Pesticides : plainte contre X de la famille d'un viticulteur de Gironde

France Bleu Gironde lundi 27 avril 2015 à 13:10

Pesticides : Valérie Murat porte plainte contre X
Pesticides : Valérie Murat porte plainte contre X © Maxppp

C'est une 1re en France : la fille d'un viticulteur du Bordelais décédé en 2012 d'un cancer des bronches et des poumons, s'attaque à l'Etat et aux fabricants de pesticides. Valérie Murat dépose ce lundi une plainte contre X pour homicide involontaire. Elle explique sa démarche au micro France Bleu Gironde de Florence Pérusin.

Pendant 42 ans, pour protéger ses vignes, le viticulteur girondin James-Bernard Murat, installé à Pujols près de Castillon-la-Bataille, a pulvérisé de l'arsénite de sodium, un produit utilisé dans les traitements contre l'esca, une maladie de la vigne due à des champignons parasites. Un produit pourtant considéré comme dangereux depuis les années 1950, reconnu depuis comme cancérigène et même interdit depuis 2001. En 2012, il décède d'un cancer des bronches et des poumons.

Deux ans et demi après sa mort, sa fille, Valérie Murat, veut savoir qui est en faute dans cette affaire. Une plainte au pénal sera déposée ce lundi en début d'après-midi devant le Pôle de santé publique du tribunal de Paris.

C'est la 1re fois qu'une procédure pénale est enclenchée en France dans le dossier des pesticides.

"L'Etat n'a pas rempli son rôle de police phytosanitaire"

Invitée de France Bleu Gironde ce lundi matin, Valérie Murat explique vouloir "essayer de comprendre ce qui s'est passé " et que "les responsabilités des firmes et des services de l'Etat " soient établies.

"On sait depuis le millieu du siècle dernier que l'arsenite de sodium est cancérigène.  L'Etat a homologué et renouvelé les homologations des firmes qui ont déposé ces produits à base d'arsénite de sodium. Et l'a retiré du marché en 2001. Quarante ans, c'est beaucoup trop long pour moi. (...) Les services de l'Etat n'ont pas rempli leur rôle de police phyto sanitaire ".

"Personne n'a jamais alerté mon père sur la dangerosité des produits ". "Les étiquettes étaient d'autre part inexactes et incomplètes" , explique Valérie Murat, qui souhaite aussi "briser l'omerta qui existe ans le milieu bordelais ".

Pesticides : "l'Etat n'a pas joué son rôle de police phytosanitaire"