Transports

Un rassemblement à Canfranc pour la réouverture de la ligne jusqu'à Bedous

Par Axelle Labbé, France Bleu Béarn dimanche 16 juillet 2017 à 17:54

Des manifestants espagnols à la gare de Canfranc, en Aragon, ce dimanche
Des manifestants espagnols à la gare de Canfranc, en Aragon, ce dimanche © Radio France - Axelle Labbé

Plus de 150 personnes, en majorité des Espagnols, se sont rassemblées à Canfranc dimanche matin pour célébrer les 89 ans de l'inauguration de la gare aragonaise, et demander la réouverture de la ligne entre Bedous et Canfranc.

Depuis un peu plus d'un an, le premier tronçon de l'ancienne ligne transfrontalière, entre Oloron et Bedous, est en service. Il ne reste plus qu'à prolonger la liaison. Alain Cazenave, le président d'honneur du CRELOC, l'association qui milite pour la réouverture, a bon espoir : "aujourd'hui, contrairement aux autres années, il y a un vent d'optimisme qui souffle. Parce que les bonnes nouvelles tombent les unes après les autres : engagement de l'Etat français, de l'Etat espagnol, et là dessus l'Europe qui finance la moitié des études préparatoires, et certainement le reste. Donc ce ne sont que des bonnes nouvelles. Mais nous, au CRELOC (Comité pour la réouverture de la ligne Oloron-Canfranc), on se méfie. On a eu tellement de faux espoirs, tellement douchés, que tant que les travaux ne seront pas engagés, nous continuerons d'appuyer pour que ça rouvre".

Alain Cazenave, président d'honneur du CRELOC

12 millions d'euros le kilomètre

Le coût du chantier est estimé à 400 millions d'euros, pour 33 kilomètres de voie ferrée. Mais il faut relativiser explique Bernard Uthurry, vice-président de la région Aquitaine en charge du développement économique : "ça coûte très cher. Nous sommes sur les coûts ferroviaires, nous sommes sur le temps ferroviaire aussi et sur des chantiers qui s'amortissent sur 100 ans, 40 ans pour les machines. Donc il faut relativiser. Le coût du ferroviaire ne doit pas non plus nous faire oublier le coût de la route, dont on ne parle jamais. On considère que les routes sont des sentiers tracés par nos prédécesseurs dans la montagne. Ce n'est pas du tout le cas, il y a des coûts de maintenance qui ne sont pris en charge que par les collectivités ou l'État, jamais par ceux qui les utilisent. Ces chantiers là, leur coût se mesure dans le temps, à l'échelon du siècle".

Bernard Uthurry, vice-président de la région Aquitaine

La région a été condamnée par le Tribunal administratif à communiquer aux opposants à la réouverture l'étude de rentabilité de la Pau-Canfranc. Ce qui n'a toujours pas été fait. Bernard Uthurry assure que c'est "juridiquement à l'étude", et que "s'il faut la donner, on la donnera".

Le parvis de la gare de Cafranc - Radio France
Le parvis de la gare de Cafranc © Radio France - Axelle Labbé

Parmi les manifestants, il y avait Rosa, militante du CREFCO, l'association aragonaise pour la réouverture de la ligne. Elle faisait le voyage en train entre Saragosse et Pau quand elle était petite. Elle se souvient des magnifiques paysages, du changement à la gare de Canfranc, deux fois par an. "On a eu de la peine quand ça s'est terminé, raconte-t-elle. Cela me fait très plaisir de revenir ici, en pleine lutte. Les gouvernements espagnol et français ne veulent pas dépenser d'argent parce qu'ils disent que ce n'est pas rentable. Mais les hôpitaux, les écoles ne sont pas rentables non plus. Mais il en faut. Sinon, comment es-ce qu'on fera?"

Rosa prenait le train de Saragosse à Pau quand elle était petite