C'est fatigant de se lever 45 minutes plus tôt !"

"Ces suppressions de TGV ne nous facilitent pas la vie, on a le sentiment d'être les oubliés de la SNCF" explique un des usagers qui a dû prendre ce car. Certains voyageurs ont préféré prendre un TER, ce lundi matin, à 5h33 en direction de Valence Ville. Ils ont ensuite dû monter dans un autre TER jusqu'à Valence TGV puis encore un troisième train pour rejoindre Paris. "Deux changements au lieu de zéro, c'est vraiment une dégradation du service public" explique Eric qui travaille à Paris toute la semaine. "Je suis venu à Montélimar car les trajets étaient directs et simples vers Paris, mais là maintenant je pense à déménager".

"Je pense aujourd'hui à déménager vers une gare TGV !"

Des voyageurs montiliens très agacés, ce lundi matin, de devoir prendre un bus pour rejoindre Paris depuis la suppression de deux TGV.

Une dégradation du service public

"C''est une nouvelle dégradation et un nouveau signe du désengagement de la SNCF" insiste un Montilien. La SNCF justifie ces deux suppressions de TGV par le fait qu'ils n'étaient pas rentables, pas assez utilisés. "Cet aller-retour est particulièrement déficitaire ; il représente 25 % de l'offre entre Montélimar et Paris et seulement 15% du trafic" expliquait la direction de la SNCF il y a quelques semaines. Pas de quoi convaincre les usagers, très agacés, ce lundi matin dans le bus de substitution.

Des conséquences sur le développement économique du bassin montilien

Ce lundi matin, deux élus d'opposition à Montélimar, Catherine Coutard et Serge Chastan sont venus soutenir les usagers devant la gare montilienne. Ils ont, de nouveau, dénoncé cette suppression de deux TGV. "Il nous faut plus de TGV, pas moins !" explique la conseillère municipale. "On va finir par être un territoire de seconde zone alors que le bassin de vie est important et ces trains sont aussi essentiels pour les Ardéchois" insiste Catherine Coutard.

"On va finir par être un territoire de seconde zone"

Le maire de Montélimar, Franck Reynier a également demandé, depuis l'été dernier, à la direction de la SNCF de maintenir ces deux TGV. Le président du conseil départemental de la Drôme, Patrick Labaune a également écrit au patron de la SNCF tout comme le président du conseil départemental de l'Ardèche Hervé Saulignac.

Près de 5.100 usagers ont signé la pétition en ligne contre la suppression de ces trains. Une mobilisation, pour le moment, sans succès.