Transports

Suppression des arrêts de bus à Pissevin : les habitants en colère

Par François Madeuf, France Bleu Gard Lozère vendredi 11 novembre 2016 à 17:25

Sept arrêts de bus supprimés dans le quartier Pissevin, à Nîmes
Sept arrêts de bus supprimés dans le quartier Pissevin, à Nîmes © Maxppp - Nicolas Vallauri

Une réunion publique était organisée à Nîmes sur la suppression de sept arrêts de bus dans le quartier Pissevin. Les habitants sont venus en nombre pour montrer aux élus leur mécontentement.

Nabilla prend la parole au micro. "Mon fils prend le bus à 7h, il rentre à 12h30 et doit être de nouveau à l'arrêt de bus à 13h. Quand est-ce qu'il va manger ? Se reposer ? Faire ses devoir? Je n'ai pas envie qu'il soit dégoûté d'aller à l'école". L'inquiétude de cette mère de famille, elle est partagée par plus de 80 habitants de ce quartier venus demander des réponses à cette réunion publique, jeudi soir, salle Morise, dans le quartier Pissevin.

Un plan pour mieux répartir la desserte des bus

Face à cette foule en colère, William Portal, le délégué aux transport, est venu avec ses cadres de la Métropole pour expliquer la logique du nouveau plan de circulation des bus. Il s'agit de supprimer quelques arrêts pour mieux répartir les dessertes sur l'ensemble de la métropole.

Mais moins d'arrêts, ça veut dire marcher plus longtemps pour prendre son bus. Mohammed, ça ne le dérange pas, mais il pense aux personnes âgées : "Moi je mettrai un quart d'heure pour y aller. Mais une personne âgée ou une maman avec poussette, elle mettra une demi-heure ! Et je ne parle même pas des personnes handicapées : autant leur dire de rester chez elles !"

c'est toujours dans les quartiers populaires qu'on fait les économies" - Rachid Sekkar

"Cette population se regarde un peu le nombril, rétorque William Portal, il y a autant de précarité dans le périurbain que dans le centre-ville. Nous avons essayé d'optimiser le dispositif pour toucher le plus grand nombre d'usagers". D'après lui, le service ne sera pas dégradé car la fréquence de passage des bus sera augmentée en contrepartie de la suppression de ces sept arrêts.

Rachid, lui, s'inquiète des réactions dans son quartier : "Il va y avoir du caillassage sur les bus, c'est sûr... Je ne menace personne mais le sentiment ici, c'est que c'est toujours dans les quartiers populaires qu'on fait les économies. On va créer de la frustration chez toute une population et quand elle se mettra en colère, on appellera la Police, comme d'habitude."

Les habitants ont lancé un ultimatum aux élus. Si une nouvelle version du plan de bus n'est pas présentée avant le 3 décembre, ils descendront dans les rues.