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Spectacles

"L'Herbe de l'oubli" : la voix des oubliés de Tchernobyl sur les planches

jeudi 19 juillet 2018 à 6:03 Par Charlotte Lalanne-Labeyrie, France Bleu Vaucluse

Dans "L'Herbe de l'oubli", les cinq comédiens de la compagnie belge Point Zéro portent les paroles des oubliés de Tchernobyl, racontent le quotidien d'une reconstruction hantée par les fantômes de la catastrophe. Des témoignages recueillis sur place par les acteurs.

Une comédienne et sa marionnette dans l'Herbe de l'oubli, mis en scène par Jean-Michel d'Hoop
Une comédienne et sa marionnette dans l'Herbe de l'oubli, mis en scène par Jean-Michel d'Hoop - Véronique Vercheval

Avignon, France

C'était il y a 32 ans. Le 26 avril 1986, le réacteur numéro quatre de la centrale de Tchernobyl explose et libère un nuage radioactif qui envahira l'Europe. Et après ? Que sont devenus ces terres et leurs habitants ? Dans L'Herbe de l'oubli, le metteur en scène Jean Michel D'hoop leur donne la parole dans une pièce jouée par cinq comédiens au théâtre des Doms, dans le cadre du Festival Off. 

"'Tchernobyl', en russe, se traduit par absinthe et l'absinthe, c'est l’herbe de l'oubli. C'est un jeu de mots intéressant car au fond les habitants de cette région sont les grands oubliés de l'histoire." - Jean-Michel d'Hoop

Marionnettes fantômes 

Pour porter au mieux leurs paroles, les comédiens et leur metteur en scène se sont rendus trois fois sur place, en Ukraine et en Biélorussie. "Il y a une démarche complètement documentaire à la base, pour autant le spectacle reste assez théâtral avec beaucoup de musique, des vidéos, de la marionnette" détaille le metteur en scène. 

Des petites marionnettes aux géantes, vieillards usés, surgissant derrière les personnages sur scène, tels des fantômes de la catastrophe... 

"La marionnette permettait de mettre à distance le sujet, de traduire ce sentiment de mondes parallèles, qu'on a ressenti pendant nos voyages. Les radiations sont invisibles, incolores. On mange chez les gens et on se demande tout le temps ce qu'on a dans notre assiette, on trouve le paysage beau et en même temps on sent quelque chose" raconte Jean-Michel d'Hoop.

Un spectacle qui résonne dans notre région la plus nucléarisée de France

Quelque chose dans l'air qui tue à petit feu. De quoi faire réfléchir en Vaucluse, dans la région la plus nucléarisée de notre pays. Ce jeudi, un débat suivra d'ailleurs la représentation au Théâtre des Doms, avec le comité antinucléaire de Vaucluse,. 

"Dans notre région, où jour et nuit il y a des rejets radioactifs, des gens qui tombent malades, des morts par cancer, c'est l'occasion pour les gens qui viennent au théâtre d'être interpellés" estime Jean Revest, porte-parole du comité. 

Quand le théâtre rejoint le militantisme, mais attention, avec subtilité, chacun à sa place juge Jean-Michel d'Hoop. "Le militantisme est difficile au théâtre, surtout si on l'attaque de front, notre boulot, c'est surtout d'interroger le spectateur."