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Du Nil à la Loire : Orléans redécouvre ses antiquités égyptiennes

Par Patricia Pourrez, France Bleu Orléans samedi 16 septembre 2017 à 9:49

Cette barque funéraire est l'une des plus anciennes pièces de la collection
Cette barque funéraire est l'une des plus anciennes pièces de la collection © Radio France - Patricia Pourrez

L'Hôtel Cabu, Musée d'Histoire et d'Archéologie d'Orléans, présente une exposition inédite d'antiquités égyptiennes. Ces pièces, qui appartiennent aux Musées d'Orléans, n'avaient pas été exposées depuis 1940. Elles ont fait l'objet d'une longue et minutieuse restauration.

La collection des antiquités égyptiennes d'Orléans est né au 19ème siècle. Au départ, trois scientifiques orléanais qui participent à une expédition en Egypte, ramènent un pied de femme momifié retrouvé dans une tombe. Mais c'est avec l'Abbé Desnoyers ( 1806-1902) que la collection orléanaise prend de l'ampleur. Ce prêtre passsionné d'Egypte va lui même léguer 700 pièces au Musée historique d'Orléans. Par la suite, il devient directeur de ce musée et se lance dans une politique d'achats ambitieuse.

La collection est en partie détruite par les bombardements de 1940

La collection va compter jusqu'à 2.000 pièces exposées au Musée Historique d'Orléans , déjà installée à l'Hôtel Cabu. Mais, en juin 1940, les bombardements allemands sur la ville, provoquent un incendie au Musée. Une partie de la collection égyptienne est détruite, l'autre est récupérée dans les décombres. Seulement, la reconstruction du Musée prend du temps et quand il rouvre, en 1966, il n'y a plus vraiment de place pour l"Egypte. " Les conservateurs de l'époque avaient plutôt opté pour l'histoire locale" explique Catherine Lettelier-Gorget, la Commissaire de l'exposition. Voilà pourquoi les antiquités sont restées dans les réserves.

La collection égyptienne d'Orléans est restée dans les réserves depuis 1940

Des restes de tissus égyptiens - Radio France
Des restes de tissus égyptiens © Radio France - Patricia Pourrez

Après la guerre, la collection égyptienne d'Orléans continue de s'enrichir. Un américain passionné d'Egypte, le docteur Bak, fait don au Musée de plusieurs statuettes et amulettes. Jules Baillet, égyptologue et lié à Orléans par son père, lègue lui aussi un nombre importants d'objets. Mais , tous sont en réserves. Il faudra attendre les années 1990 pour que le Musée d'histoire et d'archéologie d'Orléans décide de s'intéresser de nouveau à ces antiquités qui entre temps se sont fortement abimées. Un long travail de restauration est engagée.

Le musée possède plus d'une centaine de cônes funéraires

Orléans avait en 1948 la 2ème collection au monde de cônes funéraires - Radio France
Orléans avait en 1948 la 2ème collection au monde de cônes funéraires © Radio France - Patricia Pourrez

L'exposition " Du Nil à la Loire" qui vient de débuter présente plus de 300 objets : des statues, des bijoux, des tissus égyptiens et une impressionnante collection de cônes funéraires. Ces pièces en argile décoraient les tombeaux égyptiens. "Ces cônes sont en très bon état, ils avaient eux été mis dans des caisses avant la Seconde Guerre Mondiale" explique la Commissaire de l'exposition.

L'impressionnante collection de cônes funéraires d'Orléans

Le renouveau de l'hôtel Cabu et de ses collections

Cette exposition inédite à l'hôtel Cabu est prévue pour durée 6 mois. Mais après, une salle sera dédiée de façon permanente à la collection égyptienne. Ca fait partie du renouveau des musées d'Orléans voulu par leur directrice, Olivia Voisin. " Avec cette collection, dit -elle , il peut y avoir une histoire affective qui se déclenche avec les Orléanais". Pour Olivia Voisin, il s'agit surtout d'attirer plus de visiteurs au Musée d'Histoire et d'Archéologie qui reste mal connu. Il fait un peu plus de 20.000 entrées par an.

Les collections n'ont pas vocation à rester dans les réserves

L'exposition " Du Nil à la Loire" est à voir jusqu'au 11 mars 2018. Des visites spécifiques seront organisées pour les scolaires.