Transports

Transports en commun : 11% de fraudeurs à Bordeaux

Par Noémie Bonnin, France Bleu Gironde jeudi 15 octobre 2015 à 10:46

Un usager sur dix fraude dans le tram et le bus à Bordeaux.
Un usager sur dix fraude dans le tram et le bus à Bordeaux. © Radio France

La proportion de voyageurs fraudeurs est importante à Bordeaux. Hervé Lefèvre, le directeur général de Kéolis Métropole était l'invité de France Bleu Gironde ce jeudi matin.

France Bleu Gironde : Un usager des transports en commun sur dix fraude à Bordeaux, c'est une proportion importante ? 

Hervé Lefèvre, directeur général de Kéolis Métropole : Oui, c'est même 11% dans l’enquête qui a été réalisée à la fin de l'année 2014. C'est une proportion stable depuis trois ans, ce qui est explique que nous avons déployé plus de moyens et d'actions pour lutter contre ce phénomène.

Quels sont ces moyens ?

Il y a une campagne de communication qui a été lancée le 7 octobre, qui s'adresse à tous les publics et à toutes les situations de fraude : je fraude par oubli, je fraude parce que je fais un trajet court, je fraude parce que je veux jouer au chat et à la souris avec les contrôleurs, donc il y a pas mal de situations de fraudes différentes. On s'adresse à tout le monde, pour rappeler que la fraude reste une incivilité que tout le monde doit payer son transport.

Il faut rappeler que la fraude reste une incivilité.

Mais pensez-vous que ce type de communication est vraiment efficace ? 

On s'est rendu compte que beaucoup de personnes qui souhaitent frauder ne connaissent pas le prix de l'amende (51,50 euros), ce qui nous semple assez dissuasif. L'information, c'est aussi ce qu'on risque quand on emprunte le tram sans payer.

Il faut dire qu'on ne les voit pas souvent les contrôleurs...

Ils sont pourtant plus nombreux, on est passé de 106 contrôleurs à 120 depuis cette rentrée de septembre. Le réseau s'est agrandi, et donc on a adapté nos effectifs à cette nouvelle taille du réseau TBC.

On parle aussi de cette fameuse page Facebook, sur laquelle les usagers se préviennent mutuellement de la localisation des contrôleurs, quel est votre regard là-dessus ? 

Nous sommes très irrités par cette situation, puisque ce groupe n'est ni plus ni moins une incitation à la fraude. Je rappelle que la fraude pénalise tout le monde, ça représente sept millions d'euros de manque à gagner, pour le réseau TBC, donc pour la collectivité. Ces sept millions d'euros, ce sont moins de services développés, moins de renouvellement de matériels roulants et des tarifs qui ne peuvent pas baisser.

On se souvient de cette grève en juin dernier, des chauffeurs de bus qui refusaient de contrôler eux-mêmes les passagers, c'est une question difficile ça aussi ? 

Oui, mais il ne faut pas tomber dans la caricature. La grève qui a eu lieu au mois de juin représentait la moitié du personnel roulant. Ensuite, cette lutte contre la fraude concerne tout le monde dans l'entreprise, le conducteur, mais aussi celui qui maintient en état les valideurs. Le conducteur de bus, ce qu'on lui demande, c'est d'inviter les clients qui montent à bord à respecter les règles, et notamment celles de la validation des titres de transport. On ne change pas un conducteur en contrôleur, bien au contraire, ce qu'on lui demande c'est d'accueillir le client et de lui rappeler qu'il faut avoir son titre de transport valide et validé.

La solution, mais qui coûte cher, n'est-elle pas d'embaucher de nombreux contrôleurs ? 

On n'est pas dans une situation où il faudrait un contrôleur derrière chaque client. Le principe du réseau TBC, c'est qu'il faut payer son titre de transport, je rappelle quand même que c'est un réseau parmi les moins chers de France, un euro et demi le ticket à l'unité, dix-sept euros cinquante pour un abonnement mensuel, ce qui reste quand même très attractif. Après, le contrôleur est là pour vérifier le respect de cette règle, mais aussi pour informer et orienter le client. On n'est pas dans une situation où il faut gendarmer l'ensemble de notre clientèle.

Il ne faut pas "gendarmer" l'ensemble de notre clientèle. 

On expérimente depuis la rentrée les terminus partiels des trams (pour qu'ils soient plus nombreux en centre ville), ça fonctionne bien ? 

Ça marche très bien, oui, depuis septembre, on est à trois minutes trente de fréquence sur les trois lignes de tram. Notre clientèle est très satisfaite, puisqu'en augmentant la capacité aux heures de pointe, on a éradiqué le phénomène de saturation des trams, quand il fallait laisser passer deux ou trois rames avant de pouvoir monter dedans. Je rappelle que c'est une première européenne, et on est fier de l'avoir développé à Bordeaux.