Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Dossier : Comprendre l’incorporation de force 75 ans après, les témoignages des Malgré-Nous

Etienne Wessang d'Ingersheim, malgré-nous

-
Par , France Bleu Elsass
Ingersheim, France

75 ans après l'incorporation de force des alsaciens et alsaciennes dans l'armée allemande, France Bleu Elsass vous propose les témoignages des incorporés de force, enregistrés en 2012.

Etienne Wessang
Etienne Wessang - DNA

Etienne Wessang est né le 19 août 1928 à Ingersheim (Haut-Rhin).

Réécoutez-le parler de son retour de la guerre. Il regrette la généralisation du cas d'Oradour-sur-Glane, et ne pourra jamais entièrement pardonner la destruction de sa jeunesse :

Etienne Wessang

Voici un texte publié sur le site malgre-nous.eu : Etienne WESSANG : Face aux Russes à 16 ans

« J’ai dû me présenter à Colmar le 19 novembre 1944 pour partir au RAD avec un groupe d'environ 300 garçons de la région de Colmar du même âge. Rappelons que ce jour était le début de l’offensive française dans le Sundgau. Cela n'était pas connu, sinon mes parents auraient sûrement réagi.

Je n'avais que 16 ans. Avec sept camarades d'Ingersheim, nous étions dès le 23 novembre (jour de la libération de Strasbourg) au sud de Koenigsberg, en Prusse orientale, déjà sous la neige. Nous avons de suite échangé nos vêtements civils contre l'uniforme brun du RAD, mais, en plus de la bêche, nous avons touché le fusil K98, puis des Panzerfaust car les Russes n’étaient pas bien loin !

Début janvier – nous avions entre-temps reçu l’uniforme de la Wehrmacht – nous entendions tout près le canon, russe bien sûr. Nous étions chargés d'approvisionner en munition les unités combattantes et c'est au cours d'une telle opération que mon ami Kerchenmeyer, lui aussi d'Ingersheim, fut fait prisonnier par les Russes. Je pus en réchapper par miracle. Kerchenmeyer ne reviendra jamais. C'est dur de vivre cela à 16 ans.

Les Russes enfoncèrent les lignes et ce fut le sauve-qui-peut général pour les civils et les militaires en direction de la mer Baltique. Nous avons essayé de traverser le Frisches Haff, un bras de mer gelé, pour arriver sur la côte baltique. Sur la glace, qui venait d'être brisée, notre salut résidait en une poutre, mais le bas du corps se trouvait dans les eaux glacées.

Dans un village, les civils, paniqués, subissaient les attaques au canon et aux avions. Je ne sentais plus mes pieds, je ne pouvais plus mettre mes souliers, remplacés par des chiffons : j’étais incapable de me déplacer, mais je fus hissé sur un bateau qui m'amena au Danemark.

Là-bas, c'était la paix et j'ai eu la chance d'être opéré. On m'a amputé des deux avant-pieds. En mai, une mission militaire comprenant un officier français s'occupa de moi. Après Flensbourg et Hambourg, je me rapprochais de l'Alsace.

Je venais d'avoir 17 ans, je n'ose pas dire que “j'ai fêté mes 17 ans”.

Après un passage au Centre de démobilisation de Chalon-sur-Saône, j'arrivais à Ingersheim le 5 octobre 1945, vivant peut-être, mais ma jeunesse était terminée. Essayons de survivre... ».

Choix de la station

À venir dansDanssecondess