Transports

Sur la piste du mystérieux Oiseau blanc, l'avion de Nungesser et Coli

Par Olivier Duc, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure) lundi 16 mars 2015 à 16:21

Un monument commémore sur les falaises d'Etretat le passage de Nungesser et Coli le 8 mai 1927 au matin
Un monument commémore sur les falaises d'Etretat le passage de Nungesser et Coli le 8 mai 1927 au matin © Radio France - Olivier Duc

Le 8 mai 1927, l’Oiseau blanc tentait le Ier vol entre Paris et New-York. L’avion piloté par Nungesser et Coli sera vu une dernière fois au dessus d’Etretat avant de disparaître sans laisser de trace. L’hypothèse qui prédomine est un crash à proximité du Canada même si des témoignages de marins de Fécamp et d’Etretat laissent entendre que les deux aviateurs n’ont pas réussi à franchir la Manche.

88 ans après la tentative de Nungesser et Coli, une seule pièce de l’oiseau blanc a été retrouvée : son train d’atterrissage, largué juste après son décollage, pour gagner du poids.

Depuis les témoignages se sont multipliés, affirmant que l’avion avait été vu au dessus de l’Irlande puis au dessus de Terre-Neuve avant de se perdre dans les brumes de St Pierre-et-Miquelon. Des témoignages existent également autour d’Etretat, mettant en doute la traversée même de la Manche. L’écrivain Jean Pierre Thomas se souvient très bien de quatre marins qu’il avait rencontrés pour un ouvrage sur les pêcheurs d’Etretat.

« Ton avion, il est au large, au grand ridain »

«  Tu sais ton avion, il a pas dû aller bien loin. Il montait, il descendait sans cesse, il n’arrivait pas à prendre de l’altitude. C’est sûr il est là, au large, au grand ridain  » , lui avaient-ils alors relaté. Le grand ridain, c’est ce haut-fond poissonneux qui se situe à une quinzaine de km au large des côtes d’Etretat. En novembre 1980, la piste d’une chute dans la Manche avait fait un retour fracassant avec un témoignage tardif, formulé par le fils d’un pilote de Fécamp.

Le 1 mai 1927 : les derniers préparatifs du biplan "L'Oiseaux blanc", piloté par Charles Nungesser et François Coli - Maxppp
Le 1 mai 1927 : les derniers préparatifs du biplan "L'Oiseaux blanc", piloté par Charles Nungesser et François Coli © Maxppp
Grande carlingue blanche à demi-immergée

Ce restaurateur avait contacté Paris-Normandie et l’écrivain Philippe Huet, à l’époque journaliste. En mai 1927, accompagné de trois autres pilotes, son père «  avait vu flotter sur l’eau l’arrière à demi-immergé d’une grande carlingue toute blanche d’un avion  » , se remémore Philippe Huet. «  Ils se sont dirigés vers elle mais ils n’ont pas eu le temps, l’épave s’est enfoncée. Il m’a raconté ça, il me paraissait sérieux, fiable, quelqu’un de très équilibré  » .

Ce témoignage tardif conduira à une enquête du ministère des Transports. Le rapport Meunier qui en  découlera en 1984 écartera cette hypothèse d’un crash dans la Manche et personne ne viendra explorer les fonds. Il conclura sur la base d’autres témoignages que les deux aviateurs ont probablement réussi à voler au dessus de Terre-Neuve.

Nouvelles fouilles en mer

Aujourd’hui, les seules recherches en cours sont menées de l’autre côté de l’Atlantique par Bernard Decré, le président de l’association « La recherche de l’Oiseau blanc ». Il mène jusqu’au 21 mars des recherches préparatoires dans les archives des Gardes-côtes américains avant de poursuivre de nouvelles fouilles en mer au large de St Pierre-et-Miquelon.

«  On y est presque à 90%. C’est presque un certificat que d’avoir retrouvé un télégramme des Coast Guards disant qu’ils ont repêché deux ailes blanches pouvant provenir de l’avion de Nungesser et Coli  » , précise Bernard Decré  Même si son hypothèse se confirme, la difficulté est de pouvoir retrouver la moindre trace de l'épave et de son bloc moteur, seule pièce susceptible d'avoir résisté à une immersion prolongée et aux filets des pêcheurs.

Bernard Decré, le président de l’association « La recherche de l’Oiseau blanc »

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