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Transports

Moselle : vers la privatisation du réseau de bus Trans Fensch?

jeudi 23 novembre 2017 à 5:32 Par Jordan Muzyczka, France Bleu Lorraine Nord

Dans un rapport commandé par la préfecture de Moselle à la direction régionale des finances publiques, il est préconisé que le réseau de bus nord-mosellan Trans Fensch soit privatisé. L'entreprise publique est minée depuis près de deux ans par des problèmes d’absentéisme.

Citéline, la marque de bus du réseau Trans Fensch. 30 000 personnes les empruntent quotidiennement.
Citéline, la marque de bus du réseau Trans Fensch. 30 000 personnes les empruntent quotidiennement. © Radio France - Jordan MUZYCZKA

Thionville, France

C'est à n'en pas douter un rapport qui va faire couler beaucoup d'encre: celui commandé par la préfecture de Moselle à la direction régionale des finances publiques concernant le réseau de bus nord-mosellan Trans Fensch. A l'intérieur, il est préconisé de procéder à une délégation de service public, c'est-à-dire une privatisation durant un laps de temps déterminé.

Une décision lourde de sens, tant Trans Fensch apparaît affaiblit, minée par les problèmes internes.

Absentéisme chronique

Citéline, la marque de bus du réseau Trans Fensch dessert 35 communes: celles de la communauté d'agglomération Portes de France-Thionville (Thionville, Kuntzig,...); celles de la communauté d'agglomération du Val de Fensch (Hayange, Nilvange, ...); et d'autres villes du secteur, comme Cattenom ou Guénange.

30 000 personnes l'empruntent quotidiennement.

Elles font face depuis près de deux ans à des retards constants, ou tout simplement à des trajets qui ne sont plus assurés. On estime le taux d'absentéisme des chauffeurs à plus de 25 voire 30% par périodes. Le maire de Lommerange en a fait l'expérience, comme celui de Nilvange.

Les gens viennent me voir en me disant que telle ligne n'est pas passée ce matin, qu'ils ont dût attendre 30 minutes dans le froid..."- Moreno Brizzi, maire de Nilvange.

Mais Moreno Brizzi ne veut pas entendre parler de cette privatisation: "Privé, ça veut dire rentabilité. Et la rentabilité, c'est au détriment de la qualité des services". Avec, selon lui, "des lignes qui seront supprimées", prédit l'élu.

Simplifier le mille-feuille

Seulement voilà, la mue a bel et bien débuté. Depuis le mois de septembre 2017, la direction a décidé de procéder à des économies de trajets, peu fréquentés (et peu rentables): moins 400 000 km sur l'année.

Le mille-feuille a également été simplifié. Auparavant, trois entités juridiques étaient regroupées pour gérer le réseau d'autocars: la SPL (société publique locale, en charge du transport dans sur les 35 communes), la SEM (société d'économie mixte, en charge des transports transfrontaliers avec le Luxembourg) et le GIE (groupement d’intérêt économique, qui encadre la SPL et le SEM).

Depuis le 22 novembre, il n'y a plus que deux entités la SPL et le GIE. A terme, il n'y en aura plus qu'une: la société publique locale. "Ça va permettre de remettre les choses à plat, et que tout soit plus simple à gérer", explique Patrick Becker, maire de Kuntzig et vice-président du Smitu, le syndicat mixte des transports urbains Thionville Fensch.

La privatisation, acte deux

Une course aux économies qui doit empêcher Trans Fensch d'en arriver à privatiser ses services. Roger Schreiber, le président tout récent du Smitu, élu au mois d'octobre, y est opposé. Il n'hésite pas à agiter le chiffon rouge des emplois, "Une délégation de service public, ça peut conduire à un plan social...", et à tacler une partie de ses prédécesseurs, ceux qui ont mis en place le transport transfrontalier avec la "SEM", "Ça nous a plombé deux millions d'euros par an".

La CFDT a d'ores et déjà annoncé soutenir un projet de privatisation, à condition que les 240 chauffeurs conservent leurs acquis sociaux. Un bon moyen de secouer l'entreprise: " On est dans le brouillard", commence Younès Selmani, le représentant syndical. "En quatre ans, on a eu quatre présidents et trois directeurs..."

Des chauffeurs sont prévenus à la dernière minute qu'ils vont travailler le lendemain. Normalement d'après nos accords, on doit l'être trois jours avant." - Younès Selmani, représentant CFDT

Au début des années 2000, une privatisation, auprès de l'opérateur Transdev avait déjà été étudié, sans que le projet n' aboutisse. A cette période, Transdev possédait 49% des parts, le Smitu possédabt les 51% restant.