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Transports

TER Metz-Luxembourg : trois choses à savoir sur la mise en place du système de sécurité ERTMS

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Par , France Bleu Lorraine Nord, France Bleu Sud Lorraine

C'est ce mercredi 1er janvier que les trains non équipés du système européen de sécurité ERTMS ne pourront plus circuler au Luxembourg. La SNCF tablait sur 12 trains prêts sur les 25 que compte la ligne Metz-Luxembourg. Mais la grève a peut-être retardé encore plus la mise en place de ce système.

Il va encore falloir patienter un peu avant le changement du plan de transport qui devait entrer en vigueur ce 15 décembre.
Il va encore falloir patienter un peu avant le changement du plan de transport qui devait entrer en vigueur ce 15 décembre. © Maxppp - PHOTOPQR/LE REPUBLICAIN LORRAIN/MAXPPP

Moselle, France

Les 12 000 voyageurs frontaliers qui prennent tous les jours la direction du Luxembourg via les rails n'en ont pas fini avec l'ERTMS. Ce système de sécurité, exigé par le Grand Duché à partir du 1er janvier depuis l'accident de Dudelange en 2017, devait imposer un nouveau plan de transport sur la ligne Nancy-Metz-Luxembourg dès ce 15 décembre. Mais le mouvement de grève qui touche durement la SNCF en cette fin d'année a finalement eu raison de cette date. Un temps prévu pour le 1er janvier, la grève a finalement retardé l'échéance de ce plan. 

A cause de ce mouvement social, le trafic est perturbé, mais la mise en place de l'ERTMS a peut-être également pris encore plus de retard. La SNCF fait encore les comptes, mais la grève a touché le technicentre de Saint-Pierre-des-Corps (Ille-et-Villaine), chargé d'équiper nos rames. D'après l'association des voyageurs du TER Metz-Luxembourg, deux trains sont encore bloqués sur place et attendent d'être terminés. Mais au début du conflit social, seulement 8 rames étaient prêtes et circulaient sur la ligne en direction du Grand Duché, selon les usagers.

Un nouveau retard qui pour l'heure ne va peut-être pas trop changer grand-chose pour les frontaliers. Le trafic est fortement réduit, ce qui fait qu'il n'y a pas besoin des 12 trains annoncés pour assurer les voyages au début de ce mois de janvier. Mais une fois la grève terminée, les perturbations vont peut-être s'accentuer, puisqu'il n'y aura pas assez de rames autorisées à traverser la frontière. "Le mois de janvier va être une inconnue pour nous", confie Dimitri Janczak, secrétaire adjoint de l'association.

Des changements à Thionville

A l'heure actuelle, la SNCF n'a probablement pas pu équiper 12 des 25 rames qui font quotidiennement la navette entre Nancy, Metz et le Luxembourg. Pour tenter d'assurer au mieux les voyages, la SNCF avait pourtant prévu de couper la poire en deux. Les 12 rames équipées et autorisées à circuler au Luxembourg vont faire la liaison entre Thionville et le Grand Duché. Les 13 autres resteront en France, entre Thionville, Metz et Nancy. C'est donc à Thionville que les voyageurs empruntant le sens montant le matin devront changer de train, pour monter à bord d'une rame équipée. Et inversement dans le sens descendant.

Lors des heures de pointe du matin et du soir, les changements de train se feront sur le même quai, pour éviter de gros embouteillages dans le seul tunnel souterrain de la gare de Thionville. 

Un retour à la normale en avril

Pendant ce temps-là, et si la grève ne perturbe pas trop la mise en place de l'ERTMS, les rames restantes devraient être équipées progressivement, à raison d'une nouvelle toutes les deux ou trois semaines. La SNCF espère donc pouvoir reprendre un trafic habituel le 6 avril 2020. Tous les trains ne seront pas encore prêts, les tous derniers devraient l'être l'été prochain. 

D'ici là, les usagers espèrent pour beaucoup que la conjonction entre la grève et l'arrivée de l'ERTMS n'aggrave pas plus la situation dans les wagons. "Je ne paye plus mon abonnement parce que les conditions de voyage ne sont pas dignes en ce moment. On fait aussi la grève", confie Léo, qui travaille à Esch-sur-Alzette. 

Pourquoi en est-on arrivé là ?

Le passage vers l'équipement ERTMS a été acté il y a 7 ans, en 2012. Mais la facture de 28 millions d'euros a refroidi les ardeurs de la France et de la région qui a longtemps traîné les pieds. Ce n'est qu'après l'accident de Dudelange en 2017, lorsque le Grand Duché est devenu inflexible sur la date du 1er janvier 2020, que la problématique a commencé à devenir vraiment sérieuse. La CFDT émet une première réserve en septembre 2019 et en novembre dernier, c'est au tour de la CGT cheminot d'affirmer que la SNCF n'est pas du tout prête pour le passage à l'ERTMS, à moins de deux mois de la deadline. 

A tel point que ce 12 décembre, Jean Rottner, le président de la région Grand Est, s'est montré très inquiet pour les frontaliers. Arrivé en 2016, il renvoie la balle à son prédécesseur, le socialiste Jean-Pierre Masseret qui lui n'est pas d'accord avec cette analyse. "Je n'ai pas voulu payer pour l'Etat français qui avait négocié ce changement avec le Luxembourg sans m'en parler mais la SNCF m'a dit qu'il fallait 18 mois pour équiper les rames alors qu'eux sont au pouvoir depuis presque 4 ans", explique-t-il.

Tous ces retards à l'allumage sont à l'origine de ce plan de transport qui entrera donc en vigueur le 1er janvier et non pas ce 15 décembre comme initialement annoncé. Le mouvement de grève aura au moins eu le mérite de laisser 15 jours de répit aux travailleurs frontaliers.

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