Transports

Un an après, le boom des bus Macron en Alsace

Par Romane Porcon et Olivia Cohen, France Bleu Alsace et France Bleu Elsass vendredi 5 août 2016 à 18:41

Pour certains, comme Jean et Sophie, le bus Macron lancé en juillet 2015 est devenu un moyen de transport indispensable
Pour certains, comme Jean et Sophie, le bus Macron lancé en juillet 2015 est devenu un moyen de transport indispensable © Radio France - Olivia Cohen

Lancés il y a un an, les "bus Macrons" sont devenus un moyen de transport low cost incontournable en France, plébiscités par quatre millions de voyageurs. En Alsace, quatre compagnies, dont deux consacrées aux connexions interrégionales, desservent quotidiennement Strasbourg, Colmar et Mulhouse.

Avant, on ne pouvait pas voyager en bus d'une région à une autre, mais ça... C'était avant. Depuis le lancement des "bus Macron" il y a un an, ils sont devenus un moyen de transport à petit prix incontournable dans le paysage français : quatre millions de voyageurs ont été conquis. En Alsace, quatre compagnies desservent quotidiennement Strasbourg, Colmar et Mulhouse : Ouibus, filiale de la SNCF aux bus bleus ; Isilines, équipée de bus rouges et qui appartient au groupe Eurolines, reliant l'Alsace au reste de l'Europe ; et enfin, la Franco-Allemande Flixbus, trait d'union entre Alsaciens et Allemands.

Bilan positif, surtout pour le consommateur

Pour les entreprises, l'opération pas encore rentable, elle l'est pour le consommateur : démonstration à la gare routière, place de l'étoile à Strasbourg. Maxime et Alexandre, deux Strasbourgeois en partance pour Toulouse, s'apprêtent à entamer un périple de 22 heures pour un prix défiant toute concurrence :

En Avion, on en avait pour 250 euros, 180 euros pour le train pour 12 heures de trajet. Là, on voyage 22 heures mais on paye un dixième du prix du train : 19 euros !

Maxime, en vadrouille tous les quatre mois cette année, a économisé une centaine d'euros par rapport aux trains - Radio France
Maxime, en vadrouille tous les quatre mois cette année, a économisé une centaine d'euros par rapport aux trains © Radio France - Olivia Cohen

Alexandre teste pour la première fois, sacrément motivé par son copain Maxime le baroudeur, qui depuis le lancement de l'opération, a pris un bus tous les quatre mois en moyenne : il a pu économiser une centaine d'euros en tout.

Dans la file derrière eux, deux tourtereaux, Jean et Sophie, rendent hommage au ministre de l'Economie, parrain de leur amour : "On vit dans deux villes séparées. Grâce aux bus, on a pu se voir plus souvent à Strasbourg !" Jean le Toulousain en a bien profité, car il le sait, les tarifs vont augmenter :

Quand une entreprise se lance, pour attirer le chaland, elle pratique des 'prix d'appel' qui ne lui permettent pas d'être rentable. Pour tenir sur le long terme, les compagnies relèveront leurs prix, c'est normal !

La guerre des prix est lancée

Si les prix montent, la passion pourrait retomber entre Alsaciens et bus Macron. Alors les compagnies comptent bien mettre en avant leurs autres atouts dans les mois qui viennent, notamment leurs bus de nuit, leurs trajets directs qui n'existent pas ou plus à la SNCF et leur constante adaptation à la demande du client. Une chose est sûre, la concurrence s'annonce rude.

Les bus bleus de la compagnie Ouibus, filiale de la SNCF - Radio France
Les bus bleus de la compagnie Ouibus, filiale de la SNCF © Radio France - Olivia Cohen

En Alsace, deux compagnies se concentrent sur les trajets intérrégionaux : Ouibus et Isilines. C'est entre ces deux-là que le combat sera le plus rude. Déjà, Ouibus clame ses bons taux de remplissage pour l'été : 75% les 30 et 31 juillet, le gros week-end de chassé-croisé, contre un peu plus de 50% le reste de l'année. De son côté, Isilines affirme avoir fait mieux et parle de 80% de sièges complets pour le même week-end.

La guerre des prix est lancée : la compagnie qui proposera les tarifs les plus bas l'emportera dans ce bras de fer.

Les voyageurs, grands gagnants des bus Macron pour cette première année - par Romane Porcon

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