Transports

Troisième ligne de métro à Toulouse : un grand débat public pour quoi faire ?

Par Stéphanie Mora et Vanessa Marguet, France Bleu Toulouse lundi 12 septembre 2016 à 19:21 Mis à jour le mardi 13 septembre 2016 à 12:53

Le tracé prévisionnel prévoit entre 17 et 22 stations selon les options
Le tracé prévisionnel prévoit entre 17 et 22 stations selon les options - SMTC Tisséo

Etes-vous pour la création d'une 3e ligne de métro dans l'agglomération toulousaine ? Est-ce que le projet actuel vous convient, entre Colomiers et Labège à l'horizon 2024 ? Vous êtes invités à donner votre avis pendant trois mois. Une vaste consultation publique démarre cette semaine.

Pourquoi la Commission nationale du débat public organise-t-elle cette consultation ?

C'est une grande consultation qui se fait bien en amont du projet, mais ce n'est pas la même chose qu'une enquête publique qui aura lieu plus tard. Là, c'est la commission nationale du débat public qui est saisie, c’est elle qui est chargée de ce genre de processus dans le cas des très gros projets d'investissement comme Notre Dame des Landes ou la LGV. Son but est de donner la parole à tous pour remettre ensuite aux élus un compte rendu détaillé de ce que pensent les uns-les autres sur des questions assez différentes comme le montre la vidéo ci-dessous.

La commission est composée de sept membres indépendants, elle mènera quatre réunions publiques, dix thématiques, mais aussi des rencontres dans les quartiers, les gares ou les entreprises.... Mais également des questions sur les réseaux sociaux. Le but est de recueillir l'avis d'au moins 10 000 personnes d'ici le 17 décembre. Et ensuite, la commission rendra un avis consultatif au mois de mars, ce qui permettra au SMTC Tisséo de revoir complètement son projet ou juste de l'affiner.

La première réunion publique à l'espace Vanel à 19h ce mardi 13 septembre, dans l'arche de la médiathèque. Mais vous pouvez aussi vous exprimer sur le site  metroligne3toulouse.debatpublic.fr

Le contact sera direct avec les citoyens, grâce à un questionnaire, chacun pourra se prononcer sur cette question prioritaire : est ce que le métro est efficace pour régler les problèmes de bouchon le matin ? Chacun connait les horaires auquel il se déplace, les arrêts qu'il fait, chacun est un expert sur le tracé ou le bien fondé de cette 3e ligne de métro. — Le président de la Commission nationale du débat public, Jacques Archimbaud , invité de France Bleu Toulouse ce mardi.

Jacques Archimbaud, président de la Commission nationale du débat public : "un débat peut parfois éviter des points de crispations".

Jacques Archimbault - Président de la commission du débat public sur la 3eme ligne de métro - Radio France
Jacques Archimbault - Président de la commission du débat public sur la 3eme ligne de métro © Radio France

Un projet important pour Jean-Luc Moudenc

Pour le maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole, Jean-Luc Moudenc, il est important que les gens se saisissent de ce débat public et donnent leur avis.

 C'est important que le débat quitte le champs des élus pour que les citoyens s'en emparent, car au final cette 3e ligne, c'est pour eux ! — Jean-Luc Moudenc

Le président de Toulouse Métropole rappelle que c'est actuellement le projet de transport en commun le plus important dans une métropole française, en dehors du projet de Grand Paris. Il estime que c'est indispensable.

"Ce projet est à la hauteur de notre développemet. On doit assurer d'ici 2025, 500 000 déplacements par jour" - Jaen-Luc Moudenc

Très chère 3e ligne ?

Le projet actuel coûterait entre 1.7 et 2.1 milliards d'€ selon le tracé retenu, la version initiale de référence avec 17 stations entre les usines Airbus de Colomiers et Airbus Defense and Space (anciennement Astrium) au sud-est de Toulouse ou la version rallongée sur laquelle les élus sont à peu près tombés d'accord après une série de compromis et qui irait, elle, de la gare de Colomiers à Labège - La Cadène avec 21 stations au total.

Il y a aussi une autre option qui apparaît dans le débat public, celle de faire passer le métro par l'aéroport de Toulouse-Blagnac (et de créer une 22e station), ce qui coûterait 110 millions de plus, mais Jean-Luc Moudenc l'a dit clairement cet été, cette option ne pourra se faire que si les actionnaires de l'aéroport la finance.

Toulouse Métropole a annoncé cet été être sur la bonne voie pour le financement, avec un gros emprunt de 1,3 milliards d’€ (et d'autres plus modestes) et un tour de table qui comprend l’Europe, l’Etat, la région, le Département et le Sicoval. Mais plusieurs voix s’élèvent en ce début de débat public, notamment dans l'opposition municipale de Toulouse et le maire de l'Union Marc Péré, pour dire que le projet risque d’absorber tous les crédits pour les transports toulousains dans les 15 prochaines années. Plus d'info dans l'Actu éco de France Bleu Toulouse

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