Rugby

UBB / Montpellier | Heini Adams : "Jouer un an ou deux de plus, ici ou ailleurs"

Par Arnaud Carré, France Bleu Gironde dimanche 6 septembre 2015 à 8:00

Heini Adams, ici lors d'un match de pré-saison à Bayonne.
Heini Adams, ici lors d'un match de pré-saison à Bayonne. © Radio France

Absent des deux premières journées, confronté à la concurrence des jeunes Serin et Lesgourgues, le demi de mêlée sud-africain fait son retour dimanche (16h15) face au MHR. Motivé comme un gamin qui, malgré ses 35 ans, n'a qu'un seul moteur : le plaisir. Entretien.

France Bleu Gironde : vous êtes prêt ?

Heini Adams  : Ca fait du bien de revenir sur le terrain. Ca a été un moment un peu difficile pour moi, le fait de ne pas jouer. Je n’en ai pas l’habitude. Mais je dois être prêt dimanche pour aider l’équipe à jouer avec confiance après la défaite à Oyonnax. C’est toujours bien de jouer le week-end parce que j’adore ça. Donc j’attends dimanche avec impatience.

Les entraîneurs vous avaient prévenu de ce turnover avec Baptiste Serin et Yann Lesgourgues ?

Un professionnel veut toujours jouer. Tu veux montrer aux gens ce que tu peux apporter. Pour moi, c’est un peu différent car ça fait cinq ans que je suis là.  Ici je fais un peu partie des meubles. Mais en tant que sportif, c’est un peu dur à accepter. Par rapport à ce que j’ai donné au club mais, dans un sens, je dois l’accepter. Ce que font les entraîneurs, c’est bon pour le club

Je ne pense pas que ce sera ma dernière année. Je ne sais pas ce que l’avenir me réserve mais j’ai toujours l’investissement, j’ai toujours l’énergie pour jouer un an ou deux de plus. Ici ou ailleurs mais, comme je l’ai dit, je suis un sportif et peu importe où je vais, je veux juste prendre du plaisir à jouer au rugby.

C’est plus dur à accepter quand on a 35 ans ?

C’est du sport, tout le monde doit avancer, le club a besoin d’avancer. Vous comprenez, il ne s’agit pas de moi, il s’agit du club et de son avenir. Le club se prépare un futur éclatant avec les deux numéros 9 qui sont ici. Mais tant que je serai ici, j’essaierai de donner le meilleur de moi-même.

C’est votre dernière saison ?

Dans ma tête, ce ne sera jamais ma dernière saison. Je donnerai toujours tout, j’essaierai toujours de repousser mes limites. Je ne pense pas que ce sera ma dernière année. Je ne sais pas ce que l’avenir me réserve mais j’ai toujours l’investissement, j’ai toujours l’énergie pour jouer un an ou deux de plus. Ici ou ailleurs mais, comme je l’ai dit, je suis un sportif et peu importe où je vais, je veux juste prendre du plaisir à jouer au rugby.

L'expérience de Heini Adams sera précieuse face au MHR. - Radio France
L'expérience de Heini Adams sera précieuse face au MHR. © Radio France

Le fait que des grands joueurs arriveront à Bordeaux après la coupe du monde, ça change votre regard sur la saison ?

Depuis qu’on est en Top 14, on sent que chaque année, le championnat devient plus dur, plus difficile. C’est un sport professionnel et c’est normal de voir arriver de plus grands joueurs après la coupe du monde. Je ne pense pas que ce soit un changement d’état d’esprit. C’est juste que tout le monde veut être compétitif. Regardez Toulon qui a fait venir des stars il y a déjà trois ans. Tous les présidents du Top 14 investissent pour gagner. Et plus tu gagnes, plus tu as de gens dans le stade et plus tu fais d’argent.

Ca change quelque chose de jouer avec Julien Rey ou avec Adam Ashley-Cooper ?

Tu es forcément excité quand tu vois arriver des joueurs de classe mondiale. Mais pour moi, jouer avec Juju (ndlr : Julien Rey) depuis toutes ces années, c’est une question de respect. Tu crées un lien fort. Quand ça va mal, on est là, quand ça va bien aussi.  On est encore sept à avoir participé à la montée en Top 14 et il y a énormément de respect entre nous.

On a été tout près d’accrocher la qualification la saison dernière, on a failli battre Toulouse chez lui et, dans la foulée, on est allé puiser au fond de nous pour aller gagner le barrage en Angleterre face à Gloucester. Ca montre qu’on est une équipe de qualité. Et quand j’étais devant ma télé pour regarder le match à Oyonnax, je n’ai pas reconnu les gars. Mais dimanche on va se relever et jouer le rugby que les gens aiment nous voir jouer.

Vous avez alterné le bon face à Castres (19-16) et le mauvais à Oyonnax (37-19). Quel visage face à Montpellier ?

On n’a pas bien joué à Oyonnax. Tout est une question de combat, de dimension physique du rugby.  J’espère que mentalement et physiquement, on sera bon dimanche parce que si vous regardez l’équipe de Montpellier, elle a un style sud-africain basé sur la domination de ses avants. On doit être prêts, plus qu’on ne l’a été à Oyonnax, pour gagner.

Heini Adams attaque sa sixième saison avec l'UBB. - Radio France
Heini Adams attaque sa sixième saison avec l'UBB. © Radio France

Vous étiez en colère en voyant l’UBB à Oyonnax ?

Je suis toujours en colère quand on ne fait pas un bon match. Nos capacités sont toujours là. On vaut mieux que ça. On a été tout près d’accrocher la qualification la saison dernière, on a failli battre Toulouse chez lui et, dans la foulée, on est allé puiser au fond de nous pour aller gagner le barrage en Angleterre face à Gloucester. Ca montre qu’on est une équipe de qualité. Et quand j’étais devant ma télé pour regarder le match à Oyonnax, je n’ai pas reconnu les gars. Mais dimanche on va se relever et jouer le rugby que les gens aiment nous voir jouer.

L’UBB sera-t-elle au rendez-vous des phases finales cette saison ?

On est une bonne équipe. On avait annoncé le Top 6 l’an dernier et on a échoué de peu. Comme l’année d’avant quand on avait perdu à Chaban-Delmas face à Toulon. On essaie toujours d’attendre notre but et j’espère que cette année sera la bonne.