Ludivine Griveau, première femme régisseuse des Hospices de Beaune

Par Marion Bastit, France Bleu Bourgogne dimanche 8 mars 2015 à 6:00

Depuis janvier, Ludivine Griveau est la première femme régisseuse du domaine des Hospices de Beaune.
Depuis janvier, Ludivine Griveau est la première femme régisseuse du domaine des Hospices de Beaune. © Radio France - Marion Bastit

Ce samedi aux Hospices de Beaune, c'était la sixième édition des rencontres entre professionnels et étudiants de l'Institut de la vigne et du vin. Une sixième édition parrainée par Ludivine Griveau, la nouvelle régisseuse des Hospices. Elle est la première femme à occuper ce poste. Mais la relève est assurée : la moitié des étudiants de l'Institut sont des filles.

Ce samedi, c'était la sixième édition des rencontres entre professionnels et étudiants de l'Institut de la vigne et du vin . Une sixième édition parrainée par Ludivine Griveau , la toute nouvelle régisseuse des Hospices de Beaune, où se tenaient les rencontres.

Début janvier, elle a succédé à Roland Masse à la tête du domaine des Hospices. Outre son jeune âge, 37 ans, elle est aussi la première femme à occuper ce poste.

Ludivine Griveau veille sur soixante hectares de vignes, exploités par une vingtaine de vignerons. - Radio France
Ludivine Griveau veille sur soixante hectares de vignes, exploités par une vingtaine de vignerons. © Radio France - Marion Bastit
"C’est un grand honneur, mais c’est aussi une assez grosse pression, confie-t-elle. Il ne faut pas se mentir, quand on est la première, ou le premier, on est regardé différemment, on est attendu différemment aussi."

"C'est un grand honneur, mais c'est aussi une grosse pression" Ludivine Griveau

Au bout de quelques semaines, ses craintes se sont dissipées. "En fait, c’est très naturel, constate-t-elle. Homme ou femme, c’est le poste qui prévaut. J’ai comme l’impression que ça n’aura bientôt guère plus d’importance."

Plus d'efforts pour s'imposer

S'imposer dans un monde d'hommes, ça demande tout de même quelques efforts supplémentaires. "Il faut avoir une force de conviction peut-être un peu supérieure à la moyenne, et dépenser beaucoup d’énergie", raconte-t-elle.

"Au début, il faut être étanche à un certain nombre de regards" Ludivine Griveau

Sans compter le regard des autres. "Au début, il faut être étanche à un certain nombre de regards, d’attitudes, de petits clins d’œil, de haussements d’épaules…"

Ce samedi, les étudiants de l'Institut du vin ont pu visiter le chai des Hospices de Beaune. - Radio France
Ce samedi, les étudiants de l'Institut du vin ont pu visiter le chai des Hospices de Beaune. © Radio France - Marion Bastit
Heureusment, la méfiance se dissipe très vite. "Dès lors qu’on a la possibilité de montrer qu’on sait de quoi on parle, qu’on connaît son boulot, qu’on a un minimum de compétences, les choses s’instaurent naturellement."

Un oeil différent sur le vin

D'autant que les femmes ont aussi des choses à apporter dans le monde du vin. "Je pense qu’on a un œil certainement différent sur la façon d’aborder la dégustation… On apporte peut-être cette nuance, ce non-systématisme."

"Nous les femmes, on a certainement un oeil différent sur le vin" Ludivine Griveau

  • "La difficulté ne nous fait pas peur, ajoute-t-elle, le fait d’avoir à rechambouler un plan… Je pense que notre capacité d’adaptation est un atout pour nous les femmes, dans ce genre de postes. En tout cas, on y apporte du cœur, les uns comme les autres… les unes comme les autres !"*

50 % de filles **

En tout cas, la relève est assurée. Aujourd'hui, près de la moitié des étudiants de l'Institut de la vigne et du von à Dijon sont des filles.

Ce samedi, les étudiants de l'Institut de la vigne et du vin ont rencontré les professionels du secteur aux Hospices de Beaune. - Radio France
Ce samedi, les étudiants de l'Institut de la vigne et du vin ont rencontré les professionels du secteur aux Hospices de Beaune. © Radio France - Marion Bastit
Mais Marianne, 22 ans, en première année de master Vignes, vins et terroirs, constate qu'il reste du chemin à faire. "Dans la conférence où j'étais, des professionnels disaient en rigolant qu'en général c'était plus les hommes à la vigne et les femmes au commerce... enfin, à la maison quoi !"

Aujourd'hui, les filles prennent la relève, un reportage de Marion bastit

"Pourtant, les femmes peuvent apporter un regard différent sur le vin, estime-t-elle, un regard un peu moins "rustre" si j'ose dire." Anne-Laura, 25 ans, en première année de DNO, le diplôme national d'oenologie, renchérit : "On a peut-être un peu plus de sensibilité, une façon différente de voir le vin, avance-t-elle. On voit moins le côté technique, et plus le côté esthétique : la bouteille, l'étiquette..."

Pour elle, il s'agit aussi de s'adapter au marché. "Maintenant, les femmes boivent autant de vin que les hommes, donc les femmes peuvent aussi créer des vins qui correspondent aux femmes."

Ce samedi, les étudiants ont dîné dans le bastion médiéval des Hospices, là où a lieu le dîner de gala de la Vente des Hospices. - Radio France
Ce samedi, les étudiants ont dîné dans le bastion médiéval des Hospices, là où a lieu le dîner de gala de la Vente des Hospices. © Radio France - Marion Bastit