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"J'avais l'impression d’être égoïste à penser aux Jeux", confie la cycliste morbihannaise A.Cordon-Ragot

Les Jeux Olympiques de Tokyo 2020 sont reportés, c'est officiel depuis ce mardi. Une décision que l'on sentait venir en raison du contexte sanitaire. La cycliste morbihannaise Audrey Cordon-Ragot, multiple championne de France, ne voyait de toute façon pas comment les préparer sereinement.

Audre Cordon-Ragot lors du Tour de Bretagne l'an dernier.
Audre Cordon-Ragot lors du Tour de Bretagne l'an dernier. © Maxppp - Nicolas Créach

Confinée depuis sa maison proche de Loudéac (Morbihan), Audrey Cordon-Ragot a appris le report des Jeux Olympiques entre deux séances de home-trainer. A 30 ans, la multiple championne de France du contre-la-montre en avait fait son objectif de la deuxième partie de saison. Et, si elle n'était pas assurée d'y aller (une seule place étant attribuée à la France chez les femmes en cyclisme sur route), elle a tout de même été marquée par cette décision. 

France Bleu : C'est une décision que vous aviez vu venir depuis quelques jours, quelques semaines ?

Audrey Cordon-Ragot : Quelques jours, oui. Si vous m'aviez posé la même question la semaine dernière, j'aurais été plus mesurée, je vous aurais sûrement dit que c'était un peu prématuré de parler des Jeux. Mais aujourd'hui, après une semaine de confinement, je me rends bien compte que si ce confinement dure, il est clair que c'est mission impossible d'être prête pour les Jeux. 

Un village olympique, c'est un nid à un virus

C'est aussi une question d'équité entre les athlètes ?

Je pense que oui, c'est une question d'équité. Encore plus quand on voit certains pays qui eux, autorisent de rouler à l'extérieur. C'est aussi une question sanitaire parce qu'on ne sait pas où on sera l'épidémie fin juillet-début août. Et il faut être honnête, un village olympique, c'est un nid à un virus. 

L'aspect sportif passe vraiment au second plan

Comment l'avez-vous pris ?

C'est clair que c'est une grosse déception de se dire qu'il va falloir encore attendre un an pour prétendre à participer à ces Jeux. Mais encore une fois, l'aspect sportif, dans la situation dans laquelle on est, passe vraiment au second plan. Je pense vraiment à toutes ces personnes qui sont en première ligne pour lutter contre ce virus. En fait, de savoir qu'ils ne vont pas avoir lieu, ça m’enlève de la culpabilité.  J'avais l'impression d'être un peu égoïste à toujours penser aux Jeux, alors on est dans une situation difficile. Là, je me sens soulagée de pouvoir juste faire mon devoir de citoyenne et rester chez moi.

A quoi ressemble votre confinement ?

Tous les jours, un petit peu de home-trainer dans mon garage. Entre une heure et 1h30. Je ne vois pas l'intérêt de faire beaucoup plus. Après, il y en a qui se lancent des challenges. Je me dis pas que je me lancerais pas le challenge de faire les 100km, mais pour le moment, je joue avec le home-trainer connecté avec une application qui permet de rouler en réseau avec d'autres personnes confinées. Donc, ça permet de garder un lien social dans le monde du sport. 

Et puis on profite un peu du soleil, parce qu'on a la chance d'avoir un jardin, on a toujours des choses à faire à la maison... Mais je pense que dans les jours qui arrivent, le temps va commencer à être long.

Au-delà des JO, c'est toute la saison cycliste qui est modifiée avec le virus...

C'est sûr que déjà, tout le début de saison, tout ce qui est classiques, flandriennes ou ardennaises, on a mis une croix dessus. Après, les premières courses à étapes du printemps vont arriver, je pense notamment au Tour de Bretagne. Et puis, s'il devait aussi être supprimé, on pense aux championnats de France qui sont cette année à Plumelec. Voilà, on se donne un peu des objectifs comme ça, mais sans aucune visibilité.

Ce n'est pas trop difficile ça ?

Si, parce que l'essence même du sport de haut niveau, c'est de se fixer des objectifs et d'y arriver au top de sa forme. Là, c'est clairement impossible puisqu'on a vraiment aucune information sur la reprise de la saison. 

J'ai du mal à me projeter aussi loin. Mais l'objectif, dans un peu plus d'un an, ce sera d'y être

A quel point les JO étaient un objectif pour vous, en 2020 ?

C'était l'objectif de la deuxième partie de saison. C'était posé sur le calendrier, mais il y avait d'autres courses à côté. Donc voilà, on va faire sans. J'espère que ça ne nous empêchera pas d'avoir des belles organisations et d'avoir de bons résultats. 

Et Tokyo 2021 alors ?

J'ai du mal à me projeter aussi loin. Mais l'objectif, dans un peu plus d'un an, ce sera d'y être. On va faire une saison hivernale correcte. On va se préparer, on va prendre les jours comme ils viennent et puis on verra d'ici quelques mois.

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