Transports

Quinze blessés dans un accident entre un poids-lourd et un TER à Toulenne en sud-Gironde

Par Stéphanie Brossard et Rebecca Gil, France Bleu Gironde, France Bleu Toulouse et France Bleu mercredi 21 octobre 2015 à 18:49

La maison près des voies a été défoncée dans le choc à Toulenne
La maison près des voies a été défoncée dans le choc à Toulenne © Radio France - Rebecca Gil

L'accident s'est produit mercredi en fin d'après-midi à hauteur d'un passage à niveaux à Toulenne près de Langon en sud-Gironde. Le trafic des trains est encore perturbé entre Bordeaux et Toulouse ce jeudi.

Le trafic SNCF est encore perturbé ce jeudi suite à cet accident, retrouvez les prévisions de trafic pour les TER, les TGV et les trains Intercités.

Ils étaient une soixantaine dans le TER reliant Bordeaux à Agen qui a été heurté par un poids-lourd en fin d'après-midi ce mercredi, à Toulenne près de Langon. Il y a quinze blessés légers dont le chauffeur du camion. Huit ont été hospitalisés à Langon. 

Selon les premiers éléments, le camion serait resté coincé au passage à niveau sur les voies. Selon les premiers témoignages des habitants, il s'agirait d'une manoeuvre du chauffeur du camion qui aurait mal tourné, et qui aurait été pris de panique lorsque les barrières se sont baissées, ne sachant plus bouger.

Cet accident a des conséquences sur le _trafic ferroviaire : totalement interrompu entre Bordeaux et Toulouse probablement jusqu'à jeudi matin. Des tests vont être effectués sur une voie durant la nuit. _La reprise de la circulation pourrait se faire sur une voie jeudi dans le sens Toulouse - Bordeaux.

"Un choc violent" selon un passager du train

Selon un passager du train, "il y a eu un choc violent, et un peu de panique à bord, quand ça a déraillé". Il raconte : "à l'arrière du train, il y a eu comme une flamme, provoquée par le frottement avec le béton du quai". Selon lui "la motrice de devant est bien amochée. On s'est arrêté 100 mètres après. Un train ne s'arrête pas comme une brouette !"

L'accident de Toulenne vu de l'hélicoptère des gendarmes de Gironde - Aucun(e)
L'accident de Toulenne vu de l'hélicoptère des gendarmes de Gironde - Gendarmerie de Gironde

Le témoignage de Gérard passager du train avec Pascal Pierozzi

Jacques est le garde barrières qui vivait à proximité des voies. Au moment de la collision, il s'apprêtait à sortir. Il s'est alors vite réfugié à quelques mètres, derrière sa maison. Il a conscience d'avoir évité de très près la mort, mais relativise. "Ma maison est devenue totalement inhabitable, je n'a pu récupérer qu'une partie de mes affaires personnelles: télévision, ordinateur... Mais tout cela, ce n'est que du matériel. Je ne sais pas combien il y avait de voyageurs dans le train, mais rendez-vous compte le massacre que cela aurait pu être si la remorque était chargée". Cet ancien cheminot de 59 ans ne peut s'empêcher de penser au mécanicien du train, qui s'en est heureusement sorti sans blessures graves. Ses voisins sont venus en renfort, et l'un d'eux a promis de l'héberger le temps pour lui de trouver une solution de repli.

Reportage à Toulenne de Rebecca Gil

Le passage à niveau de Toulenne n'est pas répertorié comme point noir selon le député Gilles Savary

Dans un communiqué, le député PS du sud-Gironde Gille Savary : "Nous sommes passés à coté d'une catastrophe. Il y a déjà eu plusieurs accidents mortels ces dernières années sur la ligne Bordeaux-Langon qui doit être la priorité de nos investissements ferroviaires". Selon lui, le passage à niveau de Toulenne n'était pas répertorié comme point noir. Selon Frédéric Carre, le sous-préfet de Langon , "des efforts très importants sont réalisés par la SNCF, ce passage à niveau relie deux sections d'une route communale peu fréquentée, qui dessert notamment un lotissement. Ce passage à niveau ne fait pas partie des passages sensibles, il est automatique et la visibilité est très bonne. A priori, l'enquête devrait le démontrer, il ne s'agit pas d'une défaillance de sécurité du passage à niveau à proprement parler."

Pour Frédéric Carre, sous-préfet de Langon, il ne s'agit pas d'une défaillance