Six secouristes bourguignons en partance pour le Népal

Par Marion Bastit, France Bleu Bourgogne mardi 28 avril 2015 à 5:30

18 kilos de bagages, mission réussie pour Pierre-Michel Sarrazin, sauveteur.
18 kilos de bagages, mission réussie pour Pierre-Michel Sarrazin, sauveteur. © Radio France - Marion Bastit

Ce mardi après-midi, six bénévoles bourguignons de l'association Secouristes sans frontières s'envolent pour le Népal. Ils vont porter secours aux victimes du tremblement de terre qui a frappé Katmandou samedi. Lundi matin à Dijon, l'heure était aux derniers préparatifs avant de partir pour Paris.

Six bénévoles bourguignons de l'association Secouristes sans frontières sont en partance pour le Népal. Ils devraient décoller ce mardi après-midi de Paris en direction de New Delhi, en Inde, d'où ils rejoindront Katmandou. Samedi, un séisme de magnitude 7,8 a frappé la capitale népalaise. Le bilan provisoire fait état de plus de 4000 morts et 7500 blessés. Les deux sauveteurs de l'équipe vont fouiller les décombres à la recherche de survivants, tandis que les deux médecins et les deux infirmiers soigneront les blessés.

Treize bénévoles de toute la France

Ce lundi midi, ils ont quitté Dijon en camion pour rejoindre les sept autres membres de l'équipe, venus d'Auvergne, de Lorraine et du Pays basque. Ils devraient s'envoler ce mardi après-midi à bord d'un avion spécial affrété par le gouvernement français.

"Les malles sont toujours prêtes à partir, 24 heures sur 24", explique Olivier Saltarelli. - Radio France
"Les malles sont toujours prêtes à partir, 24 heures sur 24", explique Olivier Saltarelli. © Radio France - Marion Bastit

Ce lundi matin, c'étaient les derniers préparatifs au local de l'association à Dijon. Ils viennent d'obtenir le feu vert du ministère des Affaires étrangères. En combinaison rouge, les bénévoles s'affairent pour charger les malles dans le camion. "Notre matériel est toujours prêt à partir, explique Olivier Saltarelli, président de la délégation bourguignonne de Secouristes sans frontières. C'est le travail de nos logisticiens de préparer et de rendre disponible 24 heures sur 24 le matériel, conditionné dans des malles qui sont faites pour l'avion."

A Dijon, derniers préparatifs avant le Népal pour les Secouristes sans frontières, un reportage de Marion Bastit

"Il y a forcément l'adrénaline qui monte, raconte-t-il. La précipitation de se dire est-ce que tout est bien prêt en termes de matériel... Nous, on s'entraîne très régulièrement, donc on sait que les hommes et les femmes qui partent sont physiquement aptes au départ. Après, on a toujours la surprise de ce qu'on va découvrir sur place, de l'état des dégâts qui seront là-bas."

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Vingt-trois kilos pas plus

Pour Anne Roy, infirmière à la clinique de Fontaine, c'est un vrai casse-tête de boucler sa malle. "J'ai pris le strict minimum : des culottes, des chaussettes et des T-shirts, et j'en suis déjà à 20 kilos, s'alarme-t-elle. J'ai un problème métaphysique : est-ce que j'emmène mes baskets ?"

« Dans la famille, on a l’habitude des départs en mission » Anne Roy, infirmière

La balance est formelle : la paire de chaussures ne pèse que 600 grammes. Anne se décide : elle les prend. Après les Philippines en octobre 2013, c'est la deuxième fois qu'elle part en mission. "C'est un mélange d'appréhension, de stress et d'impatience... mais c'est vraiment une super expérience."

"J'ai pris le strict minimum, et j'en suis déjà à 20 kilos", se lamente Anne Roy, infirmière. - Radio France
"J'ai pris le strict minimum, et j'en suis déjà à 20 kilos", se lamente Anne Roy, infirmière. © Radio France - Marion Bastit

Pour une fois, c'est Hervé, son mari, médecin et bénévole lui aussi, qui reste à la maison. "J'ai eu le breifing ce matin, maintenant je sais faire marcher la machine à laver, le lave-vaisselle, je sais où sont les croquettes du chat... Moi aussi je pars en mission, mais chez moi" , plaisante-t-il.

 

"On ne va pas sauver le monde"

Chez eux, Secouristes sans frontières, c'est une affaire de famille. "On a déjà fait des départs le jour de Noël, des départs pas simples parce que les enfants étaient petits, raconte Anne. Ils ont bien compris, chacun participe, vient charger les malles, décharger les malles, chercher les pizzas... Chacun a son rôle."

« Dans la famille, on a l’habitude des départs en mission » Anne Roy, infirmière

Quant au travail, les collègues d'Anne sont compréhensifs. "A la clinique, tout le monde est au courant que je fais partie de cette association, et qu'on est susceptible de partir du jour au lendemain. Jusqu'à présent tout le monde a joué le jeu, que ce soient mes responsables ou mes collègues de travail." Ce lundi, Anne quitte Dijon rassurée. "La famille est bien cadrée, c'est bon. Après, c'est l'aventure. On va essayer de faire de notre mieux. On ne va pas sauver le monde mais ce qu'on fera, c'est apporter notre petite pierre."

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Le séisme du 25 avril 2015 au Népal. - Aucun(e)
Le séisme du 25 avril 2015 au Népal.