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Travaux de l'A480 et du Rondeau : "pas un aspirateur à voitures" selon le maire de Grenoble, Éric Piolle

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Par , France Bleu Isère

Les travaux d'aménagement de l'A480 et de l'échangeur du Rondeau doivent fluidifier le trafic d'ici à 2023. Le maire écologiste de Grenoble, Éric Piolle, a fini par accepter le chantier après de nombreuses négociations. Il était l'invité de la matinale spéciale sur France Bleu Isère ce jeudi matin.

Le maire de Grenoble, Éric Piolle.
Le maire de Grenoble, Éric Piolle. © Maxppp - Alexis Sciard

France Bleu Isère : Les aménagements urbains et routiers sont éminemment politiques. Concernant le chantier de l'A480 et du Rondeau, vous avez choisi un compromis sur l'élargissement de l'autoroute. En tant que maire écologiste, a-t-il été compliqué d'acter qu'il y aurait des aménagements routiers sous votre mandat ?

Éric Piolle : Il y a deux dimensions. La partie compliquée est que ce plan d'aménagement fait partie d'un plan autoroute à deux ou trois milliards d'euros et, évidemment, à l'échelle nationale, utiliser un énorme effort d'argent public pour des aménagements routiers partout en France, ce n'était pas ce que nous souhaitions. En plus, cela se fait vraiment au détriment de l'argent public. Il y avait eu le scandale de la privatisation des autoroutes et ce plan autoroutier, c'est le même scandale puisqu'il est fait en échange d'un allongement des concessions aux concessionnaires autoroutiers privés qui vont continuer à faire des profits énormes. 

Ils payent une partie et en échange on leur laisse l'exploitation. Vous êtes contre cet arrangement ?

Oui, cela coûte très cher en argent public car, en échange de ces travaux, ils vont demander un allongement des temps des concessions qui vont faire qu'ils vont avoir des profits qui vont être une fois et demi ce qu'ils ont engagé. Donc il y a évidemment un problème. Après, dans ce plan national, 300 millions d'euros ont été ciblés sur Grenoble donc la question que nous sommes posés est : comment peut-on faire pour que cela améliore la situation du territoire en matière de sécurité, de nuisances sonores, d'accès, de pollution, d'insertion urbaine. 

C'est justement là que rentre la notion de compromis politique ? Car vous aviez toujours refusé de passer à deux fois trois voies. Mais en acceptant, vous obtenez d'autres concessions ?

Oui, effectivement. D'abord, nous intégrons dans ce projet un projet que nous portions pendant la campagne de 2014, à savoir les travaux sur l'échangeur du Rondeau, qui était un vrai point noir pour l'agglomération. Quand vous avez deux fois deux voies qui se connectent en deux fois une voie, cela ne peut être qu'un problème de mécanique des fluides, cela ne peut pas marcher. Donc, j'ai porté ce projet de travaux, ce qui a permis de l'intégrer alors que ce n'était pas le cas au début. Et puis sur l'élargissement, ce n'est pas un élargissement de la bande autoroutière, l'autoroute ne s'est pas élargie en matière de propriété mais elle a rempli plus de bitume à l'insertion, à l'intérieur de sa propre propriété donc. Sur cette question, nous avons effectivement fait un certain nombre de négociations, notamment sur l'abandon du projet de l'A51 car le projet initial était l'élargissement de l'480 pour faire l'A51 qui descend à Marseille et en faire une deuxième vallée du Rhône.

Ce projet-là, c'est terminé...

Oui, c'est fini grâce à notre négociation, c'est l'un des échanges que nous avons eu en 2015. Parmi les autres points de négociations, il y a le passage à 70km/h pour réduire les polluants, améliorer la circulation et réduire les nuisances sonores. Le principe du pollueur-payeur, puisque AREA construit des murs antibruit qui sont dérogatoires par rapport à la loi. Des murs également plus végétalisés pour protéger les quartiers d'habitation, ce qui n'était pas le cas avant. Désormais, à Grenoble, pour un arbre coupé, on en plante deux. AREA va planter 50.000 arbres, ce n'est pas rien. On a aussi ajouté des clauses d'insertion pour garder les deux fois deux voies, c'est-à-dire des verrous au nord et au sud pour ne pas faire aspirateur à voitures

Plus on créée d'autoroutes, plus on appelle les voitures à venir ? 

C'est systématique. Partout, les études ont montré qu'à chaque fois qu'on faisait une nouvelle route, un nouveau contournement, cela a attiré de plus en plus de voitures et cela va grignoter des terres agricoles plus loin puisque les gens se disent qu'ils vont pouvoir construire leur maison plus loin et les territoires voisins y voient a une opportunité de développement donc ils construisent de nouveaux lotissements pour avoir plus de recettes. Cela contribue à artificialiser les sols.

En même temps, il fallait bien faire quelque chose. On a diffusé beaucoup de témoignages ce matin, notamment des personnes qui n'habitent pas dans Grenoble mais qui viennent y travailler et qui n'en peuvent plus des embouteillages. Vous êtes le maire des Grenoblois, que leur répondez-vous ?

Non, moi je suis maire du territoire. Le rôle politique, c'est un rôle de développement du territoire. On a fait des négociations sur ces travaux d'aménagement et je les ai portés parce que cela me semble effectivement important d'améliorer les accès. 

N'y a-t-il pas une dichotomie entre les Grenoblois qui vivent et travaillent dans Grenoble intramuros et qui peuvent utiliser les transports en commun et les modes doux et ceux qui sont obligés, par exemple les artisans, de prendre leur voiture ? N'y a-t-il pas deux mondes qui s'affrontent ? 

Non. Les Grenoblois ne travaillent pas que dans Grenoble, ils travaillent dans les usines tout autour. Le bassin d'emploi représente à peu près 700.000 personnes donc il ne faut pas penser à l'échelle de quartiers. Nous vivons ensemble à l'échelle de 700.000 personnes pour nos activités culturelles, sportives, nos relations amicales et également notre vie de travail. Effectivement, il faut faire quelque chose pour les déplacements et l'aménagement de l'480 va améliorer les choses. On a également obtenu la première voie de covoiturage sur autoroute

Justement, vous évoquiez les "verrous". Existe-t-il un premier retour sur cette voie de covoiturage ? Est-ce que cela fonctionne ?

Il est trop tôt pour le dire. C'est la première en France donc il faudra suivre cette expérimentation de façon plus longue et améliorer les choses. Pour l'instant, je n'ai pas l'impression que cette voie soit extrêmement visible donc il y a des choses à améliorer.

Qu'en est-il de la voie dédiée aux transports en commun au sud du Rondeau ? Elle devait faire l'objet d'une étude en 2021...

Nous avons redemandé la création de cette voie réservée aux transports en commun dans le sud, depuis le Trièves jusqu'au Rondeau. Cela avait été redemandé par le commissaire enquêteur lui-même et nous continuons à pousser pour cela. Des choses doivent encore être négociées, notamment sur les compensations environnementales, sur l'évaluation du projet avec des associations car il est très important qu'il y ait différentes parties prenantes qui évaluent le projet en matière de pollution, de nuisances, de trafic. Il faut aussi renforcer les dispositifs de covoiturage, qui reste la meilleure façon de se déplacer puisque nous sommes à peu près à 100.000 voitures mais c'est 1,04 personne par voiture donc c'est incroyablement inefficace. Nous déplaçons 75 kg d'êtres humains dans 1,5 tonne de métal. Évidemment, l'enjeu majeur est d'être plus nombreux par voiture et de développer le covoiturage.

J'imagine que vous continuez également le projet des ZFE, les zones à faibles émissions, les vignettes Crit'Air ? Peut-être l'exclusion des véhicules diesel dans la ville prochainement ?

Bien sûr. Si on atteint les seuils de l'OMS au niveau de la pollution en 2030, nous gagnerons tous trois mois et demi d'espérance de vie. 

Mais si les gens roulent au diesel, c'est parce qu'ils n'ont pas forcément les moyens d'acheter des voitures propres...

Oui, mais il faut accompagner les choses, en faisant le RER urbain dans le zone urbaine grenobloise qui permette de se déplacer de vallée à vallée en passant par le cœur de la métropole de façon cadencée, tous les quarts d'heure, en train. C'est le gros projet du plan de déplacements urbains. Nous devons également continuer à développer le vélo, c'est majeur. Et puis, sur le diesel nous sommes en train de prendre du retard. Strasbourg a annoncé la sortie du diesel en 2028, Lyon en 2026. Les décisions, nous devons les prendre très en amont. 

Pourquoi ne les prenez-vous pas ces décisions ? C'est vous qui êtes aux manettes...

La ville de Grenoble a voté la volonté de sortir entre 2026 et 2028 du diesel mais, en ce moment à la Métropole et au syndicat de mobilité, notre discussion achoppe un peu par rapport aux directions qui avaient été posées dans le mandat précédent. Donc, il nous faut reprendre du dynamisme là-dessus, comme sur la sécurité des piétons en ville ou la sécurité des cyclistes, etc. Il y a encore beaucoup à faire.

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