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Feria de Mont-de-Marsan, le sauvetage par la volonté !

Par Pierre-Albert Blain, France Bleu Gascogne jeudi 23 juillet 2015 à 22:00

Juan José Padilla, qui a assuré le spectacle et remporté la première oreille de ces corridas 2015
Juan José Padilla, qui a assuré le spectacle et remporté la première oreille de ces corridas 2015 © Radio France - Henri Stassinet

Deuxième corrida de la Madeleine ce jeudi, une oreille pour Padilla, une pour Dufau, Manzanares dans la soie et... les mauvais toros de Juan Pedro Domecq.

Ce jeudi traditionnelle novillada sans picador, le provençal Adrien Salenc coupe deux oreilles à un excellent becerro de Casanueva.

Le soir, 2e corrida du cycle. Toros de Juan Pedro Domecq pour Juan Jose Padilla, Manzanares et le gascon Thomas Dufau. Arène pleine et les premiers trophées de la feria : une oreille pour Padilla, une pour Dufau, course décevante en ce qui concerne les toros de peu de race et Manzanares auteur sec d’une première splendide faena.

Une oreille pour Padilla au terme de son deuxième combat. Une oreille pour la ferveur, l’envie, le spectaculaire. Padilla torée à genoux, se relève, pose les banderilles, torée avec enthousiasme. Tout cela n’ a rien d ‘académique, loin s'en faut, tout cela est bien loin des grandes heures de bretteur du Padilla d’antan mais le Jack Sparrow du toreo met du coeur pour séduire. Le borgne héroïque tue propre et coupe le trophée de l’affection. 

Manzanares lui touche un lot pourri. Le cinquième est impropre, il essaie et tente jusqu’au bout de l’histoire. A son premier Domecq,  le fils prodige du génie de feu son immense père, ourle une faena grande, onctueuse, lente, profonde, une mélodie du bonheur, plein centre piste, tirant, sur la droite, des passes que l’on n’imaginait pas possible, expurgeant le toro de sa quintessence invisible au profane, inventant de la classe au Domecq domestique.Un nectar pour amateurs de grands crus. L’élégance et le raffinement d’un des meilleurs toreros au monde. Intègre aussi.

José Maria Manzanares, qui malgré son talent et sa débauche d’énergie n’a pas pu faire des miracles avec ses taureaux décevants - Radio France
José Maria Manzanares, qui malgré son talent et sa débauche d’énergie n’a pas pu faire des miracles avec ses taureaux décevants © Radio France - Henri Stassinet

Dufau et ses trois contrats de la saison faisait figure d’appendice sur ce cartel de matadors à quatre-vingt courses par an. Le gascon s’est employé face au denier cornu à aller chercher cette oreille légitime qui lui fait tellement de bien. "Porta gayol", seul à genoux face au toril, brillant toreo de cape, banderilles, Dufau a voulu… et puis il y a eu, preuve de sa qualité, ces deux séries suaves, profondes, liées, de la main droite qui racontent le potentiel du landais. Une oreille sans discussion même après un échec à l’épée...

le local de la soirée, Thomas Dufau, volontaire et combattif qui a décroché la seconde oreille de cette corrida - Radio France
le local de la soirée, Thomas Dufau, volontaire et combattif qui a décroché la seconde oreille de cette corrida © Radio France - Henri Stassinet

Les toros  des Juan Pedro Domecq, juste en présentation, vides, nobles à en être bêtes…sans race.

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