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Côte Basque Handball : des ambitions fortes au féminin

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Par , France Bleu Pays Basque

Promu en Nationale 1 la saison prochaine, l'Entente Côte Basque Handball créée en 2019 vise plus haut malgré la crise. L'union de l'Aviron Bayonnais et de l'Anglet Biarritz Olympique HB veut devenir le club féminin phare du territoire et se structure en conséquence, sportivement et économiquement.

Céline Uhart et ses coéquipières de Côte Basque Handball s'envolent vers le haut niveau féminin
Céline Uhart et ses coéquipières de Côte Basque Handball s'envolent vers le haut niveau féminin - Rémy Giraudon

Après une première tentative avortée, le mariage entre la section féminine de l'Anglet Biarritz Olympique Handball (ABHOB) et celle de l'Aviron Bayonnais Handball s'est fait presque naturellement, sur un constat d'impuissance, début 2019. Les deux équipes séniors féminines occupaient alors les deux dernières places de leur poule de Nationale 1 avec un nombre de victoires famélique. Impossible de réussir à ce niveau chacun dans son coin.

La D2 d'ici 3 à 4 ans

Les dirigeants bayonnais et anglo-biarrots, après avoir longuement défini, puis patiemment expliqué le projet à leurs adhérents, ont donc décidé de créer ensemble une troisième entité dédiée au haut niveau féminin (les équipes masculines gardent leur propres couleurs, tout comme les écoles de hand féminines en dessous des U17). Côte Basque Handball est ainsi né. 

Et l'union, dès ses premiers pas, a été couronnée de succès avec une première saison invaincue en Nationale 2 et une remontée à la clé pour l'équipe 1, tandis que la section moins de 17 ans a effectué un beau parcours en Championnat de France (invaincue lors de la 1re phase et première de la 2e phase au moment de son arrêt). Le constat porte à l'optimisme : la sauce a pris, le mariage est réussi sportivement et structurellement. Du coup, les dirigeants du CBHB affichent leurs ambitions à moyen terme : "c'est d'être en D2 d'ici 3-4 ans", annonce Jean-Pierre Guesnet, manager de l'entité, toutefois conscient que l'épisode du Covid-19, avec les conséquences que l'on connait sur l'économie, pourrait impacter cet objectif.

Optimiste malgré la crise

Le club commence par préparer la saison prochaine, avec pour objectif le maintien, qui sera forcément cruciale pour la suite : "notre projet n'est intéressant que si on arrive à se maintenir (...) redescendre montrerait qu'il n'a pas d'intérêt", confirme Mickaël Moreno, le directeur sportif. Pour ce faire, il a fallu consolider et accroître le budget, qui s'établit à environ 200.000€, pour répondre à l'augmentation des frais (déplacements, recrutement, arbitrage). Une tâche forcément compliquée par la crise sanitaire et économique que vient de traverser l'ensemble du pays.

Mais, le Côte Basque Handball s'en tire plutôt bien de ce côté là. "On est raisonnablement optimiste pour le moment" confie le dirigeant. Parmi ses partenaires, plusieurs n'ont pas été impactés par le confinement, alors que d'autres considèrent que le projet est stratégique et que la période renforce leur besoin de communiquer sur leur image à travers ce sponsoring.

"Convaincre les mairies"

Il est encore top tôt pour crier victoire et affirmer que les objectifs budgétaires seront remplis, préviens Jean-Pierre Guesnet. "On est encore en discussions avec les partenaires (...) Ce qui va être beaucoup plus compliqué, c'est la capacité à aller chercher d'autres partenaires privés." Certes, à ce jour ceux-ci ne représentent qu'une faible part du budget du club, dont 60 à 70% est constitué des subventions des collectivités. L'une des priorités est donc de "convaincre les édiles des trois mairies sur un projet de haut niveau sur le sport féminin", annonce le manager. 

"C'est une formidable opportunité pour l'agglomération et les communes de pouvoir exister, dans un sport qui se développe de plus en plus et est peut être le plus titré en France, au haut niveau avec des budgets que je qualifie de raisonnable." Il estime en effet à 400.000€ le niveau de budget pour être dans le haut de tableau de la N1 féminine et environ 1,5 millions d'euros pour se maintenir en D1 féminine aujourd'hui.

"Cibles les femmes chefs d'entreprise"

Mais pour pouvoir continuer à grandir et atteindre au moins la D2, le CBHB sait qu'il doit aussi développer ce partenariat privé : "on se rend compte qu'il faut disposer de plus en plus de ressources quand on veut avoir une réelle ambition", reconnait le manager. Il lui faut donc "trouver des partenaires majeurs qui feront la différence", et lui permettront "de porter haut les couleurs du sport féminin sur la côte basque". Partenaires qui seront par ailleurs à même de rassurer et convaincre les municipalités de s'engager elles aussi. "On sait que cela prend du temps, et que le Covid va probablement nous imposer une certaine modération dans nos objectifs."

Le Côte Basque Handball axe sa stratégie sur les partenaires locaux. Mais, crise ou pas, les dirigeants sont conscients de l'ampleur de la tâche sur ce territoire. "On est dans une position difficile par rapport au rugby, au football. Ce qui fait qu'un autre axe de travail c'est de cibler les femmes chefs d'entreprise." Le CBCH est persuadé qu'elles peuvent plus facilement comprendre l'intérêt du projet, son ambition et qu'elles peuvent avoirenvie de le soutenir "parce qu'elles sont entrepreneurs dans l'âme." Des discussions sont également engagées avec des entreprises qui ciblent particulièrement les femmes.

Un recrutement en qualité

Mais tous ces projets, ces contacts, ces négociations ne seront rien sans réussite sportive. A commencer par le maintien qui ne s'annonce pas simple la saison prochaine dans une nouvelle formule de championnat en 2 phases (9 poules de 6 équipes, puis des phases de play-offs et play-downs). La première phase va être particulièrement importante, "si on arrive 1er ou 2e, ce qui serait très bien pour un promu, on a l'assurance de faire les play-offs et d'être maintenus", avance Mickaël Moreno, revenu cette saison pour prendre les rênes sportives de l'Entente.

Pour réussir son objectif, Côte Basque Handball s'appuiera en grande majorité sur le groupe invaincu en N2 cette saison - l'équipe n'enregistre que 4 départs - renforcé de 5 joueuses au moins, la plupart en contrat professionnel. Le club est notamment en contact avec plusieurs étrangères de stature internationale. "Si on a un objectif, le recrutement est une des stratégies les plus importantes pour y arriver", explique Jean-Pierre Guesnet. 

Des priorités ont été définis sur certains postes par le directeur sportif, Mickaël Moreno. Quand ils ne sont pas couverts en interne et qu'il n'y a pas de joueuses de calibre suffisant sur le territoire, il faut recruter à l'extérieur, justifie le manager, dont le groupe actuel est composé de filles qui sont soit étudiantes, soit ont un travail à côté. "C'est (la N1) de loin la catégorie la plus difficile".

L'ambition de la formation

L'autre grand axe de travail, c'est évidemment la formation. Dès la création de l'Entente la saison passée, les dirigeants ont tenu à y incorporer l'équipe des moins de 17 ans qu'ils ont choisi d'engager en Nationale pour permettre aux jeunes femmes de s'aguerrir et pouvoir prétendre par la suite à une place en équipe première. D'ailleurs, Mickaël Moreno va intégrer deux de ces espoirs dès la saison prochaine au groupe de Nationale.

Mais le Côte Basque Handball travaille sur un projet encore plus ambitieux, en lien avec le Comité 64. En partant du constat que, hormis les Béarnaises de Bordes (N1), il n'existe pas de club installé durablement au plus haut niveau féminin dans les Pyrénées-Atlantiques, les Landes, les Hautes-Pyrénées et le Gers, il y a une place à construire "entre Bordeaux et Toulouse." 

Avec cette ambition forte, et grâce au partenariat conclut avec l'Académie Basque du Sport (ABS) qui va permettre d'héberger et suivre les jeunes filles, "on va être en capacité, ce qui était impossible avant, de pouvoir sédentariser une fille et de pouvoir ensuite la faire évoluer vers le pôle (U17, puis seniors) si elle en a les capacités", explique Jean-Pierre Guesnet. Elle pourra faire ses études sur le BAB et faire du sport en même temps

Reprise début août

"Les choses avancent pour nous constituer un vivier qui va nous permettre chaque année de sortir une à deux jeunes sur des postes différents qui seront en capacité d'intégrer le groupe senior et pourquoi pas le groupe élite." Auparavant, les meilleures jeunes partaient systématiquement à Bordeaux.

Pour tenter de réussir son objectif maintien en évitant de passer par les play-downs, qui enverront la moitié des équipes de chaque poule en Nationale 2, le groupe sénior de Côte Basque Handball reprendra l'entraînement, pour l'instant quasi impossible collectivement du fait des mesures de distanciation sanitaire, début août. Le championnat devrait débuter mi-octobre. Côte Basque Handball se retrouve dans la poule 1 avec Bordes, Mourenx, Toulouse, Mérignac et Bruguières.

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