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Hand | Paris suspects : le parquet dénonce une "tricherie" commise "en équipe"

Par Germain Arrigoni, France Bleu mardi 10 février 2015 à 11:57

Nikola Karabatic durant la finale du Mondial face au Qatar
Nikola Karabatic durant la finale du Mondial face au Qatar © MaxPPP

Le parquet de Montpellier qui a demandé vendredi le renvoi en correctionnelle de dix-sept personnes mises en examen, dont l'icône du handball français Nikola Karabatic, dans une affaire de soupçons de paris illicites dans un match de handball, dénonce dans son réquisitoire une tricherie "en équipe".

Le réquisitoire du parquet de Montpellier est accablant . Alors que le parquet a requis vendredi le renvoi devant le tribunal correctionnel de seize des dix-sept personnes impliquées et mises en examen dans l'affaire des paris suspects - dont notamment la star de l'équipe de France Nikola Karabatic et deux autres champions du monde, son frère Luka et Samuel Honrubia -, ce réquisitoire établit une tricherie organisée. 

"De toute évidence, les joueurs concernés avaient poussé leur esprit d'équipe, clé de voûte de leurs très nombreux succès sportifs de l'époque, jusqu'à concevoir et commettre en équipe une tricherie ayant pour objet d'escroquer la Française des Jeux" , écrit le procureur de la République Patrick Desjardins, dans son réquisitoire de 79 pages, dont l'AFP a obtenu lundi une copie. 

Voyage à Ibiza ?

Pour le procureur, même si certains joueurs n'ont pas participé au match en cause, ils n'en sont pas moins responsables. "De toute évidence, en tant que leaders charismatiques, Bojinovic, les frères Karabatic, avaient donné leur aval en acceptant de se compromettre dans ce projet" , assure-t-il, soulignant que la réussite du projet vient du fait que "chacun a respecté à la lettre comme dans tout sport d'équipe les consignes données"

Les paris - qui portaient sur le score à la mi-temps du match Cesson - Montpellier le 12 mai 2012, ont tous été faits à Paris, Montpellier et Rennes entre 10h et 10h50 ce jour-là et se sont élevés à 103.100 euros. Sur l'objectif des paris effectués par des personnes ayant des liens avec les joueurs quand ce ne sont pas les joueurs eux-mêmes, le magistrat s'interroge : peut-être s'agissait-il simplement de faire miser Luka Karabatic pour la cagnotte des joueurs et améliorer le séjour à Ibiza aux Baléares prévu en fin de saison ?  

Charges accablantes

Pour le magistrat, parmi d'autres éléments à charge, Karabatic, qui a d'abord dit ne pas se souvenir, s'est trouvé à proximité de l'endroit où son frère a joué 290 euros. Il était aussi à proximité de lieux où les gains du pari étaient retirés, comme l'indiquent les bornages de son téléphone. Nikola Karabatic a affirmé que les paris ont été pris à son insu par sa compagne, Géraldine Pillet. 

"Malgré les charges accablantes (...) mettant en évidence une escroquerie d'envergure, les mis en examen ont pour la plupart adopté une attitude de dénégation très peu convaincante ", précise le procureur, pour lequel "la notion d'équipe soudée jusque dans la défaite se vérifie ici aussi".

Un procès en juin ?

Le juge d'instruction dispose désormais de trois mois pour rendre sa décision et le procès, s'il a lieu, pourrait avoir lieu en juin. L'affaire avait éclaté en septembre 2012, quelques semaines après le deuxième titre olympique remporté par l'équipe de France emmenée par Nikola Karabatic à Londres. Les deux frères Karabatic, Samuel Honrubia et Mladen Bojinovic, blessés, n'avaient pas pris part au match.