Climat – Environnement

Le 21 juin 2017

Chaleur : les ouvriers de chantier ont eu une semaine difficile à Rouen

Cet ouvrier a dû mettre son chasuble sous son casque pour se protéger du soleil.
Cet ouvrier a dû mettre son chasuble sous son casque pour se protéger du soleil. © Radio France - Sixtine Lys

Le 21 juin a été la journée de juin la plus chaude de France depuis 1945. Parmi les personnes les plus touchées par ces très fortes températures, il y a ceux qui travaillent en extérieur, ou ceux qui ont un emploi physique. Les ouvriers des bâtiments travaux publics cumulent les deux.

Pas facile de travailler en plein soleil le jour de juin le plus chaud de France depuis 1945. Ils l’ont pourtant fait, mercredi 21 juin, les ouvriers des bâtiments travaux publics, un peu partout dans les rues de Rouen.

Il est 10 H, Johnny fait du marquage au sol dans une rue du centre-ville, il transpire à grosses gouttes. Il fait déjà près de 30 degrés. Ce matin, il a pu commencer plus tôt, à 6 H au lieu de 7 H 30, afin d’arrêter en milieu d’après-midi, au moment des heures les plus chaudes. Avec cette canicule, certains employeurs permettent d’aménager les horaires de quelques heures, en fonction du type de travaux et de l’emplacement.

Travailler en plein soleil par près de 35 degrés

Tout près, rue des Carmes, Alban fait de l’enrobé, chauffé à 180 degrés dans un secteur en plein soleil. Pour supporter la chaleur, lui a décidé d’alléger sa tenue. Il a troqué le haut à manches longues obligatoire pour un tee-shirt, qu’il change plusieurs fois par jour tant il transpire. Et une casquette à la place du casque de sécurité, uniquement parce qu’il ne travaille pas avec des machines pour l’instant, assure-t-il.

Pour le groupe de quatre ouvriers qui applique du macadam, tout près du musée des Beaux-Arts, c’est bouteille d’eau à volonté. Un restaurateur du quartier a accepté de leur garder au frais. S’hydrater, c’est primordial, s’ils ne veulent pas être victimes de malaises ou d’étourdissements. Quand le soleil devient vraiment trop assommant, ils s’autorisent une pause à l’ombre et se relaient aux machines.

Deux ouvriers font une pause à l'ombre de leur camion, près du musée des Beaux Arts. - Radio France
Deux ouvriers font une pause à l'ombre de leur camion, près du musée des Beaux Arts. © Radio France - Sixtine Lys

Patrice, lui, n’a pas accès aux vestiaires s’il veut se reposer un peu. Il découpe des rambardes sur le pont Boieldieu et est obligé de porter une combinaison et une veste en peau pour se protéger des projections de plomb. Il doit se décontaminer avant d’entrer dans les parties communes. Quand il a besoin d’une pause, il privilégie les quais, pour prendre un peu l’air. Mais l’air n’est pas très frais à Rouen. Jusqu’à 37 degrés à l’ombre dans l’après-midi et pas un souffle de vent.

Tous le reconnaissent, ils ont l’habitude de travaux physiques, mais pas par des températures pareilles. « On est deux fois plus fatigués, un peu mous. On n’a pas la même cadence », reconnait Patrice. Chacun attend avec impatience le retour à la normale et la fin de la canicule. Le rafraîchissement devrait commencer vendredi 23 juin par l’ouest, même si l’on restera au-dessus des normales de saison.

Les ouvriers du BTP subissent la chaleur et la canicule