Cyclisme

Les grandes dates du Tour de France en Andorre

Par Mathieu Ferri, France Bleu Roussillon mardi 20 octobre 2015 à 19:22

Brice Feillu, maillot à pois de meilleur grimpeur, en 2009
Brice Feillu, maillot à pois de meilleur grimpeur, en 2009 © Maxppp

Le peloton passera trois jours dans la Principauté l'été prochain. La dernière fois, c'était en 2009 avec une victoire française. De petites et grandes pages du Tour se sont inscrites en Andorre.

Ca sera la cinquième fois pour Andorre. Après 1964, 1993, 1997 et 2009, le Tour de France revient en 2016. C'est rare, en 110 ans d'histoire, mais à chaque fois, les étapes arrivant ou partant de la Principauté ont marqué la petite grande histoire de la Grande Boucle

1964 : Jacques Anquetil se requinque avec un méchoui

Après l'étape Perpignan-Andorre, remportée par l'espagnol Julio Jiménez, les coureurs se reposent pendant un jour en montagne. Jacques Anquetil n'est pas dans son assiette depuis le départ de la course. Il est perturbé par sa rencontre avec le voyant Belline, qui lui a prédit qu'il se tuerait dans les Pyrénées. Pour se changer les idées, le champion français participe à un méchoui organisé par Radio-Andorre, avec son directeur sportif Raphaël Geminiani. Anquetil, connu pour être un glouton, dévore le mouton et avale des verres de sangria. Le lendemain, ce sont les kilomètres qu'il dévorent sur la route vers Toulouse. Le ventre lourd, il accuse pourtant quatre minutes de retard au sommet du Port d'Envalira, et est sur le point d'abandonner. Mais il se resaisit et avec une belle descente, il dépasse même Raymond Poulidor, malgré une chute avant d'arriver à Toulouse. Jacques Anquetil gagnera ce Tour 1964, son dernier.

1993 : un Colombien lève les bras dans la Principauté

Là aussi, le peloton arrive en Andorre en provenance de Perpignan. Après la victoire de Pascal Lino la veille devant le parc des expositions perpignanais, c'est un Colombien qui s'impose sur les premières pentes pyrénéennes. Oliviero Rincon , échappé solitaire, lève les bras après 231 km de course. L'étape du lendemain, en direction de Saint-Lary-Soulan, marquera les esprits. Pour la première fois, un Polonais s'impose sur le Tour. Zenon Jaskula sera même sur le podium à Paris, une première pour un coureur de "l'Est". L'espagnol Miguel Indurain conserve son maillot jaune, déjà solidement ancré sur les épaules depuis quelques jours. Il le gardera jusqu'aux Champs-Elysées, pour un troisième Tour de France au compteur.

1997 : la chevauchée de Jan Ullrich

Son visage crève l'écran, dans la fournaise de l'été 1997. Paré du maillot de champion d'Allemagne, Jan Ullrich frappe un grand coup. Jusque là coéquipier de Bjarne Riis, vainqueur du Tour l'année précédente, le jeune Allemand part seul dans la montée vers Arcalis, et creuse des écarts considérables. Il dépossède le Français Cédric Vasseur de son maillot jaune, et devance désormais Richard Virenque de presque 3 minutes au classement général. Le lendemain, Laurent Desbiens s'impose sur l'étape Andorre-Perpignan. Jan Ullrich file vers un premier sacre (et le seul) à Paris.

2009 : le rêve accompli de Brice Feillu

Premier Tour de France, et première victoire chez les pros. Brice Feillu a certainement vécu le plus beau jour de sa vie ce vendredi 10 juillet 2009. En solitaire, le Français de 23 ans lève les doigts au ciel, au sommet d'Andorre-Arcalis. Une victoire que le Français partage, en pleurs, avec son frère Romain Feillu, lui aussi dans le peloton. Le jeune Brice endosse au passage le maillot à pois de meilleur grimpeur, quand Ronaldo Nocentini s'empare du maillot jaune. L'Italien faisait partie de l'échappée du jour. Mais ce jour là, Alberto Contador fait aussi exploser le groupe des favoris, et marque des points au classement général. Il  n'a pas hésité à attaquer Lance Armstrong, pourtant dans la même équipe que lui ! L'Espagnol gagne cette année là son deuxième Tour de France.

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