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Basket - NBA / Claude Bergeaud : "Boris Diaw est au sommet de sa carrière"

Par Yves Maugue, France Bleu Béarn et France Bleu Gironde mardi 17 juin 2014 à 11:12

En 2011, Claude Bergeaud dirige Boris Diaw aux JSA Bordeaux le temps de la grève des joueurs NBA.
En 2011, Claude Bergeaud dirige Boris Diaw aux JSA Bordeaux le temps de la grève des joueurs NBA. © Maxppp

Après onze années passées en NBA, le Bordelais Boris Diaw a décroché dimanche le titre de champion avec les Spurs de San Antonio. Ce n'est pas un hasard selon Claude Bergeaud qui a été son entraîneur à Pau et en équipe de France.

Boris Diaw a décroché le graal du basketteur. Est-ce qu'il maîtrise aujourd'hui totalement son jeu ?

Claude Bergeaud : Cela fait longtemps que Boris Diaw est en avance sur son époque. On le connait comme un rebelle mais, en réalité, il ne fait pas les choses comme les autres. Dans un sport collectif qui a été individualisé à outrance, il a toujours été à contre courant mais au contraire sur la bonne voie. C'est un joueur totalement altruiste qui souhaite surtout faire marquer les autres. Chez les Spurs, il a compris qu'il devait modifier son jeu, participer plus fortement à l'agressivité offensive. Il est aujourd'hui au sommet de sa carrière.

À San Antonio, a-t-il trouvé le cadre idéal pour pratiquer le basket qu'il a toujours eu dans la peau ?

C'est exactement ça. C'est une équipe qui a toujours fondé sa hiérarchie d'équipe sur trois joueurs différents, ce qui est rare en NBA. Certains comme Chicago à l'époque de Michael Jordan l'ont fait autour d'un seul joueur, d'autres autour de deux joueurs comme les Los Angeles Lakers avec Kobe Bryant et Shaquille O'Neal. Pour un basket aussi individualiste que la NBA, les Spurs ont eu l'outrecuidance d'aller au-delà et de baser leur jeu sur au moins trois joueurs. En plus, ce sont des joueurs qui ont le sens du collectif comme Boris Diaw. 

N'a-t-il pas perdu du temps dans les autres franchises NBA où il est passé (1) ?

Lorsque qu'il a été drafté à Atlanta, c'était totalement l'opposé avec un jeu basé uniquement sur le show-time. C'était une franchise qui avait avant tout une vision commerciale de la NBA. Les équipes comme les Spurs ou les Lakers ont davantage une logique sportive. Elles cherchent à gagner des titres et pas uniquement à collectionner les récompenses individuelles. Je pense que s'il était tombé plus tôt avec une formation comme les Spurs, Boris aurait pu concrétiser davantage en termes de titres. Mais, pour autant, il n'a pas perdu son temps car il a appris ce qu'était la NBA au travers de ses différentes expériences.

Vous dites que Boris Diaw est au sommet. Qu'est-ce qui a changé pour lui ?

Il est toujours le même mais aujourd'hui il se retrouve dans un système et avec un entraîneur qui le rassurent au plan affectif sur ses convictions. Du coup, il s'exprime pleinement car son jeu est assumé et légitimé. Par le passé, il avait la même attitude mais il n'était pas compris. Il prend des risques et cela fonctionne. Je me souviens qu'à Charlotte, il faisait des passes lumineuses mais ses coéquipiers n'étaient pas prêts à jouer un basket aussi intelligent. Aux Spurs, tout le monde comprend ce basket partagé, ce basket où le danger vient de partout et également le sacrifice défensif collectif.

(1) Boris Diaw a évolué pour les Hawks d'Atlanta, les Phoenix Suns puis les Charlotte Bobcats avant de rejoindre les Spurs de San Antonio en 2012.

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