Cinéma

René Goscinny au cinéma

Par Laurent Coviaux, France Bleu vendredi 29 septembre 2017 à 12:54

Astérix et Obélix, mission Cléopâtre
Astérix et Obélix, mission Cléopâtre - @Pathé Distribution

Avec la sortie du hors-série de Paris Match "René Goscinny et compagnie" et à quelques jours de l'ouverture d'une rétrospective sur le même sujet à la Cinémathèque française, la passion et la fascination que René Goscinny nourrissaient pour le cinéma apparaissent plus fortes que jamais.

René Goscinny n'a au bout du compte écrit et réalisé que 4 longs-métrages de cinéma, Astérix et Cléopâtre (1968), Daisy Town (1971), Les 12 travaux d'Astérix (1976) et La Ballade des Dalton (1978). Mais - et on le sait beaucoup moins - il a aussi beaucoup écrit pour le cinéma ou la télévision, été gagman pour Bourvil, écrit le scénario du Viager de Pierre Tchernia mais aussi créé les studios Idéfix.

« Je crois qu'il faut écrire pour la bande dessinée comme il faut écrire pour le cinéma. »

Et René Goscinny s'est en retour aussi beaucoup nourri de cette passion pour le cinéma, un univers qui imprègne son oeuvre, des décors de péplum des albums d'Astérix aux grandes chevauchées des westerns de John Ford pour Lucky Luke.

Les personnages de Goscinny, des stars de cinéma !

Le cinéma a fini par faire - inévitablement diraient certains - à faire des personnages imaginés par Goscinny de vrais stars de cinéma. Astérix et les irréductibles gaulois, Lucky Luke, Jolly Jumper et Rantanplan, Le Petit Nicolas et ses copains sont tous devenus des personnages de dessins animés et/ou de films, même si leurs succès ne sont pas tous comparables ni durables.

Astérix, la star

Le petit gaulois a très vite suscité l'intérêt du cinéma, sous la forme du dessin animé pour commencer. Dès 1967 Astérix le gaulois apparaît au cinéma, une adaptation réalisée sans en informer ses créateurs qui finissent par donner leur accord avant la sortie - et rencontre le succès, plus de 2,4 millions d'entrées. Plusieurs adaptations vont suivre, cette fois avec l'aval de Goscinny et Uderzo, et toujours avec succès - et avec la voix de Roger Carel, désormais associé pour toujours à son personnage. Il faudra ensuite attendre la fin des années 90 pour voir Astérix incarné par un comédien, ce sera Christian Clavier dans Astérix et Obélix contre César, réalisé par Claude Zidi. Le public est au rendez-vous, près de 9 millions de spectateurs vont voir le film.

Alain Chabat réalise ensuite Astérix et Obélix, mission Cléopâtre, avec un casting de choix et beaucoup d'humour, le film devient l'un des plus gros succès du box-office français avec 14 559 509 entrées. Les deux films suivants, Astérix aux Jeux Olympiques (Thomas Langman et Frédéric Forestier), et Astérix et Obélix : Au service de Sa Majesté (Laurent Tirard) ne connaîtront pas le même engouement. Mais ce ne sera pas pour autant la fin des aventures d'Astérix au cinéma, Alexandre Astier et Louis Clichy vont lui redonner une nouvelle jeunesse, en film d'animation cette fois en 2014, avec Astérix : Le Domaine des dieux.

Le Petit Nicolas, un nouveau succès

Ecrit entre 1956 et 1965 par Goscinny et illustré avec talent par Sempé, Le Petit Nicolas ne devient une vedette de cinéma qu'en 2009 dans un premier film réalisé par Laurent Tirard, dans lequel Valérie Lemercier et Kad Merad incarnent les parents du jeune héros. Le succès est au rendez-vous, 5,5 millions d'entrées, et rend possible un deuxième film, Les vacances du Petit Nicolas 5 ans plus tard. L'accueil est plus réservé même si les personnages et les ingrédients demeurent identiques, près de 2,5 millions de spectateurs se rendent cependant dans les salles.

Lucky Luke, un héros moins populaire au cinéma

Le cow-boy solitaire ne connaît pas le même destin que le petit gaulois sur le grand écran. Le premier à l'incarner au cinéma - et à réaliser le film - s'appelle Terence Hill, le film s'appelle Lucku Luke et sort en 1991. Il ne reste pas dans les mémoires. Ce sont ensuite Eric et Ramzy qui réalisent Les dalton, un film dans lequel le héros n'apparaît que dans 4 ou 5 scènes, le film est très critiqué notamment en Belgique mais réunit néanmoins près de 2 millions de spectateurs.

La plus récente adaptation (2009) est signée James Huth, avec Jean Dujardin dans le rôle principal. Là encore l'accueil critique est peu favorable et le film réunit 1,8 millions de spectateurs en 5 semaines.

Iznogoud, un projet avorté puis un film mal reçu

Un premier projet d'adaptation est imaginé dans les années 70 par René Goscinny et Pierre Tchernia, qui pensait confier le rôle à Louis de Funès, un projet finalement abandonné après le décès de Goscinny en 1977. L'infâme grand-vizir qui veut devenir calife à la place du calife a finalement inspiré Patrick Braoudé, qui signe le scénario et la réalisation de Iznogoud en 2005. Michaël Youn et Jacques Villeret incarnent les deux personnages principaux. Le film est très mal reçu par la critique mais aussi par le public, près de 2,5 millions de spectateurs vont cependant le voir en salles mais le notent très très négativement dans l'ensemble.

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