Événements

Ferias de Dax : des toros et des malins

Par Pierre-Albert Blain, France Bleu Gascogne mercredi 15 avril 2015 à 8:33

Analyse des cartels de la saison taurine dacquoise dévoilés hier mardi soir. Une temporada axée sur le toro sérieux et sur une variété pertinente de matadors.

Rappel des cartels de la temporada dacquoise 2015

Jeudi13 aout Diego Urdiales, Joselito Adame et Juan Leal face aux toros de Jandilla.

Vendredi 14 aout, Ponce, Fandiño et Daniel Luque devant les Bañuelos.

Samedi 15 aout. Le matin, El Juli, Manzanares, Pepe Moral et les toros de Domingo Henandez. Le soir,  Castaño, Perez Mota et Juan del Alamo face aux Pedraza de Yeltes.

Dimanche 16 aout, le matin corrida à cheval avec Hermoso de Mendoza, Andy Cartagena et la nîmoise Léa Vicens. Clôture de feria le soir, Rafaelillo, Manuel Escribano et Alberto Aguilar devant les Escolar Gil.

  « Toros y Salsa ». Samedi 12 septembre corrida des Celestino Cuadri pour Robleño, Castaño et Alberto Lamelas. Dimanche 13 septembre Juan Mora, Manzanares et Perera devant un lot de Montalvo.

 

Ce qui saute aux yeux à la lecture des cartels dacquois c’est la jolie, pertinente et très opportune diversité des toreros engagés. Tant du point de vue de la variété des styles proposés que de l’offre générationnelle. Luque, Leal, Pepe Moral, Juan del Alamo, Aguilar, Vicens, Adame, Lamelas en septembre, font partie d’une classe pas encore trentenaire. Castaño, Robleño, Ponce et Juan Mora, eux, sont vieux combattants, plus de deux mille cinq cents corridas en vingt-cinq ans de carrière pour Enrique Ponce qui retrouve son jardin du parc Théodore- Denis après sa « succulentissime » faena d’aout dernier. Il y a aussi dans cette composition dacquoise la volonté d’organiser chaque corrida, de la penser, de la constuire. Urdiales, Adame, matadors de grand sérieux seront aux cotés de Juan Leal qui n’a torée lui que sept courses l’an passé.  Manzanares et Castaño viendront deux fois, le premier en aout  avec El Juli et Pepe Moral face aux Domingo Hernandez, puis en septembre devant les Montalvo avec Mora et Perera. Castaño affrontera à l’Assomption les Pedraza de Yeltes et à « Toros y salsa » les Célestino Cuadri.Tout cela est « monté », conçu. Le 15 aout comme l’année  dernière sera journée double avec le soir le retour donc très espéré des Pedraza. La ganaderia de Salanque avait marqué l’histoire taurine française il y a un an avec un lot vibratoire grandement et justement récompensé par tous les horizons tauromaches l’automne dernier.

 Dax veut du toro et aura du toro.

La politique de choix sérieux adoptée depuis quelques années par la commission taurine qui seule à haute main sur les cartels ayant payé il n’y avait pas de raison de déroger. D’autant que cette coloration « torista » de la temporada suit à un poil de Cuadri près la tendance générale du public français qui demande d‘abord du bétail en présentation impeccable et de la vitalité animale. De la race, des charges, du volume en piste. Les dacquois ne se sont pas trompés sur le papier. Même si en terre taurine on sait que la carrosserie ne fait pas forcément le moteur, le sérieux extrême des lots annoncés laisse espérer de la consistance en piste. Jandilla le nectar de Domecq, Bañuelos les toros des hautes terres castillanes, bien sûr Escolar Gil- lot superbe-  comme les Celestino Cuadri de septembre, tous sont là pour valider une conception extrêmement sérieuse de la tauromachie sur les bords d’Adour. Et puis bien évidemment Pedraza de Yeltes, l’élevage qui l’an dernier a profondément bouleversé le public par sa caste et sa puissance mobile. Cette course désormais historique est l’une dix meilleures corridas de ces trente dernières années en France. Et puis Castaño qui est programmé devant les Pedraza et les Cuadri c’est aussi Tito Sandoval, le meilleur picador actuel et sa démonstration de majesté équestre, et avoir Sandoval devant des grands toros exigeants c’est se donner une garantie supplémentaire de spectacle rare. Castaño est à Dax deux fois mais c’et surtout l’immense Sandoval qui est invité à deux

reprises pour la maestria spectaculaire de ses « bregas ». Le défi est grand pour la plaza dacquoise qui avait livré une féria d’aout 2014 incandescente, un grand millésime. Il est dur en tauromachie de répéter les triomphes. Mais il est une assurance à la lecture des cartels, les ingrédients sont dans la garbure dacquoise.