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Transports

"Touche pas à mon TGV", pétition de la région Grand Est qui joue la carte de l'opinion contre la SNCF

dimanche 8 juillet 2018 à 16:22 Par Mohand Chibani, France Bleu Alsace, France Bleu Elsass, France Bleu Lorraine Nord et France Bleu Sud Lorraine

Sous prétexte de travaux dans la gare de Lyon Part-Dieu, la SNCF souhaitent supprimer les TGV au départ de Nancy en direction du Sud. Inadmissible pour les élus lorrains tous bords confondus. Les dessertes de Strasbourg pourraient également être touchées. La Région lance une pétition en ligne.

La SNCF souhaite supprimer les liaisons au départ de Nancy direction le Sud
La SNCF souhaite supprimer les liaisons au départ de Nancy direction le Sud © Maxppp - Maxppp

Nancy, France

Quelques heures seulement après le lancement de la pétition "Touche pas à mon TGV" et déjà 1.840 signatures dimanche à 21h. Il est fort à parier qu'ils seront encore très nombreux dans les jours à venir à apporter leur soutien à la cause que défend la région Grand Est. La démarche est surprenante et révèle peut être l'impuissance des élus locaux face à la grosse machine SNCF. 

Les élus du département, tous bords confondus qui ont déjà écrit au premier ministre, à la ministre des transports et au PDG de la SNCF, pour exprimer leur colère, veulent y croire car l'enjeu est de taille, il s'agit de ne pas faire de la Lorraine, un "cul-de-sac ferroviaire", comme l'a dénoncé le sénateur Meurthe-et-mosellan Olivier Jaquin. C'est en effet le risque puisque la SNCF envisage en 2019 de supprimer les liaisons en direction du Sud au départ de Nancy et propose à la place de faire transiter les voyageurs via Marne-la-Vallée pour se rendre dans le Sud ou alors les faire partir depuis Metz ou Strasbourg où les dessertes en direction de la Méditerranée sont maintenues. 

Il y va de la qualité de la desserte TGV de tout l'Est de la France, Laurent Hénart, maire de Nancy

"Hors de question" explique Laurent Hénart, maire de Nancy "Si on ne réagit pas violemment maintenant au mois de juillet puis à la rentrée de septembre, les choses vont nous être imposées comme si c'était une évidence technique, et bien moi je ne pense pas que ce soit une évidence technique de passer par Paris ou Strasbourg pour se rendre dans le Sud. Il n'y va pas seulement de l'attractivité du sud de la Lorraine mais il y va aussi de la qualité de la desserte TGV de tout l'Est de la France". 

Les dessertes de Strasbourg pourraient être diminuées

La SNCF pourrait également supprimer un aller-retour Strasbourg-Lyon ainsi qu’un aller-retour Strasbourg-Marseille par semaine. "Comme élue strasbourgeoise et conseillère régionale j’attends que les engagements en matière ferroviaire pris soient respectés", martèle Pernelle Richardot, élue socialiste à la région Grand Est.

Nous souhaitons que tout le monde dise "Touche pas à mon TGV", Valérie Debord, vice-président de la région Grand Est

Et pour mieux appuyer la colère des élus locaux, la région Grand Est s'est offert une campagne de publicité dans tous les quotidiens régionaux ce dimanche avec ce slogan "le TGV n'est pas le jouet de la SNCF" avec l'objectif d'associer l'opinion publique dans ce bras de fer avec l'entreprise ferroviaire. Une démarche que justifie Valérie Debord, élue nancéienne et vice-président de la région "nous souhaitons que tout le monde dise Touche pas à mon TGV,  que ce soit des universitaires, des étudiants, des sportifs ou tout ceux qui utilisent le TGV comme moyen de loisir ou professionnel. Aujourd'hui, beaucoup de gens partent en vacances et notamment vers le Sud, ils doivent comprendre qu'avec ce que nous prépare la SNCF, ce ne sera plus possible demain".