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Basket – Handball – Volley

JS Cherbourg handball : l’entraîneur allume la mairie sur sa politique sportive

mercredi 13 février 2019 à 14:47 Par Anthony Raimbault, France Bleu Cotentin

Lors de la traditionnelle conférence de presse d’avant match, Nicolas Tricon, l’entraîneur de la JS Cherbourg handball a critiqué la stratégie de la mairie de Cherbourg concernant le sport de haut niveau. Une politique qui empêche selon lui la JSC de viser plus haut.

Nicolas Tricon l'entraîneur de la JS Cherbourg handball étrille la mairie sur sa politique sportive
Nicolas Tricon l'entraîneur de la JS Cherbourg handball étrille la mairie sur sa politique sportive © Radio France - Anthony Raimbault

Avant le déplacement à Dijon vendredi soir, Nicolas Tricon a lancé un véritable pavé dans la mare en critiquant la politique sportive de la mairie de Cherbourg. L'entraîneur se plaint du montant de la subvention versée par la commune (300.000 euros), bien en dessous affirme-t-il de la moyenne en Proligue. Il pointe également du doigt le manque d’ambition de la ville pour le sport de haut niveau et la qualité des infrastructures. Pour le coach cherbourgeois, et malgré tous les efforts du club, la JSC ne peut plus progresser.  

Qu’est-ce que vous attendez de la mairie de Cherbourg ? 

De vraies réponses aux questions que le club se pose. Est-ce qu'on veut un club de haut niveau ? Un club de haut niveau, ce ne sont pas que des subventions. C’est de l’accompagnement. C’est une salle et des conditions pour le haut niveau dignes de ce nom. La salle, c’est une source de revenus. Pour faire des revenus à Chantereyne, il faut se lever tôt le matin. 

"Il y a le meilleur public de France. Ici, tu peux avoir 3.500 à 4.000 spectateurs"

Vous en faites une condition à la poursuite de votre mission ici ? 

Non.  C’est juste qu’en face de toi, tu ne sens pas la récompense par rapport à tous les efforts que le club fait. On est le troisième club (D1 et D2 confondues) derrière Paris et Limoges à avoir le plus de partenaires en pourcentage de budget. Mais on nous dit, 'votre subvention elle est comme cela, car vous avez beaucoup de partenaires'. Donc on dit à des gens qui se bougent : plus vous en faites, moins on vous donne.  

"Le modèle du club de Cherbourg est cuit, mort"

Pourquoi en parler maintenant ? 

Parce qu’on prépare la saison prochaine en ce moment avec des réunions où on se dit « qu’est ce qu’on fait ? ». Ba oui, qu’est-ce qu’on fait ? L’argent c’est la différence. Ici, pourtant, il y a tout : il y a une structure, il y a le meilleur public de France. Ici, tu peux avoir 3.500 à 4.000 spectateurs à chaque match. Encore faut-il que les conditions d'accueil soient bonnes. Le modèle  avec lequel Cherbourg est arrivé là est cuit. Il est mort ce modèle. 

"je ne vois pas comment tu peux te développer sans avoir un outil neuf.

Vous êtes plutôt pour la réfection de la salle Chantereyne ou pour la construction d’une salle neuve ? 

Une salle de centre-ville c’est top, mais je ne vois pas comment tu peux te développer sans avoir un outil neuf. Ce n’est pas qu’une question de prix, c’est une question de volonté. Tu construis un outil, c’est pour les 40 ou 50 prochaines années. Si j’ai bien compris, il est question de mettre 15 millions de travaux à Chantereyne en construisant une salle à côté. Donc j’imagine que dans la grande salle actuelle, il n’y a aura pas grand-chose. A Rennes, ils ont construit une salle neuve pour 17 ou 18 millions d’euros. 

"La volonté, je ne la vois pas"

Est-ce que selon vous Cherbourg a la volonté et les moyens de faire vivre une équipe pro ? 

La volonté, je ne la vois pas. Est-ce que la ville peut ? Oui ! Je peux donner une dizaine de clubs de villes similaires qui y arrivent. Plutôt que d’être un club fragile en Proligue, la JSC peut devenir un club fragile de Star Ligue (D1), qui jouerait le maintien en D1. C’est un problème de stratégie globale. Là, je parle de choses qui me dépassent. Mais mon point de vue, moi qui arrive de l’extérieur, c'est que oui on peut, mais est-ce qu’on veut ? C’est bien d’avoir de l’ambition, mais il faut la vision qui va avec. C’est très politique ça. 

La réponse du maire... 

L'intervention de Nicolas Tricon a provoqué mercredi après-midi la réponse du maire de Cherbourg-en-Cotentin Benoît Arrivé, via twitter. A retrouver ci-dessous.

... et le recadrage du président de la JS Cherbourg

Vincent Ferey le président de la JS Cherbourg Handball, qui a eu le maire Benoit Arrivé au téléphone, a vivement recadré son entraîneur. 

"Je ne sais pas si vous l'avez remarqué, mais le président il n'a jamais joué au hand et il ne fait pas l'équipe.  Que Nicolas reste dans ses compétences, et qu'il ne fasse pas autre chose que de diriger l'équipe. Qu'il ne vienne pas sur mes plates bandes."

"Je me laisse le temps de la réflexion (pour une éventuelle sanction). Ce que je veux recadrer aujourd'hui, c'est que chacun doit être au coeur de sa mission. C'est clair, net et précis."

Repères : 

La JS Cherbourg dispose d'un budget de 1,5 million d'euros. Plus de la moité de ce budget provient de sponsors privés. Concernant les subventions, le club touche 300.000 euros de Cherbourg-en-Cotentin, 70.000 euros de la Région, 65.000 du département et 30.000 euros de l'Agglomération.