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Cyclisme

Le cycliste manchois Amaël Moinard aborde avec sérénité sa prochaine vie de "retraité" du peloton

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Par , France Bleu Cotentin

Cet automne, le cycliste professionnel manchois Amaël Moinard prendra le départ des dernières courses de sa carrière professionnelle. Après, il raccrochera le vélo et entamera une nouvelle vie. Entretien.

Amaël Moinard dans les locaux de France Bleu Cotentin.
Amaël Moinard dans les locaux de France Bleu Cotentin. © Radio France - Benoît Martin

La saison touche à sa fin : quels sont vos prochaines échéances Amaël Moinard?   

Amaël Moinard : Au niveau des compétitions, j'ai quelques courses en Italie mi-septembre puis début octobre. Ensuite, pour ce qui est d'être performant, c'est une autre histoire car il faut toujours beaucoup de motivation à l'entraînement et en course. Après si je peux apporter quelque chose à mon équipe, j'essaierai de le faire. Mais c'est vrai que j'ai beaucoup de mal à récupérer du tour de France cette année. Il a été très rapide, très dur et puis ma préparation a été un peu plus courte. Sur le tour, je ne l'ai pas ressenti, mais maintenant, c'est plus compliqué, je ne suis plus tout jeune, je ne récupère plus comme à 25 ans!  

Les semaines passent et vous rapprochent du terme de votre carrière. Comment vivez-vous cela?  

AM : Très sereinement car c'est ma décision. Je ne voulais pas faire l'année de trop et subir. Je suis plutôt content de passer à autre chose. J'ai envie de bien finir en prenant encore un peu de plaisir sur les dernières compétitions.   

J'ai eu une vie  tout le temps focalisée sur l'objectif sportif : la tête dans le guidon!

Comment jugez vous ces 2 années passées chez Arkea, ce challenge que vous releviez pour terminer votre carrière?

AM : C'est un peu mitigé, mais je savais qu'en partant d'une des meilleures équipes mondiales, BMC, qui faisait partie des toutes meilleures formations, passer dans une équipe qui souhaitait grandir, ça n'allait pas se faire facilement du jour au lendemain. Ca a été parfois un peu compliqué sportivement mais très enrichissant humainement et cette expérience m'apporte beaucoup pour ma vie personnelle. Quand à mes prestations en compétitions, j'ai été personnellement à mon niveau. J'aurais aimé apporter un peu plus mais c'est le haut niveau, avec la concurrence, il faut faire avec!  

Vous allez passer à autre chose désormais avec l'envie de rester dans le monde du vélo, mais à quel poste?  

AM : Je n'en sais rien pour l'instant. Je vais faire une formation dans le domaine du droit et de l'économie du sport. Le siège de l'université est à Limoges mais la formation se déroule un peu partout dans les instances sportives. Ca me permettra de voir ce qu'il se passe dans d'autres sports, d'acquérir de l'expérience pour m'investir ensuite dans mon sport. Parmi les postes qui pourraient m'intéresser, il y a la gestion de l'humain dans une équipe, notamment l'entrainement, en revanche je ne me vois pas du tout directeur sportif pour l'instant. Il faut d'abord prendre du recul pour voir ce qui pourra me plaire car j'ai eu une vie tout le temps focalisée sur l'objectif sportif : la tête dans le guidon comme on dit! Donc il faut que je me pose pour analyser ce que je peux faire, et ce qui me plairait.  

Vous allez être confronté à la réalité de l'ancien sportif pro, puisque vous allez vous retrouver au chômage. Ca vous fait peur?  

AM : Non au contraire, en France on a une énorme chance avec un système social très protecteur qui permet de rebondir sereinement, de se former, d'acquérir de nouvelles compétences, donc je le prends bien. C'est un nouveau départ, quelques mois qui me permettront d'envisager l'avenir avec espoir.  

Mon corps, c'était mon entreprise.

Qu'est ce qui va vous manquer dans la course cycliste, et qu'est que vous ne regrettez pas?

L'adrénaline me manquera. Avoir toujours un objectif, être concentré en vue de cet objectif. Et puis être mon propre patron. Même si je suis salarié, personne n'est chez moi le matin pour me dire de monter sur mon vélo. Mon corps c'était mon entreprise et c'est quelque chose qui me manquera. A contrario, la fatigue profonde après les courses, les longs déplacements, et puis le fait de frotter en course, de prendre des risques pour se placer, la peur de la chute, ça ne me manquera pas!  

Un dernier mot, quel regard porte le sportif que vous êtes, sur le jeune cycliste manchois Benoît Cosnefroy qui explose en ce moment dans le peloton?  

Pour moi, Benoît sera l'un des tous meilleurs mondiaux dans les courses d'un jour dans les prochaines années. On voit déjà sa maturité en course, mélangée à la fougue. Il a une grosse maîtrise de la compétition, de la préparation. Je suis persuadé que dans les deux ou trois prochaines années, il sera à la bagarre pour remporter Liège-Bastogne-Liège par exemple, ou une étape difficile du tour de France. Il progresse à chaque course. Je suis très fier de voir la relève manchoise et je n'oublie pas Anthony Delaplace toujours combattant. Je serai toujours là s'ils ont besoin d'un conseil dans les prochaines années.

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