Société

Valence : l'imam invite Philippe Martinez, sauveur de migrants

Par Romain Dézèque, France Bleu Drôme-Ardèche dimanche 6 septembre 2015 à 22:47

Philippe Martinez à la mosquée de Valence
Philippe Martinez à la mosquée de Valence © Radio France

L'imam de la grande mosquée de Valence a invité en personne Philippe Martinez ce dimanche pour l'inviter à raconter son histoire. Ce marin breton a sauvé l'été dernier plus de 1 800 migrants en les récupérant à bord de son remorqueur en Méditerranée.

Alors que le Pape François a appelé ce weekend les catholiques à accueillir des familles de réfugiés, l'imam Abdallah Dliouah a reçu Philippe Martinez. Ce nom ne vous dit peut-être rien... mais ce marin, capitaine d'un remorqueur sur la Méditerranée, a sauvé en août 2014 plus de 1 800 migrants en perdition. Il les a fait monter à bord de son bateau pour les amener à terre, en Europe. Il a réalisé 8 sauvetages en quelques semaines.

"Nous sommes très sensibles à ce qu'il se passe pour les réfugiés. Cet homme n'a pas hésité à s'arrêter, peut-être perdre son temps, son argent, son emploi, pour aller sauver des personnes. Je veux valoriser ce type d'action. Je veux montrer qu'à travers cet exemple, le peuple français peut se montrer généreux " explique l'imam. 

Mosquée & migrants ENRO

Abdallah Dliouah a appelé lui-même Philippe Martinez après l'avoir vu dans un reportage. Il a tout de suite pris son téléphone et invité le breton a passer une journée avec lui et ses fidèles afin que cette histoire soit relayée. Car il estime que les religions ont un rôle à jouer dans cette crise : "Nous faisons partie prenante du peuple français et c'est notre devoir. Il ne suffit pas de dire "les autres doivent faire", non. La religion c'est le partage. Dieu dit : "celui qui sauve une vie est comparable à celui qui sauve toute l'humanité". A nous d'être bons ."

Philippe Martinez à Valence - Radio France
Philippe Martinez à Valence © Radio France

L'imam lance donc un appel à ses fidèles mais aussi aux citoyens dans leur ensemble. Tout comme Philippe Martinez qui, au cours de son discours, a fustigé le gouvernement et les élus, trop absents : "Personne ne veut trop se mouiller. Même s'ils veulent le faire, ils ne le feront pas car ils ont trop peur de perdre des électeurs. Il ne faut pas compter sur eux. Il faut compter sur nous ."

Un message qu'une cinquantaine de personnes ont entendu devant la mosquée.