Basket – Handball – Volley

Ludovic Fabregas : "C'est un rêve, je ne pensais pas y arriver si vite"

Par Cyrille Manière, France Bleu Roussillon lundi 29 août 2016 à 14:51

Ludovic Fabregas et sa médaille d'argent à Banyuls-sur-Mer.
Ludovic Fabregas et sa médaille d'argent à Banyuls-sur-Mer. © Radio France - Cyrille Manière

Ludovic Fabregas est revenu de Rio avec une médaille d'argent. Le handballeur international devient à seulement 20 ans un des plus grands sportifs catalans. Son nom devrait être bien souvent évoqué dans les prochaines années. Retour sur une ascension très rapide avec lui, de retour au pays.

France Bleu Roussillon : un peu plus à froid, percevez-vous cette médaille d'argent comme une déception ou une grande joie ?

Ludovic Fabregas : sur le moment, on a tendance à être un peu triste parce qu'on pouvait aller chercher l'or et c'était l'objectif donc forcément, il y avait de la déception sur le coup. On se rend compte après que dans la carrière d'un sportif participer aux Jeux déjà ce n'est pas rien et rapporter des médailles n'arrive pas à tout le monde et encore moins à quelqu'un de mon âge, donc j'ai pris conscience de la valeur que ça représentait. Je suis très heureux de cette médaille même si c'est de l'argent, en même temps ça me donnera un objectif pour les prochains JO.

Ludovic Fabregas : "Très heureux de cette médaille"

FBR : Personnellement, avez-vous pris vos marques dans cette équipe ? En tout cas, vous avez gagné du temps de jeu.

LF : Petit à petit, je commence à avoir certains repères. Depuis un an que je suis en équipe de France, beaucoup de choses ont évolué pour moi. J'ai eu du temps de jeu sur les matchs importants dans cette compétition et j'espère que sur le prochain mondial, j'en aurai encore plus.

Les cadres ont eu beaucoup de responsabilités en phase qualificative et en quart de finale. J'ai été titulaire en demi et en finale peut-être pour apporter de la fraîcheur et pour surprendre l'adversaire qui me connaissait moins. Je ne sais pas si ça a marché mais ça a permis de reposer les cadres.

FBR : Quel a été le moment le plus fort ?

LF : Ça a été la remise de la médaille, c'est un moment fort. Il y avait plusieurs sentiments à ce moment-là, mais c'est un moment particulier dans la carrière d'un sportif, certains ne participeront jamais aux Jeux, n'auront jamais de médaille. Je fais partie des privilégiés.

Ludovic Fabregas s'est fait une place au milieu des grands - Maxppp
Ludovic Fabregas s'est fait une place au milieu des grands © Maxppp - Lukas Schulze

FBR : Sur quels secteurs devez-vous encore progresser ?

LF : Sur cette compétition, j'ai été pas mal utilisé en défense, je dois encore progresser sur des secteurs qui sont plutôt des points forts. À Montpellier, je commence à être utilisé en attaque et je veux devenir un joueur complet capable de jouer des deux côtés du terrain et pour ça, il faut du temps et du travail. Devant moi, j'ai des joueurs expérimentés, il va peut-être falloir que j'attende qu'un des deux arrête.

"Pas mal de jeunes de Banyuls ont envie de réaliser un parcours comme le mien"

FBR : Ces Jeux olympiques étaient-ils un passage de relais entre la génération glorieuse et la nouvelle ?

LF : Oui, c'est vrai qu'il y a toujours une volonté de regarder vers l'avenir. Les joueurs qui composent cette équipe sont là depuis pas mal de temps et il y a la volonté de passer le relais. Il y a la volonté de rajeunir et ça va se faire petit à petit peut être plus après le mondial. Il est en France et les cadres voudront certainement terminer là-dessus.

Ludovic Fabregas : "Il y a la volonté de passer le relais"

FBR : Quels sont les cadres qui vous ont le plus aidé les derniers mois ?

LF : J'ai deux joueurs majeurs sur mon poste, Luka Karabatic et Cédric Sorhaindo. Ils m'aident beaucoup, ils sont toujours présents pour moi. Il y a tellement de joueurs expérimentés dans cette équipe qu'on peut piocher chez chacun beaucoup d'éléments et c'est un atout pour les jeunes joueurs comme moi.

Ludovic Fabregas : "Karabatic et Sorhaindo m'ont aidé"

Ludovic Fabregas, fier de représenter Banyuls. - Radio France
Ludovic Fabregas, fier de représenter Banyuls. © Radio France - Cyrille Manière

FBR : Vous avez été formé dans un petit club, celui de Banyuls-sur-Mer, aujourd'hui ça reste une grande fierté de le représenter ?

LF : Chacun a la volonté de représenter ses origines et sa ville natale. Ça me tient à cœur, Banyuls est un petit village peu connu, mais qui a envie d'apporter au handball. Pas mal de jeunes ici ont envie de réaliser un parcours comme le mien en allant à Montpellier. Les entraîneurs aussi ont eu une motivation supplémentaire à guider les jeunes pour qu'ils réussissent.

Ludovic Fabregas : "Des jeunes ont envie de faire le même parcours"

FBR : On suppose que vous comptez rester proche de votre club formateur

LF : Oui, bien sûr, je le suis déjà, j'ai toujours gardé des contacts avec ce club. Je suis les résultats de toutes les équipes. Si on peut voir un autre jeune éclore, ce serait un réel plaisir pour le club, pour la ville et pour tous ceux qui soutiennent ces petits qui rêvent de grandes choses.

"J'aurais peut-être pu faire carrière en rugby, mais je ne regrette pas"

FBR : Justement, vous faites partie de cette équipe de France qui fait vraiment rêver depuis une dizaine d'années, est-ce que ça a été déjà un premier rêve qui s'est réalisé ?

LF : C'était vraiment un rêve, je ne pensais pas y arriver. J'ai écrit une histoire un peu rapide, je suis parti de Banyuls il y a cinq ans pour aller à Montpellier. c'est allé très vite. Je ne pensais déjà pas faire du handball à haut niveau à la base, mais l'histoire s'est écrite comme ça. Je ne pouvais pas rêver mieux.

Ludovic Fabregas : "c'était un rêve"

Ludovic Fabregas espère voir d'autres jeunes Banyulencs se révéler - Radio France
Ludovic Fabregas espère voir d'autres jeunes Banyulencs se révéler © Radio France - Cyrille Manière

FBR : Vous avez fait du trial, vous avez failli rentrer au pôle espoirs en rugby à Béziers, auriez-vous pu jouer à haut niveau dans un autre sport ?

LF : C'est difficile à dire, au moment où je faisais du rugby, j'étais déjà en sélection Languedoc-Roussillon en hand. C'est vrai qu'il y avait la possibilité de faire les deux, mais en toute honnêteté, je n'aurais pas eu la même carrière et pas la même avancée aussi rapide. Le rugby est un monde qui a beaucoup évolué, c'est de plus en plus compliqué avec l'arrivée de joueurs étrangers et je pense que le hand a la faculté de faire plus confiance à des jeunes. J'aurais peut-être pu faire quelque chose en rugby, mais je ne regrette pas.

FBR : Quelles études faites-vous à côté du hand ?

LF : J'avais validé ma première année STAPS, mais cette année ça a été plus compliqué. Je n'ai pas pu passer les examens en janvier dernier, j'étais aux championnats d'Europe. Après, il y a eu la préparation des Jeux olympiques. Je vais du coup changer d'orientation, je passe sur une fac de management par correspondance.

Je vais essayer de faire les deux, ça va être compliqué, mais c'est nécessaire. Il faut quelque chose à côté en pensant déjà à l'après-carrière, on n'est jamais à l'abri d'une blessure, non plus.

A lire aussi

La médaille d'argent de Ludovic Fabregas et des handballeurs français - Radio France
La médaille d'argent de Ludovic Fabregas et des handballeurs français © Radio France - Cyrille Manière

Partager sur :