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Madeleine, y ole !

Par Pierre-Albert Blain, France Bleu Gascogne mardi 15 juillet 2014 à 16:27

les arènes de Plumaçon à Mont de Marsan
les arènes de Plumaçon à Mont de Marsan © Radio France

La féria de Mont-de-Marsan débute ce mercredi, cinq corridas, une novillada piquée, une sans picador au programme pour les Fêtes de la Madeleine 2014.

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Ouverture ce mercredi après le traditionnel concours landais de la partie corrida de la feria de la Madeleine.

Au menu : cinq courses,une novillada piquée et une novillada sans picador. L’axe de la feria, les toros , en priorité et un seul torero répété, le basque Ivàn Fandiño  triomphateur de l’édition 2013.

Première corrida ce mercredi soir 18h dans les arènes du Plumaçon, à l'affiche : Toros de Zalduendo pour Morante de la Puébla, Jose Maria Manzanares et le landais Thomas Dufau.

Tous les jours à midi France Bleu Gascogne propose « Callejon » spécial feria. Invités et commentaires depuis le « sorteo ». Tous les soirs 17h50 retransmission en direct de la corrida avec Pierre-Albert Blain et Julien Lescarret.

À suivre en direct sur France Bleu Gascogne

Il y a cette ouverture ce soir riche et belle avec Thomas Dufau, local de l’étape en pleine espérance, bien dans son toréo depuis le début de la saison. Il va succéder à deux monstres sacrés. Manzanares et Morante, deux matadors de luxe, deux exégètes de la tauromachie plastique, artistique, pure. Jeudi, premier lot de toros sérieux. Cartel éclectique. Antonio Ferrera, matador d’extrême sud, arbitre le duel d’El Juli et de Fandiño. Les deux ne peuvent pas se saquer. El Juli dans son jardin montois, le basque qui lui met la pâtée depuis deux ans y compris au Plumaçon. Vendredi, opposition d’élevages, Fuente Ymbro et Joselito pour le deuxième contrat de Fandiño, la tempête de Bilbao, avec l’ouragan de Jerez , Padilla, le borgne héroïque et Joselito Adame, mexicain doué qui vient de triompher et de quelle manière à Eauze.

Samedi, le retour des Victorino Martin dans le Moun qui fut leur fief il y encore dix ans. Urdiales, Escribano et Aguilar à l’épée, spadassins spécialistes du toro compliqué. Et dimanche, final  très, très attendu. La corrida est signée Miura, ganaderia mythique qui a sorti une course splendide à Madrid il ya deux mois. Les interprètes : trois bretteurs, Rafaellilo, autre triomphateur du cycle montois 2013, avec Robleño et Castaño. Baston attendue.

Qui a vu Morante l’an dernier en aout à Ronda, en septembre à Dax sait l’extraordinaire génie taurin du matador atypique de la Puebla del Rio, bled agricole de la province de Cordoue, baigné tranquillement par les eaux limoneuses du Guadalquivir. Morante à l’image de sa terre est hors des temps. Le dernier torero romantique. Immuable. Un trublion de l’ordre établi, poète langoureux d’une tauromachie incandescente dans ses instants de grâce. Un récital voluptueux, encore, le 22 juin à Alicante. Morante  torée tous les toros, petits, maigrichons, costauds et en cornes. À sa manière, esthétique et profonde presque grave. Dax qui l’a vu sublime devant un Victorino Martin a passé l’hiver à en rêver. Son essence vient des sens, l’inspiration, le duende. Il fume le cigare appuyé à la barrière, s’habille à la ville comme un marlou argentin dentre deux-guerres qui aurait croisé un tailleur londonien, chapeau large, chaussures bicolores. Jose Antonio Camacho a trente cinq ans, il n’a plus rien à prouver, il torée par plaisir goûteux. Il est attendu, espéré. Révélateur d’un style suranné, hors d’âge. Matador depuis 1997 Morante est le dernier, l’ultime, d’une généalogie de toreros artistes. Il est le dépositaire de la tauromachie la plus classique, la plus absolue. Millionnaire, adulé, déifié, Morante se livre, en s’abandonnant, pas tout le temps, pas toujours. Rare. Donc précieux.