Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Fermer
Retour
Cyclisme

Entretien exclusif : la nouvelle vie "forcée" du cycliste manchois Lloyd Mondory

dimanche 10 mars 2019 à 19:19 Par Benoît Martin, France Bleu Cotentin

Ce dimanche 10 mars prenait fin la suspension de 4 ans infligée au coureur cycliste manchois Lloyd Mondory suspecté de dopage suite à un contrôle hors compétition à l'hiver 2015. Entretien avec l'ex-coureur pro, devenu restaurateur.

Dans un coin de son restaurant, quelques témoignages de l'ancienne vie de Lloyd Mondory.
Dans un coin de son restaurant, quelques témoignages de l'ancienne vie de Lloyd Mondory. © Radio France - Benoît Martin

Lloyd Mondory nous reçoit à Carentan, dans son restaurant. Le chef d'entreprise de 36 ans et accueillant, souriant mais aussi méfiant vis à vis des journalistes. Depuis le début de son "affaire", il est resté discret, quasi muet. C'est l'une des rares interviews qu'il accepte de donner depuis le contrôle sanguin qui a révélé un taux d'EPO anormalement élevé et a précipité la fin de carrière du sportif de Donville-les-Bains.

Quatre ans plus tard, Lloyd Mondory maintient ne pas s'être dopé et si sa vie tourne désormais autour de sa famille et de son restaurant, il n'a pas renoncé à se battre pour obtenir gain de cause face à l'Union cycliste internationale. 

Sur la fin de sa sanction :

"Je n'avais pas la date en tête. Ça n'était pas une suspension de 4 ans, mais la fin de ma carrière. Ça ne va rien changer pour moi. Je ne serai jamais plus cycliste professionnel. Pendant près d'une année j'ai cru pouvoir revenir à la compétition, j'ai continué de m'entraîner mais à un moment donné, j'ai des responsabilités, je suis père de famille. Il était l'heure pour moi d'être réaliste, d'avancer dans la vie, et d'abandonner l'idée de revenir sur un vélo."

Sur la suspicion de dopage :

"Ça n'est pas un contrôle positif que j'ai subi, mais un contrôle anormal, car il n'y a pas la preuve que l'on m'a administré la molécule retrouvée dans mon corps. Elle peut être sécrétée par le corps. J'ai continué à tenter de prouver mon innocence. Je n'ai jamais pu obtenir de contre-analyse. Durant 4 ans, j'ai gardé mon calme et le silence pour ne pas faire du mal au vélo : Lloyd Mondory n'est pas plus important que le cyclisme !"

Lloyd Mondory : "J'ai gardé le silence pour ne pas faire de mal au vélo"

Sur ses rapports avec Bernard Sainz, alias "Docteur Mabuse" :

"Je pense que mes contacts avec Bernard Sainz ne m'ont pas aidé médiatiquement, mais je ne regrette pas de l'avoir connu. Je n'ai pas de doute sur ce qu'il m'a prescrit."

Sur le regard des autres :

"Les gens qui me prennent pour un tricheur, je ne les rencontre pas et ils ne m'intéressent pas. S'ils pensent cela, qu'ils montent sur un vélo, qu'ils essaient de faire ce que j'ai fait, dopé ou non dopé, et on verra s'ils arrivent à avoir la carrière que j'ai eu."

Lloyd Mondory : "Je ne regrette pas d'avoir connu Bernard Sainz même si ça ne m'a pas aidé"

Lloyd Mondory au centre de son restaurant à Carentan. Le chef d'entreprise gère son équipe comme un "directeur sportif". - Radio France
Lloyd Mondory au centre de son restaurant à Carentan. Le chef d'entreprise gère son équipe comme un "directeur sportif". © Radio France - Benoît Martin

Sur sa reconversion :

"Quand j'ai commencé à penser à mon avenir, j'ai pensé continuer dans le monde du sport, mais avec cette histoire, c'était mieux de changer de monde. J'ai pensé à représenter une marque car j'en avait les qualités, même si mon image était devenue politiquement incorrecte. Et puis je me suis lancé dans l'aventure de la restauration, avec l'aide d'un ami."

Sur la gestion d'un restaurant :

"Je me suis retrouvé en l'espace de 2 mois et demi à la tête d'une équipe de 10 salariés. Je ne suis pas tout seul, ma femme qui a de l'expérience dans ce milieu m'apporte son aide et ses conseils. Je gère mon entreprise comme une équipe cycliste pro. C'est un challenge quotidien et il faut chaque jour essayer de faire mieux que la veille, et cela, tous ensemble."

Lloyd Mondory : "On est comme une équipe cycliste."