Transports

Transports : les nouveaux tarifs solidaires de Bordeaux Métropole mécontentent les associations de chômeurs

Par Damien Gozioso, France Bleu Gironde vendredi 21 octobre 2016 à 19:31

Les nouveaux tarifs de solidarité de TBM seront testés au deuxième semestre 2017.
Les nouveaux tarifs de solidarité de TBM seront testés au deuxième semestre 2017. © Radio France - Thomas Biet

Le conseil de Bordeaux Métropole a voté ce vendredi l'adoption des nouveaux tarifs de solidarité qui s'appliqueront normalement au 1er janvier 2018. Seulement ces tarifs risquent d'être défavorables aux chômeurs célibataires, provoquant la colère des associations.

Au programme du conseil mensuel de Bordeaux Métropole ce matin, l'étude des nouveaux tarifs solidaire. En effet, pour se conformer à la loi SRU, ces tarifs ne peuvent pas s'appliquer selon un statut - par exemple chômeur - mais en fonction des revenus.

Bordeaux Métropole a prévu de s'adapter et lancera au deuxième semestre 2017 une expérimentation des nouveaux tarifs qui se baseront sur le quotient familial.Pour le Président de la métropole Alain Juppé il s'agit de la meilleure solution, elle devrait être très avantageuse pour les familles selon lui : "Une famille avec enfants y gagnera très certainement". Il est important de noter que ces nouveaux tarifs ne concerneront que les abonnements mensuels.

Alain Juppé explique l'expérimentation des nouveaux tarifs solidaires TBM

Actuellement plus de 45000 personnes bénéficient de ces tarifs solidaires, l' effet d'aubaine des nouveaux tarifs pourraient faire grimper ce chiffre. Trois seuils d'abattement seront instaurés, de 50% à 90%. Problème, ces tarifs risquent de devenir pénalisants pour les chômeurs célibataires pour qui le quotient familial ne sera pas forcément avantageux. Alain Juppé et son président adjoint en charge des transports, Christophe Duprat, en ont conscience. Voilà pourquoi les tarifs ne changeront pas en 2017, et qu'une expérimentation sera menée au deuxième semestre. A l'issue de celle-ci, une décision sera prise.

Cela n’empêche pas les associations de défense des chômeurs de s'inquiéter. À l'occasion du conseil de la Métropole, elles se sont fait bruyamment entendre avant d'être finalement reçues par Christophe Duprat. Pour Patrick Gimond, président de l'association pour l'emploi, l'information et la solidarité des chomeurs et travailleurs précaires (APEIS), la remise en cause de la gratuité est intolérable. Dans les faits, il pourrait s'agir de s'acquitter d'une somme de quatre à cinq euros. "Cela peut sembler peu mais quand on a 400€ pour vivre – ou plutôt survivre – le moindre frais est un soucis".

Patrick Gimont : "Si on lit entre les lignes, c'est une remise en cause du principe de gratuité"

L'APEIS et d'autres associations comme AC Gironde demandent à être associés au processus de réflexion qui sera mené au deuxième semestre 2017, ce à quoi Christophe DUprat a répondu favorablement.

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