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Réforme pénale : "Si je remets les pieds en prison, j'en ressors entre 4 planches"

vendredi 30 août 2013 à 11:20 Par Julie Seniura, France Bleu Lorraine Nord

Alors que les derniers arbitrages vont être donnés ce vendredi sur la réforme pénale de Christiane Taubira, pour lutter contre la récidive et la surpopulation carcérale, France Bleu Lorraine a recueilli le témoignage d'Isabelle, une ancienne détenue de Metz Queuleu. Condamnée pour délit routier, elle est traumatisée par ces 5 mois passés derrière les barreaux.

Porte de prison
Porte de prison © @Maxppp

Un témoignage qui va peut-être vous faire froid dans le dos... Surtout que la situation peut arriver à chacun d'entre nous. Isabelle a 28 ans, elle est mère de 3 enfants. Elle a été condamnée pour des délits routiers : 5 mois de prison, passés dans le quartier des femmes de la maison d'arrêt de Metz-Queuleu.

Six femmes dans une cellule de 20 m2

Isabelle a les larmes qui lui montent aux yeux quand elle raconte sa détention. "Il n'y a pas une nuit, pas un jour où je n'y repense pas" . Elle partageait sa cellule de 20m2 avec cinq autres femmes, certaines condamnées pour meurtre ou trafic de drogue, alors qu'elle n'était qu'une délinquante routière.

Trois douches par semaines même quand il fait 40°, les fouilles au corps complètes, le manque d'intimité, le bruit permanent et la tension... Ces conditions habituelles se durcissent encore plus avec la surpopulation : Isabelle a vu ses parloirs et ses coups de téléphone à sa famille raccourcis. Un rendez-vous avec un agent de probation ou un psychologue prenait des jours ; certaines détenues allaient jusqu'à se taillader les veines pour le rencontrer.

7h PRISON bob Isabelle

La prison pour elle, c'est tout le contraire de la réinsertion. "J'avais l'impression qu'une journée durait une semaine. Des gens ont tout perdu en rentrant en prison : maison, boulot, tout. Quand ils sortent, ils n'ont rien, donc ils refont des conneries" .

Isabelle est aujourd'hui sortie, mais à la moindre incartade, une peine avec sursis risque de la renvoyer derrière les barreaux. "Quand on a un coup de téléphone du SPIP (Service pénitentiaire d'insertion et de probation, Ndlr), on tremble, car on a peur qu'on nous remette en prison. Un courrier du tribunal dans la boîte aux lettres, et c'est la peur au ventre. Si je remets les pieds là-bas, je ressortirai entre 4 planches".

Une surpopulation qui bat des records en prison

Fin août 2013, la prison de Metz-Queuleu comptait 559 détenus pour 402 places, soit un taux d'occupation de 139 %. A Sarreguemines, c'est encore pire : 168 % d'occupation.

C'est en partie pour réduire ces chiffres, et pour lutter contre la récidive, que Christiane Taubira, la ministre de la Justice, propose une réforme pénale. Les peines planchers doivent être supprimées, et des peines probatoires, c'est-à-dire des condamnations effectuées hors de prison, seront privilégiées pour certains délits.

Des mesures saluées par Dominique Boh-Petit : l'avocate messine représente l'Observatoire International des Prisons en Lorraine, elle était l'invitée de France Bleu Lorraine.

9h REPRISE INVITE Dominique Boh Petit