Transports

Toulouse : "Le harcèlement sexiste dans les transports en commun est minimisé"

Par Stéphane Garcia, France Bleu Toulouse lundi 30 janvier 2017 à 6:00

A la station des Arènes, samedi, distribution de tracts anti-harcèlement dans les transports en commun.
A la station des Arènes, samedi, distribution de tracts anti-harcèlement dans les transports en commun. © Radio France - Stéphane Garcia

Le problème du harcèlement sexiste est encore banalisé pour certaines associations. Samedi à l'appel de la Ligue des Droits de l'Homme, l'association des usagers de transports de l'agglomération toulousaine (Autate) a distribué des tracts à la station Arènes pour dire "Stop au harcèlement".

Stop au harcèlement sexiste... c'est le message de cette opération réalisée ce weekend par la Ligue des droits de l'Homme de Toulouse qui s'appuie sur deux études qui montrent l'ampleur du phénomène : une réalisée par le Haut Conseil à l'égalité femmes-hommes en 2015 et une seconde de la fédération nationale des associations d'usager des transports (la FNAUT) en 2016.

8 femmes sur 10 concernées

Plus de 8 femmes sur 10 disent avoir été victime de gestes déplacés, d'insultes dans les transports en commun. Un fléau massif, qui pour près de la moitié de la moitié des usagers, arrive souvent. "C'est plusieurs fois par semaines, reconnait Johanna, infirmière de 27 ans. On nous dévisage, on nous met une main au fesses, on nous siffle. Il y a des gens autour de nous, sauf que personne ne dit rien. Tout le monde laisse faire." A force d'être prises pour cible, Sheily elle, a fini par adopter comme 8 femmes sur 10 ce qu'on appelle des stratégie d'évitement. "Par exemple quand je rentre dans un bus je vais faire attention à la place où je me mets. Je vais faire attention à comment je m'habille ou je boutonne mon manteau quand je monte dans les transports."

En 2016 Tisséo a recensé 275 incidents

D'autant que seulement 2% des femmes victimes d'actes constituant des infractions pénales finissent par porter plainte. "Cela minimise le problème, explique Philippe Lebailly, représentant de la Ligue des Droits de l'homme à Toulouse. Tisséo nous signale 265 recensements de faits en 2016 cas d'actes sexistes sur son réseau, mais on peut se dire que les faits réels concernent en fait 15.000 femmes."

Philippe Lebailly :"Il y a des choses à faire pour que les femmes puissent avoir confiance et prendre les transports en commun..."

Des propositions à Tisséo

Un fléau massif, qui a poussé la LDH et l'Autate à agir. En ce début d'année, les deux associations ont remis à Tisséo un programme, 10 propositions pour prévenir et lutter contre le phénomène. Le 24 février, la direction du transporteur toulousain doit rencontrer les deux associations pour leur faire un retour sur les propositions qui ont été faites et éventuellement lancer les premières manœuvres.