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Transports

Un an après l'effondrement du pont Morandi à Gênes, l'état des ponts français reste inquiétant

- Mis à jour le -
Par , France Bleu

Il y a un an, le viaduc de Morandi s'effondrait à Gênes, faisant 43 morts dont quatre Français. Un an plus tard, où en est-on en France ? Un récent rapport du Sénat n'est pas très rassurant.

L'Italie commémore l'écroulement du pont de Gênes et ses 43 morts, un an après.
L'Italie commémore l'écroulement du pont de Gênes et ses 43 morts, un an après. © AFP - Filippo MONTEFORTE

Une minute de silence est prévue ce mercredi à 11h36 à Gênes, c'est à dire à la minute précise où le pont Morandi s'effondrait le 14 août 2018. Le drame avait fait 43 morts dont quatre Français. L'accident avait aussi mis en lumière la situation peu rassurante en France. Un audit du gouvernement sur 164 grands ponts révélait que vingt-trois devaient être réparés dont deux en urgence : le viaduc d'Echinghen (Pas-de-Calais) et celui de Martigues (Bouches-du-Rhone).

On ignore le nombre précis de pont en France

Un an après ce premier état des lieux du gouvernement, le Sénat a rendu public le 26 juin un rapport montrant des failles dans le système de surveillance et d’entretien de ces ouvrages. 

La commission sénatoriale constate en premier lieu "la _difficulté d’établir avec précision le nombre de ponts_". Approximativement, leur nombre se situe entre 200 000 et 250 000.

25 000 ponts présentent un risque réel

"Un grand nombre de ponts sont dans un état préoccupant et 25 000 présentent un risque réel" a affirmé à franceinfo Hervé Maurey, sénateur centriste de l'Eure, et président de la mission d'information réclamant un plan véritable "Plan Marshall". 

L'Etat ne gère que 10% des ponts, pourtant il ne les entretient pas 

90% des ponts sont gérés par les collectivités territoriales (communes, département..) et seulement 10% par l’État. Et pourtant l'Etat ne les entretien pas suffisamment. Les experts considèrent qu'il aurait fallu y consacrer 110 millions d'euros par an juste pour l'entretien. Nous y consacrons à peine 45 millions. Résultat : "l'Etat a lui-même reconnu que 7% de ses ponts présentaient un risque d'effondrement", précise le sénateur Hervé Maurey. 

L'inquiétude sur les "petits" ponts traversant les petites communes 

Mais dans l'ombre des 164 grands ponts audités par le gouvernement juste après le drame de Gênes, il y a aussi tous les ponts gérés par les collectivités territoriales. Et là, la situation est pire. Les petits ponts construit après-guerre qui traversent les petites communes ont subi la hausse du trafic routier mais sans budget suffisant pour un entretien correct. 

La commission de dix sénateurs réclame un diagnostic de l'ensemble des ponts des communes et intercommunalités. Ils veulent la création d'un fonds d’aide aux collectivités territoriales de 130 millions d’euros par an pendant dix ans.

Des ingénieurs pour aider les petites communes

Les sénateurs, qui ont demandé l'avis à plus d'un millier d'élus, veulent "une gestion patrimoniale des ponts", avec notamment un meilleur suivi et une programmation des travaux nécessaires. 

Dans leur rapport, les sénateurs pointent les défaillances dans le contrôle et le suivi des ponts. "Par exemple, un des murs du pont de Gennevilliers s’est effondré en 2018 alors qu’une inspection, en 2016, ne révélait aucun risque apparent de dégradation".

Parallèlement, les élus de certaines collectivités ne se sentent plus suffisamment épaulés par des ingénieurs capables de les conseiller depuis la suppression de l’assistance technique pour raisons de solidarité et d’aménagement du territoire (Atesat) en 2014. Cette aide permettait d’assurer un suivi des ouvrages des petites communes.

Les sénateurs jugent également nécessaire de mutualiser la gestion des ponts au niveau intercommunal ou départemental.