Basket – Handball – Volley

Hand féminin - UMB-B | Emmanuel Mayonnade : "Le challenge le plus excitant de ma carrière"

Par Arnaud Carré, France Bleu Gironde mercredi 4 mars 2015 à 7:00

Emmanuel Mayonnade conscient du danger mais déterminé à faire face.
Emmanuel Mayonnade conscient du danger mais déterminé à faire face. © UMB-B

Condamnée à jouer les playdowns, l'Union Mios-Biganos-Bègles débute mercredi (20h) face à Nantes son opération maintien. Une situation nouvelle que son entraîneur veut aborder avec recul et détermination. Il assume mais refuse tout catastrophisme.

France Bleu Gironde : Après sa brillante coupe de Ligue, l’UMB-B a lourdement chuté à Nice. Inquiétant ?

Emmanuel Mayonnade : Sans vouloir pleurnicher toute la saison, notre équilibre est très fragile et à Nice on a dû faire sans Mireya Gonzalez (ndlr : touchée à l'épaule), qui est gauchère et nous apporte un équilibre réel sur la base arrière. Pour la première fois depuis 3-4 mois, on a dû composer sans elle. La coupe de la Ligue est la seule compétition qu’on a pu disputer avec l’effectif complet. Après à Nice, la première mi-temps est assez correcte (ndlr : -3). Ensuite on prend un éclat considérable et malheureusement aujourd’hui on n’a pas ce caractère collectif pour stopper l’hémorragie. Tout le monde a le sentiment d’avoir tout donné mais on se contrefout de l’investissement individuel. Il faut qu’on soit capable de créer une vraie cohésion collective même quand ça ne va pas. Il va falloir garder la foi et être sûr qu’on s’en sortira.

Vous démarrez mercredi un autre championnat, celui du bas…

Oui. On a des points importants à prendre en vue des playdowns (ndlr : le 7e démarre avec 4 points, le 8e 3 points, le 9e 2 points et le 10e 0 points) et mieux on sera positionné, mieux ce sera. Ça fait un moment que je dis que l’objectif ne sera pas atteint. Il y avait dix équipes sur la ligne de départ et dix équipes qui voulaient jouer les playoffs.  Il faut se faire à l’idée qu’on fait partie des déçus. Après, il y a "rater" sa saison parce qu’on n’est pas dans l’objectif initial mais qu’on arrive à se maintenir dignement et la rater de façon catastrophique avec une éventuelle descente.  On n’en est pas encore là, il reste neuf matches. Il faudra compter avec nous j’en suis sûr mais il ne faut pas que je sois le seul à le penser.

"Il y a rater sa saison parce qu'on n'est pas dans l'objectif mais qu'on arrive à se maintenir dignement et la rater de façon catastrophique avec une éventuelle descente. On n'en est pas encore là."

Face à Nantes mercredi, il faut marquer le territoire ?

Tout est important. Je ne sais pas si les filles entendent toujours ces choses-là malheureusement. On a des points à prendre qui seront fondamentaux pour partir en playdowns mais il y a aussi la possibilité de marquer les esprits, de montrer qu’il faudra compter sur nous, qu’on ne viendra pas nous chatouiller facilement à domicile. J’espère qu’on prendra la pleine mesure de tous ces petits éléments. Après, j’ai toujours adoré ce type d’enchaînement de matches parce que ça permet de savoir ce qu’on a réellement dans le ventre. Il va falloir vite être concentrés sur notre sujet et repartir de l’avant face à une équipe qui nous avait battus facilement là-bas.

Emmanuel Mayonnade ne s'attarde pas trop sur le classement. - Radio France
Emmanuel Mayonnade ne s'attarde pas trop sur le classement. © Radio France
De l’inquiétude à l’idée de jouer ces matches sous très haute pression ?

C’est honnêtement le challenge le plus excitant de ma jeune carrière. Je n’ai jamais été aussi mal placé en championnat. Malgré deux finales de coupe de la Ligue, une finale de coupe de France, une victoire en Challenge Cup, je suis très excité. Je n’ai pas peur. On sait qu’on a raté la première partie de la saison et on est seuls responsables. Il faut jouer ce match sans appréhension et surtout ne pas avoir peur. Ce serait le piège, celui qui nous ferait jouer avec le frein à main alors que quand on est libéré, comme en coupe de la Ligue, on n’a pas grand-chose à envier aux autres. Il faut essayer de rester dans une dynamique positive de travail et d’intentions et ça va bien finir par nous sourire. Il faut arrêter de penser que l'herbe est plus verte ailleurs. Nantes, Dijon et Le Havre ont aussi leurs soucis. C’est celui qui arrivera à relativiser, à prendre le plus de recul par rapport aux échéances à venir, qui prendra de l’avance sur les autres.

Le fait de jouer le maintien complique-t-il déjà la situation pour la saison prochaine ?

C’est une évidence. Quand on veut appeler des filles ou parler de l’avenir avec les nôtres, c’est plus facile quand on sait qu’on reste en LFH. Il n’y a rien de simple mais mon discours ne change pas. J’ai foi en nous. Il faut bien lancer des pistes, c’est une relation de confiance. Ce serait malheureux de partir défaitiste. On s’est mis dans cette situation, il faut l’assumer jusqu’au bout.

Partager sur :