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Dossier : Les grands moments du sport poitevin

Les grands moments du sport poitevin #3 : le Stade Poitevin Volley champion de France en 1999

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Par , France Bleu Poitou

À vos marques, prêts ? Partez. France Bleu Poitou lance une grande série sur les événements qui ont marqué le sport poitevin lors de ces trente dernières années. Le Poitou a connu de grands moments d’Histoire, ses champions qui ont rayonné sur le plan international.

Le Stade Poitevin en liesse.
Le Stade Poitevin en liesse. © Maxppp - Dominique Bordier (Nouvelle République)

Il y a vingt-et-un ans, le Stade Poitevin Volley a remporté pour la première fois de son Histoire le titre de champion de France. Retour sur une épopée victorieuse qui a mené tout un club vers le sacre.

Une belle saison 1997-1998

En 1997-1998, les volleyeurs du Stade se sont hissés à la quatrième place du championnat en saison régulière avec un bilan de 20 victoires pour 6 défaites, ce qui reste encore aujourd'hui comme l'un des plus beaux exercices de l'Histoire du club. À noter quelques matchs de haut niveau, comme la victoire en terres cannoises (l'AS Cannes a terminé à la première place du championnat et a remporté la Coupe de France cette saison-ci) sur le score serré de 2 sets à 3. Le Stade Poitevin a aussi battu avec panache le grand Paris Saint-Germain chez lui sur le score de 1 set à 3. En fait, Poitiers a été très en réussite hors de ses bases (8 victoires en 12 rencontres).

Les playoffs qui ont suivi n'ont pas permis au club de lutter pour le titre puisqu'ils ont terminé à la deuxième place de la Poule A, battus à deux reprises par l'AS Cannes (3-0 à domicile, 2-3 à Poitiers). Ils ont ensuite manqué la "petite finale" face au PSG. 

Cette saison 1997-1998 a été la dernière de l'entraîneur Jean-Michel Roche, ancien sélectionneur des Bleus pendant un an (1994-1995) et grande figure du Stade Poitevin. L'ancien passeur a été entraîneur-joueur du club de 1986 à 1990, puis entraîneur principal pendant quatre ans, entre 1994 et donc 1998. Jean-Michel Roche a peut-être quitté son poste de coach en chef mais pour mieux embrasser la fonction de manager. 

Ngapeth et un effectif en or

Un trio est à l'origine de cette grande saison pour le Stade Poitevin Volley : Francis Morillon, président du club, Jean-Michel Roche et Éric Ngapeth. Le dernier nommé a pris place en tant qu'entraîneur local, lui qui officiait au Paris-SG la saison précédente. C'est un coach d'expérience et très respecté qui vient tenter d'aider Poitiers à passer un cap dans l'excellence de la première division nationale. 

Le Stade Poitevin (maillot noir) en quête de son premier titre de Champion.
Le Stade Poitevin (maillot noir) en quête de son premier titre de Champion. © Maxppp - Dominique Bordier (Nouvelle République)

Le club recrute pour se donner les moyens de ses ambitions. Il faut donner du caractère à cette équipe. Le passeur belge Ben Croes et le central roumain Cornel Soïca ont besoin d'être épaulés et pour ce faire, Éric Ngapeth arrive à récupérer les réceptionneurs-attaquants Gino Brousseau et Tuomas Sammelvuo, le pointu Paul Duerden et le central Dominique Daquing. Le recrutement de Gino Brousseau représente à lui-seul ce que le coach désire puisque c'est un leader né. Et il n'a pas fallu attendre pour voir les effets de son leadership sur tout un groupe. 

Gino Brousseau (à gauche, maillot noir), un leader tout-terrain.
Gino Brousseau (à gauche, maillot noir), un leader tout-terrain. © Maxppp - ABJ (Nice Matin)

Une saison régulière d'exception

Les statistiques sont éloquentes. Le club a été une machine roulant sur le championnat de France lors de la saison régulière : 23 victoires, 1 seule petite défaite (à Ajaccio, 3-1, lors de la 6e journée). Pour agrémenter ce bilan flatteur, Poitiers a marqué 70 sets en n'en concédant que 22. Cela donne une moyenne de 0,91 set/match contre soi sur l'ensemble de la saison. Dominateurs, vous disiez ?

Avec un tel bilan, Poitiers est évidemment leader de la saison régulière avec 47 points, talonné par Paris et ses 43 points. Si le fait d'être premier de la saison régulière ne garantit pas un titre au bout, il permet en revanche d'avoir un bon avantage pour la phase de playoffs. Lorsqu'on est premier, on a l'avantage du terrain. Dans une phase de playoffs où les équipes - pour l'époque - se jouent au meilleur des trois rencontres, c'est un luxe d'avoir la possibilité de recevoir deux fois sur trois. Et en 1998-1999, Poitiers n'a pas perdu la moindre rencontre à domicile pendant la saison régulière...

Des vents contraires, et pourtant...

Les superlatifs pleuvent lorsqu'il s'agit de décrire l'effectif poitevin : osmose, symbiose, équipe qui ne fait qu'un... Tout va bien, merci pour eux. Enfin... Le club a tout de même connu quelques coups d'arrêt. Dominique Daquin, rouage essentiel au poste de central, s'est blessé au genou aux débuts de l'année 1999. Ben Croes, chef d'orchestre à la passe, s'est lui blessé à l'aponévrose plantaire quelques matchs avant les quarts de finale de playoffs. Les deux joueurs ont été remplacés respectivement par Keith Sanheim et Laurent Chambertin. Le dernier nommé est un grand joueur français, reconnu et adulé, mais...

Il arrive dans ce qui peuvent être les pires conditions possibles pour un joueur évoluant au poste de passeur. Chambertin est arrivé à Poitiers 48h avant les quarts de finale de playoffs, avec pour mission de donner le tempo des attaques. Il n'a eu qu'un seul entraînement collectif pour appréhender les systèmes d'attaque. 

Lors du premier match des quarts de finale, Poitiers est terrassé 3-0 par une vaillante formation de Tourcoing, classée 8e dans une saison régulière où le Stade n'a pas fait dans le détail (3-0 à domicile, 1-3 à l'extérieur). Laurent Chambertin prend ses marques au fil des points et avec son expérience, devient décisif. Il permet entre autres au Stade Poitevin de renverser la vapeur et de s'imposer à domicile dans un match au couteau (3-2) puis de renvoyer la monnaie de la pièce à Lawson Body (3-0). Poitiers s'est fait très peur, Poitiers a dû s'employer, mais Poitiers passe ce premier tour de phases finales.

En demi-finales, Poitiers accueille le grand AS Cannes. Lawson Body répond présent et une foule en liesse pousse ses joueurs pour se rapprocher, un peu plus encore, du Graal. Le premier match est très serré. Poitiers domine mais l'AS Cannes est à la hauteur du rendez-vous. Il faut attendre le tie-break d'un cinquième set décisif pour voir les visiteurs s'imposer 3-2 et prendre une option pour la finale. Sur la deuxième rencontre, le Stade a été très fort à domicile (3-1).

Une finale pour la postérité

La bande à Ngapeth gagne son ticket pour la finale du championnat de France et son adversaire n'est autre que son dauphin en saison régulière : Paris Volley. La logique de la saison est respectée et comme Poitiers a terminé premier, il a une nouvelle fois l'avantage du terrain. Laurent Chambertin évolue à un niveau excellent et l'équipe peut se reposer sur son talent, tandis que Brousseau s'affirme encore plus comme un capitaine de troupe.

Le premier match se joue en terres parisiennes : 23-25, 27-25, 22-25, 25-16, 15-12. Hormis le quatrième set remporté avec aisance par Paris, toutes les manches se sont jouées au couteau entre deux équipes au niveau similaire. C'est bien Paris qui gagne cette première bataille. Toute la pression bascule sur Poitiers qui doit tenir son rang à Lawson Body, gymnase qui n'a toujours pas connu la défaite des siens en 1999. Sur ce match 2, le Stade Poitevin s'est fait (très) peur...

Paris, dans la continuité de son match remporté à domicile, surfe sur sa bonne dynamique. Les deux premiers sets sont pour la capitale : 23-25 puis 28-30. La tension est maximale en tribunes et pourtant les joueurs ne tremblent pas. 25-20, 25-16 puis 15-11 dans un tie-break maîtrisé, Poitiers réalise le come-back attendu et se donne le droit de rêver. 

L'épilogue de cette saison 1998-1999 se déroule à Poitiers, deux jours avec un match 2 au scénario renversant. Le Stade Poitevin, porté par un public passionné et amoureux de volley, réalise le match parfait et s'impose face à Paris dans une rencontre maîtrisée de bout en bout (3-0 : 25-20, 25-20, 25-19). Pas une seule fois dans ce match décisif, Paris n'a été en mesure de ravir le titre à Poitiers. Le score récompense le travail d'un staff et d'une équipe qui ont tiré dans le même sens. En cette soirée du 9 Mai 1999, au gymnase Frédéric Lawson-Body, le Stade Poitevin est donc devenu champion de France de volley pour la première fois de son Histoire. L'euphorie a gagné la ville et la célébration de ce titre a marqué toute une époque.

À très vite pour un nouvel épisode des grands moments du sport poitevin...

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